L’Anse-Saint-Jean peaufine son plan contre la lutte aux changements climatiques

Les Anjeannois devront faire face aux changements climatiques d’ici 2100 et c’est pourquoi les élus s’apprêtent à adopter un premier Plan d’adaptation aux changements climatiques, un document soumis à la consultation publique depuis le 17 avril.

L’Anse-Saint-Jean fait partie d’un groupe restreint d’une dizaine de municipalités au Québec qui ont obtenu une aide financière du programme « Municipalités pour l’innovation climatique » de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), sous forme de subvention salariale. L’aide servira à préparer un plan qui comprendra des mesures destinées à accroître le niveau de résilience des citoyens face aux changements climatiques, tout en haussant les capacités d’adaptation des actifs municipaux face à des changements qui s’annoncent inexorables, explique Lucien Martel, maire de la municipalité.

Le document final du plan soumis à la consultation rappelle que dans le passé, L’Anse-Saint-Jean a été soumise à de nombreux événements climatiques violents, notamment la destruction importante d’une partie de ses infrastructures lors du déluge de 1996.

Parmi les événements récents survenus, il suffit de rappeler la neige et les vents violents ayant causé des pannes d’électricité d’une durée de 30 heures au Bas-Saguenay en octobre 2017, l’embâcle sur la rivière Saint-Jean ayant causé le débordement à la hauteur du chemin Périgny en avril 2018, et le glissement de terrain derrière le 160 Saint-Jean-Baptiste de mai 2018.

L’automne dernier, des vents violents ont entraîné le départ des glaces, empêchant l’activité de pêche blanche en 2019-2020.

Selon les prévisions locales, la municipalité anjeannoise sera soumise à une hausse des précipitations d’ici 2100 avec une moyenne annuelle qui passera de 1047 mm en 2020 à 1109 mm en 2100, alors qu’elles étaient de 978 mm en 1960.

Le nombre de journées de gel, qui était de 202 en 1960, est passé à 178 en 2020 et diminuera à 159 en 2100 selon les prévisions.

Compte tenu de cette évolution climatique, il faut prévoir une modification des cours d’eau dans leur tracé par lessivage et érosion, une hausse des menaces de feux de forêt, des changements dans la disponibilité de la nourriture pour la faune animale, etc.

Le plan inclut un cadre afin d’adopter une politique de gestion des actifs municipaux, une amélioration de la reddition de compte et la formation des employés municipaux, ainsi qu’une amélioration de la coordination des travaux d’infrastructures à long terme, selon la présentation faite par Réjean Fortin, biologiste de formation embauché pour les 16 prochains mois afin de concrétiser le plan.

Pendant cette période, les citoyens, les organismes communautaires et le milieu des affaires seront invités à participer à des séances d’information publiques ainsi que des rencontres avec les élus afin de les informer des développements scientifiques et technologiques en matière de changements climatiques et d’adaptation.

Un comité consultatif scientifique, auquel participent l’UQAC, la SÉPAQ, la MRC du Fjord-du-Saguenay et le Conseil régional de l’Environnement, ainsi qu’un comité technique, seront associés à la démarche.