Olivier Riffon, professeur en éco-conseil, UQAC.
Olivier Riffon, professeur en éco-conseil, UQAC.

Lancement du Grand dialogue pour la transition socioécologique [VIDÉO]

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Une douzaine de citoyens ont lancé une démarche citoyenne collective, jeudi, visant à rêver l’avenir de la région. La démarche devrait déboucher sur la rédaction d’une feuille de route de transition afin d’assurer un développement socioécologique plus cohérent.

À l’occasion d’une conférence de presse virtuelle, ces citoyens ont lancé, jeudi midi, le Grand dialogue pour la transition socioécologique.

En entrevue, Olivier Riffon, enseignant en éco-conseil à l’UQAC, explique que le groupe de démarrage, appelé Germination, souhaite mettre en place un processus visant à mobiliser toutes les personnes intéressées à réfléchir et à échanger de façon bienveillante et démocratique sur l’avenir de la région.

« Ça fait un an qu’on discute dans le cadre d’un groupe de personnes qui ont à coeur la région et son avenir. Il y a plein de personnes dans les secteurs de la forêt, du tourisme, la protection de l’environnement, de l’économie qui, chacun dans leur coin, travaillent à vouloir améliorer la situation de la région. Souvent, ce travail se fait sans connexion entre les secteurs », explique-t-il.

La COVID-19 est venue perturber le déroulement de Germination puisque le 21 mars dernier, un rassemblement de 150 personnes devait avoir lieu pour lancer ce dialogue. Le groupe de démarrage a modifié ses plans et a procédé au lancement d’un site Internet contenant un formulaire d’intérêt destiné à toute personne qui croit à une transition sociale et écologique.

Ce lieu d’échanges n’empêchera pas le déroulement de lieux de microdiscussions avec le développement de trousses d’animation destinées à permettre des échanges partout dans la région. « On veut construire une vision partagée de notre région afin de savoir où on se retrouvera dans dix ans », affirme M. Riffon.

Il reconnaît que la proposition est audacieuse et innovante, en ajoutant que l’objectif est de rêver l’avenir de la région.

Selon lui, le grand dialogue devrait intéresser beaucoup de personnes préoccupées par les effets dommageables de nos modes de développement sur l’environnement, sur la santé humaine et sur l’équité sociale.

M. Riffon a rappelé que depuis une cinquantaine d’années, les scientifiques documentent les effets nocifs de certains choix de développement faits par le passé, tant dans la région qu’à l’échelle

planétaire. « On le sait, les extrêmes climatiques augmentent, des espèces disparaissent, des ressources s’épuisent, les inégalités sociales se creusent. On sait que nos modes de développement sont la cause de ces problèmes. »

Selon Véronique Fortin, conseillère municipale à Alma et aussi membre du comité de démarrage, le Grand dialogue est un mouvement citoyen et démocratique qui ne s’inscrit dans aucune politique partisane. Elle a soutenu que ce mouvement se veut une force de proposition et non d’opposition.

« La démarche n’est pas une prise de position ni un débat sur les grands projets industriels. Nous devrons ajuster notre société aux réalités du 21e siècle, que ces projets se réalisent ou non. Nous voulons transformer les discours polarisants en une réflexion sociale constructive et pacifique. En ce sens, nous souhaitons débattre avec une éthique du dialogue », a-t-elle mentionné dans le communiqué émis.

Le plan de travail établi prévoit que d’ici octobre 2021, le Grand dialogue travaillera à rassembler et rendre disponibles divers documents de vision ou de planification déjà existants au niveau régional, afin de construire sur les acquis actuels.

Il est prévu d’investir des lieux publics pour animer des rencontres portant sur différents thèmes afin d’identifier les forces et leviers que recèle la région, le tout devant déboucher sur un plan d’action sur cinq ans à compter de 2022.

M. Riffon a mentionné que l’exercice se veut le plus inclusif possible, ce qui signifie que les grands acteurs économiques de la région seront invités à participer à l’exercice.