La municipalité de Lamarche éprouve des problèmes financiers.

Lamarche: un déficit de 230 000 $ pour 2017

Lamarche éprouve des problèmes financiers. La petite localité jeannoise affiche un déficit de fonctionnement de 230 000 $ pour l’année 2017. Un manque à gagner qui représente près de 25 % du budget total de la municipalité. Le déficit est principalement attribué au règlement hors cour avec l’ancienne directrice générale Fabienne Girard.

Les élus ont déposé les états financiers, lundi, en séance du conseil, quelques semaines après la date limite. Le ministère avait accordé un délai à la municipalité pour ce dépôt. Le déficit de fonctionnement a été épongé en partie grâce au surplus de 2016, le faisant passer de 230 000 $ à 106 000 $. Mais la localité n’a plus aucun fonds en réserve, l’obligeant maintenant à chercher des solutions pour éponger cette dette.

« Ce n’est pas une situation usuelle, mais ce n’est pas dramatique. Ce qui est important, c’est ce qu’on va faire maintenant pour régler ça », a commenté le vérificateur, Éric Bernier, de la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

La raison principale de ce déficit, le plus important de mémoire d’élus, résulte du litige entre l’ancienne directrice générale et le nouveau conseil. Cette dernière a été mise à pied quelques semaines après l’entrée en poste des nouveaux élus. La mairesse avait justifié cette décision par des rumeurs de « malhonnêteté ». Mais après vérification, ces informations n’ont jamais été prouvées, et la localité a dû dédommager l’ancienne directrice générale.

Une clause de confidentialité empêche les deux parties à dévoiler le montant, mais selon les états financiers, un 140 000 $ en administration municipale n’a pas été expliqué. « Il y a une clause de non-divulgation », a laissé tomber le vérificateur, après avoir été questionné sur ces dépenses inexpliquées.

Invitée à réagir aux états financiers, la mairesse Lise Garon a tenu à rassurer les citoyens. Mais celle qui a été élue à l’automne dernier n’a pas voulu encore s’avancer sur des solutions concrètes.

« Comme on vient de prendre connaissance du rapport, ça serait irresponsable de répondre. Mais il y a des exemples de choses qu’on peut faire. Il peut y avoir un règlement d’emprunt, ce qui est le dernier recours. Il y a une subvention du gouvernement fédéral. On n’est pas obligé non plus d’absorber le déficit sur un an », a répondu la mairesse.

« Il y a eu d’importantes hausses de taxes dans les dernières années ici. Il faut tenir compte de ça aussi dans notre analyse », a-t-elle ajouté. Les élus ont jusqu’au dépôt du prochain budget pour trouver une solution. Ils peuvent toujours réviser le budget 2018 et réduire les dépenses prévues.

Conflits d’intérêts
La petite localité de moins de 600 personnes a fait l’objet de deux plaintes pour conflit d’intérêts dans les derniers mois. Le conseiller Martial Fortin a été visé dans une plainte, car il est propriétaire de la seule station d’essence du village. La localité, qui a été mise sous tutelle en 2011, aurait acheté de l’essence à cet endroit, prétend la plainte. Mais la mairesse Lise Garon a tenu à préciser que la municipalité n’a dépensé aucune somme dans ce commerce depuis l’entrée en poste de M. Fortin à la table du conseil. Le ministère des Affaires municipales, qui a reçu la plainte il y a plusieurs mois, n’a toujours pas contacté les élus pour dire si ces allégations étaient fondées ou non.

La conseillère Lise Bolduc a été récemment questionnée par des représentants du ministère. Mais la nature de la plainte ne lui a pas été expliquée.