Près de la moitié de la population de Lamarche exigerait la démission de la mairesse Lise Garon.

Lamarche: la démission de la mairesse réclamée

L’histoire semble se répéter dans la municipalité de Lamarche alors qu’une pétition réclamant la démission de l’actuelle mairesse, Lise Garon, est en circulation. Près de 300 signatures ont été récoltées jusqu’à présent dans la localité d’environ 600 habitants.

Il ne s’agit pas de la première offensive face à la gouvernance de celle qui est en poste depuis un an et demi. Un citoyen a demandé à Lise Garon de démissionner, le 10 juin dernier, lors d’une séance du conseil municipal. La principale intéressée aurait catégoriquement refusé.

La pétition qui porte le titre Réveillons-nous citoyens de Lamarche reproche plusieurs faits à celle qui a été élue lors des élections municipales de novembre 2017.

« Son leadership est mis en cause par plusieurs personnes. Il n’y a pas que les citoyens qui sont tannés », affirme l’une des personnes à l’origine de la prise de position.

Il précise que l’action citoyenne n’a rien de personnel et qu’elle repose uniquement sur les fonctions de mairesse de Mme Garon. Il rappelle le sérieux de la démarche affirmant que le « bien-être du village est en péril ».

Le comité de citoyens à l’origine de la pétition avance qu’elle a menti sur toute la ligne, notamment en affirmant qu’elle éliminerait 200 000 $ en dépenses inutiles en réduisant le nombre d’employés et les frais juridiques. « Elle a considérablement augmenté la masse salariale des employés municipaux. De par sa maladroite gestion du contrat de déneigement, une poursuite légale de 80 000 $ a été déposée contre la municipalité en mars 2019 », peut-on lire dans le document écrit. Le porte-parole du groupe souligne l’embauche d’un consultant qui augmente la masse salariale de la municipalité. « La grogne, ça vient de beaucoup de villageois. La preuve, c’est le nombre de signatures amassées », ajoute-t-il.

La pétition dénonce également l’augmentation de taxes initiales d’environ 8 %, finalement révisée à environ 4 %.

« La mairesse n’était pas présente au dépôt du budget 2019-2020. Elle n’a pas cru bon être là à un moment crucial. Il y a eu égalité lors du vote des conseillers, elle aurait pu trancher », expose le citoyen.

Le document qui contient près de 300 signatures revient sur les affirmations de la mairesse Lise Garon qui avait blâmé l’ancien conseil pour des frais juridique de 160 000 $. La pétition révèle qu’elle aurait « admis publiquement son mensonge lors de l’assemblée de juillet 2018 ».

Le déficit de 230 000 $ figure également parmi les reproches soulignés à travers la pétition.

« La firme comptable a affirmé que la décision de Mme Garon de laisser partir la directrice générale a causé à elle seule le déficit », est-il écrit.

Le regroupement de citoyens devrait déposer la pétition lors du conseil municipal de Lamarche du 2 juillet. Le Progrès a tenté, sans succès, de joindre la mairesse de Lamarche, Lise Garon.

+ DES ANNÉES DE VAGUES AU CONSEIL

Ce n’est pas seulement pour la beauté naturelle qui l’entoure que la municipalité de Lamarche a fait parler d’elle, au cours des dernières années. Les turbulences de son conseil municipal ont grandement retenu l’attention.

Les premiers éclats remontent au printemps 2007 alors que Jean-Guy Fortin, qui était à la tête de la municipalité depuis 30 ans, a démissionné de son poste. 

Les membres du conseil avaient réclamé à l’unanimité la démission du maire. L’opposition se faisait déjà sentir, à cette époque, alors que des citoyens avaient manifesté leur appui à Jean-Guy Fortin par le biais d’une pétition. 

La Cour supérieure l’a d’ailleurs déclaré, en 2011, inapte à occuper des fonctions d’élu municipal pour cinq ans.

Les élus se sont succédé à la table du conseil municipal de Lamarche sans que le tumulte ne cesse pour autant. La municipalité s’est retrouvée sous tutelle en février 2011 à la demande du maire de l’époque, Claude Bourgault. 

La mesure du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire s’est prolongée jusqu’en décembre 2013. 

La commission d’enquête publique concernant des allégations de conflit d’intérêts, d’ingérence et d’octrois irréguliers de contrats qui s’est ensuite tenue a recommandé d’intenter des procédures en inhabilité contre le maire et quatre conseillers.

Les frais juridiques de la commission s’élevaient à 345 000 $ pour la municipalité du nord-est du Lac-Saint-Jean. À l’époque, le maire Claude Bourgault avait également reçu une pétition réclamant sa démission. 

Les échevins élus en 2013 n’ont pas échappé à cette tendance aux discussions acrimonieuses qui semblent persister à Lamarche. 

En 2014, un conseiller a fait parvenir une mise en demeure à un collègue afin de faire cesser les remarques à son égard. Il a été arrêté, en décembre 2015, pour menace envers un élu qui siégeait à la même table. 

Aucune accusation n’avait été portée contre ce conseiller municipal à l’issue de l’enquête policière. 

En décembre 2017, la municipalité s’est retrouvée sans employé administratif alors que la directrice générale était suspendue avec solde, la secrétaire se retrouvait en congé maladie et le responsable de l’urbanisme venait de quitter ses fonctions.

L’année dernière, le ministère des Affaires municipales a étudié deux plaintes reliées à de possibles conflits d’intérêts. La première concernait l’achat d’essence à l’unique station-service de la municipalité qui est la propriété du conseiller Martial Fortin. La seconde s’accolait à la conseillère Line Bolduc. Celle qui agissait à titre de coordonnatrice de la Maison des jeunes de Lamarche n’aurait pas quitté la table lors d’une décision concernant l’organisme. 

Anne-Claude Brisson