Selon Olivier Riffon, professeur en éco-conseil à l’UQAC, il faut explorer les produits fabriqués à base de bois.

L’aluminium et le bois pour remplacer le plastique

La quasi-majorité des partis fédéraux propose d’interdire le plastique à usage unique au pays. Exit les pailles, les bouteilles d’eau, les contenants de nourriture dans le frigo de l’épicerie, les couvercles de café. Et si le Saguenay-Lac-Saint-Jean, berceau de l’aluminium et du bois, en sortait doublement gagnant ? Des canettes d’eau et des assiettes fabriquées de résidus de bois pourraient prendre plus de place sur les tablettes.

« Il y a véritablement un momentum intéressant pour la région. Parce qu’il y aura des options de rechange qui seront créées. Il faut explorer les produits fabriqués à base de bois. On voit que le bambou est une solution privilégiée ailleurs dans le monde. Il existe des brosses à dents en bambou. Il y a donc un intérêt à explorer les produits à base bois, que ce soit des ustensiles ou différents contenants », estime Olivier Riffon, professeur en éco-conseil à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Pour ce qui est de l’aluminium, la valeur écologique, surtout celle fabriquée dans la région à partir de l’hydroélectricité, n’est plus à prouver. Il s’agit du matériau de l’avenir face au plastique et au verre. La canette est sans conteste le contenant du 21e siècle.

« Le verre se réutilise bien, mais recycler le verre, c’est plus problématique. Ça contamine, ça blesse. Les canettes d’aluminium, d’un autre côté, peuvent se recycler quasi à l’infini sans perdre leurs propriétés. Et le procédé de fabrication peut être sans émission, ce qui représente des gains », pointe M. Riffon, en parlant d’Élysis, une entreprise formée par Alcoa et Rio Tinto qui vise à fabriquer de l’aluminium sans émettre de gaz à effet de serre.

Ce dernier demeure toutefois prudent sur les produits de rechange au plastique. Plus de recherches doivent être menées pour s’assurer des propriétés écolos des nouveaux produits.

« C’est sûr qu’il y a là un créneau à explorer, mais des études plus poussées doivent être menées. C'est important de mentionner que les contenants et produits réutilisables seront presque toujours préférables à ceux jetables », insiste M. Riffon.

Est-ce que la région serait en mesure de fabriquer de tels produits ? Pas tout de suite, selon le porte-parole de Produits forestiers résolus, Karl Blackburn.

La raison est simple. Il n’y a pas suffisamment de résidus qui résultent de la coupe de bois actuellement.

« On entend parfois qu’il y a des résidus en trop. Mais ce n’est pas le cas. Tout est utilisé ; donc il n’y en a pas suffisamment », explique M. Blackburn.

Il faut donc augmenter la coupe d’arbres avant de se lancer dans le développement de nouveaux produits. C’est d’ailleurs le souhait du gouvernement du Québec, qui a annoncé la semaine dernière une hausse du volume de bois récolté pour les prochaines années. Une mesure pour lutter contre les changements climatiques. Il a été prouvé, précisons-le, qu’une forêt en mauvaise santé (ou avec des arbres morts) dégageait plus de CO2 dans l’atmosphère, alors qu’une forêt en croissance en capte davantage.