Élisabeth Brière, secrétaire parlementaire de la ministre du Développement économique Mélanie Joly.
Élisabeth Brière, secrétaire parlementaire de la ministre du Développement économique Mélanie Joly.

L’aide salariale intéresse les gens d’affaires

L’aide salariale de 75 % ainsi que le versement d’une prestation d’urgence de 2000 $ par mois, tel que proposé par le gouvernement fédéral en raison de la pandémie de Covid-19, suscitent l’intérêt des dirigeants d’entreprises du Saguenay et c’est avec une attention particulière que les détails du programme sont attendus, mercredi, de la part du ministre des Finances, Bill Morneau.

Tel que prévu, la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) a réuni, en fin d’après-midi mardi, via un appel-conférence, une soixantaine de représentants d’entreprises autour d’Élisabeth Brière, secrétaire parlementaire de la ministre du Développement économique Mélanie Joly.

D’entrée de jeu, Mme Brière a déclaré que le gouvernement fédéral est proactif et à l’écoute du milieu des affaires afin de repartir l’activité économique aussitôt que la crise sera chose du passé.

Mme Brière a indiqué que des détails manquent encore au sujet de l’aide salariale de 75 % pour le paiement des travailleurs dont l’entreprise a subi une baisse de revenu de 30 % en raison de la crise de la COVID-19. Elle a incité les chômeurs depuis le 15 mars à continuer de s’inscrire à l’assurance-emploi puisque toutes les demandes reçues et non traitées basculeront dans le nouveau programme de prestation d’urgence de l’Agence du revenu du Canada offrant 2000 $ par mois pendant quatre mois. Ceux qui ne seront pas rappelés au travail après ce délai pourront s’inscrire à l’assurance-emploi. Un portail spécifique devrait être mis en ligne au plus tard le 6 avril prochain. Aucun relevé d’emploi ne sera exigé, mais l’agence se laisse la marge de manœuvre de pouvoir effectuer des vérifications par la suite.

À ceux qui verraient un avantage de soutirer ce 2000 $ par mois en quittant leur travail au salaire minimum, Mme Brière demande de faire preuve d’une certaine décence sociale en s’abstenant de faire une demande.

« Il y a des gens sur l’aide sociale depuis des années qui se réveillent et qui voudront demander le 2000 $. Ça s’adresse aux gens qui ont déjà gagné 5000 $ dans l’année. Il y en a toujours qui voudront profiter de leurs conditions particulières pour améliorer leur sort», déplore-t-elle.

Des questions particulières se posent au sujet de cette prestation de 2000 $ d’urgence, notamment pour les gens qui sont actionnaires de leur entreprise sans être nécessairement salariés. Une dame, travailleuse autonome qui vend des robes de bal et de mariage, a interrogé la députée sur son droit à la prestation de 2000 $ étant donné qu’elle perçoit des revenus des acomptes que lui procurent ses clientes, ce qui lui permet de se payer un salaire. Le statut de salarié ou d’actionnaire permettra de déterminer à quoi aura droit la dame.

La réduction du nombre d’heures travaillées par les quatre travailleurs d’un commerce a également fait l’objet d’une interrogation bien concrète en ce qui a trait au versement de l’aide de 75 %. Élizabeth Brière a rappelé que cette mesure a été instaurée dans le but que les employeurs maintiennent le lien d’emploi avec des personnes qui autrement pourraient être mises à pied.

« Il y a possibilité de toucher le 75 % pour la masse salariale. Si vous pouvez verser le 25 % sur une base volontaire, l’idée est de garder notre monde. »

Des détails devront être livrés concernant l’application du système de temps partagé afin de déterminer s’il doit s’appliquer par département au sein d’une entreprise ou pour l’ensemble de l’organisation.

Les témoignages entendus ont permis de constater que l’inquiétude existe dans le monde touristique, pour la prochaine saison estivale, alors que les frontières avec l’Europe risquent d’être fermées jusqu’au 30 juin prochain.

« On regarde comment on pourra attirer les Québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean l’été prochain. Le tourisme est un des secteurs les plus touchés. On sera en mesure d’évaluer combien de temps ça va prendre pour repartir », a déclaré un intervenant.

Dans le secteur de la construction, des gens d’affaires souhaitent que le fédéral procède à la relance économique en effectuant des investissements massifs à la Base de Bagotville.