Jean Villeneuve veut permettre aux familles de se faire des jardins.

L'agriculteur qui prête ses terres

Un agriculteur jeannois propose de prêter gratuitement une partie de ses terres et de louer le reste, pour que des familles de la région puissent y faire des jardins. «Je pourrais vendre ça à Pangea et m'asseoir sur mes gains. Mais de l'argent, ça n'en prend pas tant que ça. Ce projet-là, il est valorisant, plus que n'importe quel montant d'argent.»
Jean Villeneuve se décrit comme un humaniste. Ses terres du rang 6 sud à Saint-Bruno sont certifiées biologiques. Il souhaite, à partir du printemps 2018, prêter des terrains de 144 pieds carrés (12X12) aux familles qui se manifesteront. Même les conseils de cet agriculteur possédant plus de 30 ans d'expérience seront offerts gracieusement.
«Avec 144 pieds carrés, on nourrit une famille de quatre pendant deux semaines. Si les gens veulent un terrain plus grand, je propose de leur louer. Pour nourrir une famille de quatre pendant toute une année, ça prend 0,75 acre (plus de 32 000 pieds carrés). Je louerai ce terrain pour 8$ par semaine, soit environ 400$ par année. La famille est regagnante de louer parce qu'elle va aller chercher plus de 10 000 $ en fruits et légumes, soit ce dont elle a besoin pour une année. Je peux louer moins gros aussi, pour moins cher. C'est selon la volonté des gens.»
Jean Villeneuve affirme avoir eu des offres d'entreprises intéressées à acheter ses terres à Saint-Bruno.
Jean Villeneuve affirme avoir eu des offres d'entreprises intéressées à acheter ses terres à Saint-Bruno. Il a refusé. Sa ferme principale, la Villoise, est située à Saint-Gédéon. «J'ai eu des offres de Pangea, mais ils ne m'achèteront pas, parce que je ne suis pas achetable. Les terres se vendent entre 4000 et 5000$ l'acre. La terre du rang 6 Sud a 132 acres. Mon fils veut continuer l'entreprise. Il n'est pas question qu'on vende.»
Pangea possède plus de 15 000 acres de terre au Québec.
«J'ai une vision humaniste, explique M. Villeneuve. Je veux aider les gens. Si je vois que ça fonctionne bien, je viendrai peut-être à créer une coopérative. On pourrait même essayer de trouver des terres au Saguenay pour faire la même chose.»
L'agriculteur va aussi mettre quelques arbres, dont des arbres à fruits, pour attirer les oiseaux.
«Les gens qui vont participer vont manger du bon stock, des légumes qui ont du goût, pas des légumes qui sont beaux, mais qui ne goûtent rien.»
M. Villeneuve est même prêt à entreposer les légumes cueillis pour les personnes qui n'auraient pas l'espace.
Quiconque souhaite avoir son propre jardin gratuit, ou encore louer une parcelle de terre, peut communiquer avec Jean Villeneuve au jean.villeneuve1961@hotmail.fr ou au 418 669-8690.
Plutôt qu'un jardin conventionnel, il propose un jardin de type sauvage.
Plus humain que le chanvre
L'idée de proposer aux citoyens de faire leur propre jardin est née dans la tête de Jean Villeneuve au début de l'été. La tornade du mois de juillet, qui a complètement rasé ses plantations de chanvre, est venue le convaincre qu'il était temps de se lancer dans un nouveau projet.
La terre que M. Villeneuve propose aux citoyens va du rang 6 sud au rang 7, à Saint-Bruno. Il avait du chanvre à cet endroit, jusqu'au mois de juillet où il a tout perdu. La production du chanvre n'est pas assurable. « On a perdu 125 000 $ net. Avant la tornade, je voulais déjà faire autre chose parce que j'avais conscience que c'était trop risqué de faire du chanvre. Ça prend aussi beaucoup d'investissements. Je voulais faire quelque chose de plus humain. Avec ce projet, j'apprends aux gens à pêcher, je leur donne l'opportunité de savoir comment faire pousser leur propre nourriture plutôt que d'être dépendants. Ça s'inscrit dans les saines habitudes de vie.
Il souhaite que les gens aillent au jardin pour pique-niquer en famille, relaxer, regarder la nature.
Pas beaucoup d'entretien
Jean Villeneuve assure que le tout ne nécessitera pas un grand entretien. « On y va selon ce que la nature fait. On n'a qu'à semer, récolter et entreposer. L'ouvrage, c'est de contempler le jardin ! »
Il souhaite que les gens aillent au jardin pour pique-niquer en famille, relaxer, regarder la nature. « Je veux que les gens soient contents de venir. »
Plutôt qu'un jardin conventionnel, il propose un jardin de type sauvage. On y laisse pousser les mauvaises herbes comme les bonnes.
« Ce qu'on appelle les mauvaises herbes, c'est excellent pour les légumes. Ils ont besoin de ces plantes pour éloigner les bibittes. La nature, c'est une symbiose.
« Je n'ai rien inventé. Nos grands-parents faisaient ça. Les gens courent aujourd'hui. Moi, à un certain moment, j'avais une décision à prendre et j'ai décidé d'arrêter de courir, de laisser la nature faire. À la ferme Villoise, on a essayé de faire un jardin conventionnel et un sauvage, et après le passage de la tornade, le sauvage était pas mal moins magané que l'autre. La nature est capable de s'occuper d'elle-même. L'homme fait plus de tort que de bien. »