Andrée Laforest est la première candidate caquiste à remporter la circonscription de Chicoutimi. Elle a célébré sa victoire accompagnée par son mari et ses quatre enfants.

Laforest écrit une page d’histoire

(Myriam Arsenault) – Entourée de son mari et de ses quatre enfants en soirée à l’Hôtel Chicoutimi, la caquiste Andrée Laforest a écrit une page d’histoire en arrachant une circonscription détenue par le Parti québécois depuis 1973.

« Je suis fière de faire partie de l’équipe du changement ! Quoi demander de mieux qu’un gouvernement caquiste majoritaire. Nous allons faire plus, nous allons faire mieux ! », a lancé la copropriétaire de Eugène Allard, devant la foule qui l’acclamait, alors qu’elle venait d’apprendre qu’elle serait la toute nouvelle députée de Chicoutimi. « Maintenant, on tourne la page sur 45 ans de Parti québécois ! Nous allons faire briller Chicoutimi », s’est-elle réjouie.

Une ambiance de célébration régnait dans la salle de l’hôtel où amis, famille, proches et partisans de la candidate caquiste ont attendu impatiemment les résultats des élections, tout au long de la soirée. Un peu avant 21 h, un proche de Mme Laforest s’est écrié qu’elle avait remporté la circonscription, alors qu’il avait vu les résultats sur son cellulaire. Sous un tonnerre d’applaudissements, la nouvelle députée s’est lancée dans les bras de ses enfants, qui lui inspirent d’ailleurs sa première promesse. 

Dans son entretien avec Le Quotidien, la caquiste a mentionné cette résolution : « C’est certain que le premier dossier que je vais traiter sera l’exode des jeunes, ici en région. Étant donné que j’ai quatre enfants, je veux travailler pour que leurs amis restent au Saguenay-Lac-Saint-Jean », a-t-elle souligné. 

De plus, elle s’attend à travailler pour les familles, les enfants dans le besoin et en difficultés ainsi que les entreprises de la région. « À l’Assemblée nationale, je veux apporter mes connaissances dans le domaine où j’ai travaillé pendant trente ans », a continué la propriétaire de l’Académie, une garderie et prématernelle de Saguenay.

La caquiste a souligné tous les efforts qu’elle avait mis dans sa campagne. « Je peux dire que la victoire a été très très difficile parce que je suis nouvelle en politique. Mais je pense que je récolte le terrain que j’ai fait. Le travail que j’ai fait depuis 30 ans porte ses fruits », a-t-elle souligné, avant de retourner festoyer avec ses proches. 

Mireille Jean aura été députée péquiste de Chicoutimi durant deux ans et demi.

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LA DERNIÈRE D'UNE LONGUE LIGNÉE

(Denis Villeneuve) – La députée sortante de Chicoutimi, Mireille Jean, est déçue d’être la dernière d’une longue lignée de députés péquistes ayant marqué l’histoire, comme Marc-André et Stéphane Bédard, ou Jeanne Blackburn, mais explique sa défaite par le plein de votes effectué par la Coalition avenir Québec (CAQ) face à quinze années d’usure du pouvoir du Parti libéral.

Celle qui a été élue il y a tout juste deux ans et demi dans une élection partielle après le départ de Stéphane Bédard a avoué être déçue des résultats de l’élection de lundi, mais est restée digne dans la défaite, félicitant un à un les candidats à l’élection dans son comté, dont sa successeure, la caquiste Andrée Laforest.

Invitée à expliquer l’écroulement de sa formation politique, Mme Jean écarte la mise sur la voie de garage de l’option souverainiste puisque, selon elle, le chef Jean-François Lisée a largement parlé du sujet sans être repris dans les médias. « Il fallait mettre le gouvernement dehors et l’option retenue par la population a été celle de la CAQ. Ce n’est pas leur plateforme ou leur performance en campagne électorale qui les a fait élire », explique Mme Jean.

Lors de son discours, Mme Jean a déclaré avoir adoré servir les citoyens de sa circonscription avec son équipe et conservera un souvenir indélébile de son expérience.

Elle n’a pas exclu l’idée de servir à nouveau ses concitoyens dans d’autres fonctions à l’avenir. 

Marie-Josée Morency est fière de sa campagne, et surtout de son équipe, alors qu’elle termine troisième dans Chicoutimi.

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SURPRISE PAR LA VAGUE CAQUISTE

(Myriam Arsenault) – L’émotion était palpable, au Saint-Hubert de Chicoutimi, où l’équipe libérale de Marie-Josée Morency attendait fébrilement les résultats de l’élection. La candidate dans Chicoutimi était déçue de voir la vague caquiste prendre d’assaut le Québec.

« Ça me déçoit fortement, mais je suis une bonne joueuse et j’ai fait une belle campagne », a noté la candidate libérale, qui a terminé au troisième rang, lors d’un entretien avec Le Quotidien. L’ex-directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, entourée de son équipe, avait décidé de ne pas se rendre à Saint-Félicien pour être avec son chef, afin de rester dans sa circonscription, avec ses électeurs.

« J’ai fait une belle campagne et je suis gagnante par l’équipe que j’ai créée autour de moi », a souligné la femme d’affaires. Elle avait rassemblé ses amis de toutes allégeances politiques afin de s’entourer d’une équipe de confiance. « J’ai prouvé que j’étais rassembleuse et je remercie tous les électeurs qui ont voté pour moi.» 

Les trois candidats saguenéens Marie Francine Bienvenue, Pierre Dostie et Marcel Lapointe estiment que le statut de Québec solidaire a changé.

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Une nouvelle force politique est née

(Denis Villeneuve) – Aucun candidat de Québec solidaire (QS) n’a été élu au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais ses représentants affirment qu’une nouvelle force politique est née au Québec.

Réunie avec ses collègues Pierre Dostie et Marcel Lapointe dans un bar de la rue Racine, à Chicoutimi, Marie Francine Bienvenue, candidate dans Dubuc, n’en revenait pas d’avoir obtenu 12,08% des votes. « La CAQ l’a emporté, mais dans plusieurs comtés, Québec solidaire a été deuxième et troisième. Le statut de Québec solidaire a changé. Une nouvelle force est née. Il y a une montée et la population est prête à nous faire confiance. »

Pierre Dostie, candidat dans Chicoutimi, explique la vague caquiste qui a déferlé par le comportement du gouvernement libéral qui a imposé des années d’austérité à la population suivie par de grandes largesses à une année de l’élection.

Il s’est dit très satisfait que QS ait triplé le nombre de députés à l’Assemblée nationale, mais a déploré que le système électoral uninominal à un tour ait permis à la CAQ d’élire autant de députés avec seulement 39 % du vote populaire. « Ça donne l’illusion d’une force plus petite qu’il n’y paraît et notre force est plus grande qu’il n’y paraît. »

Un autre facteur de satisfaction pour lui est le fait que sa formation politique ait réussi à percer en régions.

Du côté de Jonquière, Marcel Lapointe s’est dit déçu d’avoir été doublé par le candidat libéral, un candidat fantôme, selon lui. « Je n’avais pas d’équipe. J’ai posé moi-même mes pancartes. Les gens dans Jonquière n’ont pas embarqué, mais je vois quelque chose de très positif pour la prochaine élection», a-t-il exposé.