Le projet de chemin de fer QcRail, évalué à 1,5 milliard $, est initié par Innovation et Développement Manicouagan.

L’Administration portuaire de Saguenay à l’écoute

Les dirigeants de l’Administration portuaire de Saguenay se questionnent sur le projet de chemin de fer QcRail. Évalué à 1,5 milliard $ et initié par Innovation et Développement Manicouagan, il vise à offrir un nouveau corridor d’expédition aux entreprises du centre et de l’ouest du Canada, dans une perspective de croissance des exportations vers l’Europe.

Le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge, connaissait l’existence de cet ambitieux projet et estime que les responsables du développement économique de la Côte-Nord, tout comme ceux de la région, entreprennent des projets d’avenir. Il constate toutefois que dans ce cas, il s’agit d’un projet majeur avec un enjeu de financement important dans une industrie soumise à des revirements.

« Nous allons accepter de rencontrer les instigateurs du projet. Généralement, les compagnies de chemin de fer aiment bien circuler sur les rails, mais ne sont pas friandes de construire les infrastructures », précise Carl Laberge, qui a connu cette expérience avec la desserte ferroviaire, un projet de moindre envergure.

Il est difficile pour le moment pour l’Administration portuaire de Saguenay, aussi connue sous le nom de Port de Saguenay, de mesurer les véritables impacts d’un tel projet. Carl Laberge souligne qu’il y a en ce moment de la capacité de transbordement dans les différents ports en exploitation le long de la voie maritime du Saint-Laurent. À titre d’exemple, en plus de Baie-Comeau, les ports de Montréal, de Québec et de Trois-Rivières sont actifs dans le grain.

Le directeur général d’Innovation et Développement Manicouagan, Guy Simard, expliquait mercredi que le projet ne vise pas à récupérer le marché de Saguenay et que les projets miniers d’Arianne Phosphate et de Métaux BlackRock n’auraient aucun impact sur la réalisation ou non de leur projet.

Carl Laberge explique qu’il faut analyser la situation du transport dans son ensemble. Il comprend que les initiateurs du projet souhaitent créer une route par les chemins de fer du nord pour absorber l’augmentation du tonnage découlant de la croissance des exportations. D’autre part, il affirme que l’ajout d’une option de transport aura quand même des impacts sur les réseaux déjà en place dans le corridor du sud. « Si on ajoute une offre de transport, ça joue sur les autres infrastructures qui s’offrent aux exportateurs », précise Carl Laberge, visiblement peu inquiet quant à l’ampleur du projet.

Le financement est aussi un défi de taille. Le programme fédéral identifié par les promoteurs concerne tous les types de transport au Canada pour les corridors commerciaux. Un seul projet ne peut pas obtenir une aussi grosse somme – 1,5 G $ sur 10 G $.

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, indique de son côté que la municipalité n’a pas appuyé le projet du groupe de Baie-Comeau. Il affirme que sa ville souhaite travailler en collaboration avec les projets qui pourraient avoir un impact sur le développement des infrastructures régionales, ce qui comprend tout le complexe de Port de Saguenay.

Il a conclu en rappelant que le projet de ligne de chemin de fer QcRail n’a pas de lien avec la construction d’un pont ferroviaire sur la rivière Mistassini pour permettre au train d’atteindre le parc industriel du secteur Mistassini. Le tracé retenu dans le projet de Baie-Comeau passe plus au nord de la ville.