Kinésiologue et professeure à l'Université du Québec à Chicoutimi, Patricia Blackburn affirme que le projet Sacré-Coeur confirme qu'avec un encadrement serré, il est possible d'inculquer de bonnes habitudes à des jeunes dès l'âge du primaire et de faire cheminer ces apprentissages vers la famille. La nutritionniste Anne-Marie Bérubé et la coordonnatrice du projet, Annie Larouche, ont constaté en temps réel des changements d'attitude chez les jeunes.

L'activité physique, ça marche

La compilation des résultats des évaluations des 18 élèves qui ont participé au projet « Passeport pour ma santé », à l'école primaire Sacré-Coeur de Jonquière, l'an dernier, confirme hors de tout doute que l'activité physique combinée à une amélioration de l'alimentation ont des impacts immédiats sur la condition physique des jeunes.
Le projet a été réalisé par le département de kinésiologie de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) en relation avec des médecins, dont la pédiatre Johanne Harvey. La compilation des statistiques sur les différentes mesures prises chez les participants a été complétée il y a quelques semaines, pour le projet 2015-2016 de l'école Sacré-Coeur, et démontre une amélioration de la condition des participants de 5e et 6e année.
« Il y a eu une amélioration générale dans le groupe », note la kinésiologue et professeure Patricia Blackburn. Habituellement, les filles affichent de moins bonnes performances que les garçons pour ces mesures. Or, dans le contexte de l'école Sacré-Coeur, à la surprise générale, ce sont justement les filles qui ont démontré une amélioration de leur condition physique la plus significative.
Les parents des élèves ont été étroitement associés à la démarche. Ils ont eu droit à des conférences et surtout à participer puisque les élèves devaient relever certains défis à la maison, principalement en ce qui concerne la nutrition. La nutritionniste Anne-Marie Bérubé de l'UQAC a animé les ateliers qui portaient sur des choses simples. Elle a noté que les jeunes ont affiché une grande curiosité et bien répondu aux différents exercices.
La coordonnatrice du projet, Annie Larouche, a rapidement vu se créer un esprit de groupe qui a créé un intérêt pour le projet. Elle constate sensiblement les mêmes choses avec le projet mené cette année à l'école Tandem.
Prudence
Quant à savoir si ce type de projet, qui nécessite un certain encadrement, peut être réalisé à la grandeur des écoles du Québec, Patricia Blackburn reste prudente. Dans le présent cas, les instigateurs ont pu compter sur le directeur d'école, Alain Doré, pour qui les saines habitudes de vie ont une grande importance. Il a accepté de répéter le projet à l'école Tandem où il a été transféré.
« Il existe beaucoup de projets ou des possibilités. Elles sont souvent tributaires de la volonté des enseignants de les utiliser, mais on doit aussi comprendre que les professeurs ne peuvent pas tout faire. »
Patricia Blackburn salue les différentes initiatives mises de l'avant par Pierre Lavoie et Québec en forme au cours des dernières années. En revanche, elle croit que la seule solution qui aidera à faire bouger les jeunes passe par une décision du ministre de l'Éducation pour procéder à l'embauche de professeurs d'éducation physique et l'ajout d'heures de gymnase bien encadrées dans le programme scolaire. Les résultats obtenus à l'école Sacré-Coeur dans le cadre d'un projet où les jeunes étaient bien encadrés confirment la pertinence de cette solution.
Le problème des initiatives relevant de projets de recherche est celui du financement. La pédiatre Johanne Harvey, la kinésiologue Patricia Blackburn et son collègue Mario Léone ont répété au Quotidien sans arrêt que la recherche de financement est interminable et les fonds disponibles anémiques.
Une autre initiative d'un OSBL a été déployée dans le monde de l'éducation. Il s'agit du projet 5 poivres. La formation a été donnée et le matériel didactique a été distribué aux commissions scolaires souhaitant mettre l'accent sur la nutrition. Tout a été conçu pour intégrer aux disciplines académiques des bases sur la nutrition de qualité. À partir de l'an prochain, les étudiants en nutrition de l'UQAC vont mesurer le succès de ce programme, lequel peut être dispensé à très peu de frais, en fonction de l'intérêt des professeurs.