Simon Jolin-Barrette a annoncé que deux nouveaux postes d’agents d’aide à l’intégration allaient être créés pour faciliter l’accompagnement des nouveaux arrivants. Un à Chicoutimi et un autre à Jonquière.

L’accueil, la lacune de Saguenay en immigration

« Nous ne voulons pas que les gens se sentent comme un numéro. Ici, il n’y a pas une file devant notre porte, il y a des gens. » Saguenay veut devenir plus accueillante, attrayante et inclusive pour les immigrants. Elle veut surtout être une meilleure destination pour ceux et celles qui désirent s’établir au Québec. La mairesse Josée Néron a dévoilé, jeudi, le plan d’action en matière d’accueil, d’intégration et d’établissement durable des personnes immigrantes de la municipalité. Un plan qui propose plusieurs pistes de solutions pour que la Ville devienne un leader en matière d’accueil, mais toujours pas de projets concrets.

Le plan d’action, élaboré au cours des derniers mois, a été dévoilé par la mairesse Josée Néron qui était accompagnée du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, de la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, et de la conseillère et présidente de la Commission des services communautaires de Saguenay, Brigitte Bergeron.

Si le ministre de l’Immigration s’était déplacé à Saguenay pour l’occasion, c’était pour annoncer un investissement de 62 500 $ qui sera remis à la Ville pour concrétiser ledit plan. De plus, Simon Jolin-Barrette a annoncé que deux nouveaux postes d’agents d’aide à l’intégration allaient être créés pour faciliter l’accompagnement des nouveaux arrivants. Un à Chicoutimi et un autre à Jonquière.

Plusieurs organismes étaient présents à la conférence de presse.

Trois axes

Le plan de Saguenay propose trois différents axes sur lesquelles la municipalité travaillera, soit l’accueil, l’inclusion et la diversité. « Nous le savons tous, il y a un réel besoin de main-d’œuvre ici. Nous voulons que les personnes immigrantes aient le goût de venir s’installer ici et qu’elles veuillent rester. Pour ce faire, il faut qu’elles se sentent accueillies et aidées dans la recherche d’emploi, de logement ou d’activités, par exemple. De notre côté, nous voulons nous enrichir de leur langue, de leur culture », a souligné la mairesse, qui estime que la principale lacune de Saguenay réside dans son accueil. Pour le moment, le plan prévoit surtout des stratégies à prioriser qui devraient se transformer en action au cours des prochaines semaines ou des prochains mois, selon Brigitte Bergeron. Par exemple, encourager les actions innovantes qui rendront plus efficace et rapide la reconnaissance des acquis et des compétences d’un immigrant ou encourager la mise en place de formations. Accompagner un nouvel arrivant dans sa recherche d’emploi et lui offrir de l’aide pour la francisation figure également parmi les stratégies. Ce que Josée Néron souhaite, c’est offrir un service clé en main aux nouveaux arrivants.

La présidente de la Commission des services communautaires, Brigitte Bergeron, a expliqué les grandes lignes du plan d’action. Elle était accompagnée du ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette, de la ministre responsable du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest et de la mairesse de Saguenay, Josée Néron.

Ces services pourraient-ils être réunis sous un même toit, dans un lieu physique, à l’image du Centre d’amitié autochtone, par exemple, qui propose aux Premières Nations une foule de services en un même lieu ? À cette question, la mairesse n’a pas pu s’avancer, puisque les décisions n’ont toujours pas été prises. « Ce que nous dévoilons aujourd’hui, c’est tout le travail de concertation qui a été fait. Jusqu’à maintenant, on n’avait pas de guide, on avait seulement une idéologie », a souligné Josée Néron.

Des travailleurs déçus

Le Quotidien s’est entretenu avec quelques travailleurs d’organismes communautaires œuvrant auprès des immigrants et qui étaient présents à la conférence de presse, jeudi. Certains travailleurs, qui préféraient ne pas être nommés, se sont montrés déçus par le plan, affirmant que la situation était urgente à Saguenay et que les nouveaux arrivants avaient besoin d’une assistance immédiatement. Ils auraient en effet voulu apprendre que des mesures concrètes allaient être mises en branle à très court terme. D’autres travailleurs se sont dits heureux de voir que la Ville planche sur le sujet, puisqu’en effet, l’accueil des nouveaux arrivants est considéré par plusieurs comme la grande lacune de la municipalité en matière d’immigration et que plusieurs d’entre eux peinent toujours à se dénicher un emploi.

Soulignons que 70 % des immigrants du Québec choisissent de s’installer sur l’île de Montréal.

Le plan d’action a été dévoilé jeudi, en conférence de presse.