Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Luc Simard, et le président la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers.

L’accueil des immigrants doit passer par les régions

Québec doit ouvrir des bureaux d’immigration à l’extérieur de Montréal pour mieux accueillir et accompagner les familles immigrantes en région. C’est l’une des demandes de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui a dévoilé les détails de sa plus récente plateforme mardi, à Dolbeau-Mistassini, en vue des élections provinciales d’octobre.

« On ne veut pas être en deuxième, troisième ou même quatrième ligne. Lorsque les immigrants arrivent au pays, ils doivent être accueillis par nos régions plutôt que dans les centres urbains où ils tissent des liens et s’enracinent », explique le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers. Il devrait selon lui y avoir au minimum une ressource gouvernementale par région pour assurer que les immigrants ne restent pas accrochés à Montréal. Par ailleurs, d’autres services gouvernementaux devraient aussi être décentralisés, selon la FQM.

« On n’a plus de présence, comme c’était le cas dans le passé, du MAPAQ ou d’Hydro-Québec par exemple. Il ne reste que les bureaux de poste comme service gouvernemental de proximité », déplore-t-il.

La FQM demande au prochain gouvernement d’adopter une politique de déconcentration des activités de l’État qui aurait pour objectif de créer au moins 5000 emplois en région d’ici cinq ans.

Jacques Demers soutient que contrairement à ce qu’on peut penser, le nombre d’emplois est en baisse en région.

Les municipalités de moins de 10 000 habitants auraient perdu au total 48 300 emplois sur leurs territoires respectifs entre 2012 et 2017.

« C’est beaucoup causé par les départs à la retraite. Ça donne l’impression qu’il y a moins de gens disponibles à travailler, ce qui fait baisser le taux de chômage. Dans les faits, de l’emploi, il y en a moins en région », explique le président de la FQM.

De 2011 à 2016, le nombre d’emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean aurait chuté de 4,4 % alors qu’en moyenne, le reste du Québec observerait une hausse d’environ 4 %.

Autres priorités
À quelques mois des élections provinciales, les élus municipaux veulent que les candidats politiques prennent clairement position sur une foule d’enjeux qui touchent les régions.

Une limite à 50 % des coûts défrayés par les municipalités pour les services de la Sûreté du Québec, un remboursement à 100 % de la taxe de vente du Québec aux municipalités, un meilleur accès à la téléphonie cellulaire et l’Internet haute vitesse en sont d’autres exemples.

« L’élection qui s’en vient cet automne, il ne faut pas mettre les régions à part. Il faut montrer qu’il y a des décisions à prendre si on veut les garder vivantes », souligne M. Demers.

La FQM représente toutes les MRC québécoises, soit une population totale de 4 millions de personnes.