Lac-Kénogami: un appel à la Cour supérieure

Les opposants au Plan d’aménagement spécial du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour la récupération de 380 000 mètres cubes de bois au sud du lac Kénogami s’adressent aux tribunaux pour empêcher la récolte forestière.

Le groupe composé de villégiateurs a déposé au cours des derniers jours en Cour supérieure du district judiciaire de Québec un pourvoi en contrôle judiciaire. Cela signifie que les opposants vont tenter de démontrer que le gouvernement n’est pas dans son droit quand il met en place une telle mesure.

Le ministère a annoncé le déploiement de ce programme spécial au début du mois d’août en raison de l’état des forêts de résineux dans les forêts du domaine public de cette unité d’aménagement.

Le ministère des Forêts a utilisé les dispositions de la Loi sur les forêts du Québec qui lui permet de mettre en place un plan spécial quand il est nécessaire de récolter le bois avant qu’il n’ait été trop endommagé par des épidémies d’insecte ou même après un incendie.

« Un plan d’aménagement spécial sert à assurer la récupération des bois et la réalisation des traitements sylvicoles appropriés avant que les arbres ne deviennent impropres à la transformation. Cette méthode évite la perte de volumes de bois à court terme, lesquels seraient autrement récoltés dans des peuplements sains. Ces récoltes seront composées d’essences résineuses à 80 %, lesquelles sont vulnérables à la tordeuse du bourgeon de l’épinette », précisait le communiqué émis par le gouvernement.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs annonce la mise en oeuvre du plan d’aménagement spécial qui prévoit, au cours de la saison 2019-2020, la récupération d’environ 388 000 mètres cubes de bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) au sud du lac Kénogami.

La dégradation d’une forêt atteinte par la TBE s’échelonne sur une période de 5 à 10 ans. Dans le cas particulier du lac Kénogami, les observations de défoliation causée par la TBE ont débuté en 2008. Des actions concertées sont rendues nécessaires afin de limiter les pertes de matière ligneuse.

La récolte d’arbres en perdition dans un secteur fréquenté réduit également les risques liés aux feux de forêt et aux chablis (arbres renversés par le vent). La transformation à temps de ces arbres permet d’éviter leur décomposition, donc le relâchement progressif du CO2, un gaz à effet de serre contenu dans leur matière ligneuse. Ces travaux favorisent également la régénération de la forêt et accélèrent son retour à un état de peuplement sain. Ainsi, toutes les aires où il y aura une récolte d’arbres seront régénérées, redémarrant aussi un nouveau cycle de séquestration du carbone.