Michel Perron n'est pas surpris de la sensibilité régionale au problème de l'abandon scolaire et l'attribue au travail de sensibilisation mené par le monde de l'éducation et divers organismes comme le Crépas et le groupe ÉCOBES.

L'abandon scolaire préoccupe encore

Les gens de la région sont plus préoccupés que la moyenne des Québécois par la problématique de l'abandon scolaire, selon un sondage réalisé récemment par la firme Léger pour le compte de la Fondation Lucie et André Gagnon.
85 % des gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean se disent préoccupés en comparaison de la moyenne québécoise de 82 %.
Les résultats ont été établis après consultation de 3025 Québécois, dont 150 du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du 12 septembre au 4 octobre, et publiés à l'occasion de la troisième édition des Grandes rencontres sur la persévérance scolaire (GRPS), co-présidée par le professeur de l'UQAC, Michel Perron, de la chaire VISAJ.
Pourtant, le taux d'abandon scolaire régional est passé en 10 ans de plus de 20 % à 11,8 % pour l'année 2010-11, tandis que les élèves du Québec décrochent encore à un taux inquiétant de 18,6 %. Ces données représentent les élèves du secteur public.
Michel Perron n'est pas surpris de cette sensibilité régionale et l'attribue au travail de sensibilisation mené par le monde de l'éducation et divers organismes comme le Crépas (Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire) et le groupe ÉCOBES (Centre d'étude des conditions de vie et des besoins de la population) depuis années.
« Depuis des années, nos menons la campagne "Chaque jeune a besoin d'encouragement chaque jour" et c'est certain que cela a commencé à s'infiltrer dans les esprits », fait remarquer le professeur Perron.
« Peut-être que ce succès, la population en est informée et elle se sensibilise. »
Dans l'ensemble du Québec, quand on demande à un parent d'enfant de moins de 18 ans s'il craint que son enfant abandonne l'école avant l'obtention d'un diplôme de secondaire, 47 % des personnes se disent préoccupés. Les parents sont donc soucieux de rendre leur enfant au maximum de leurs possibilités scolaires.
Grandes rencontres
Ces statistiques viennent nourrir la réflexion des 1500 participants de la troisième édition des Grandes Rencontres sur la persévérance scolaire qui se déroulent actuellement à Montréal. « L'augmentation de la participation est un succès : la première rencontre a rassemblé 800 personnes et la seconde 900. Celle-ci a demandé encore plus d'organisation, ce qui explique qu'il y a maintenant trois coprésidents. Ce mouvement social est en cours de progression et témoigne du fait que la mobilisation est de plus en plus grande. »
Objectif
Le conseiller en communications du CRÉPAS, Frédéric Tremblay, rappelle que le milieu de l'éducation souhaite atteindre un taux québécois de diplomation de 80 % d'ici 2020. Le taux de diplomation considère le diplôme d'études secondaires (DES), le diplôme d'études professionnelles (DEP), l'attestation de spécialisation professionnelle (ASP), l'attestation de formation professionnelle (AFP), l'insertion sociale et professionnelle des jeunes (ISPJ), le certificat de formation en entreprise et récupération (CFER), le certificat de formation préparatoire au travail (CFPT), le certificat de formation à un métier semi-spécialisé (CFMS) et l'attestation de compétences (ADC).
Le taux québécois de diplomation atteint 71,1 % et celui de la région 75,2 %. Les deux taux sont établis en fonction de l'obtention d'un diplôme à l'intérieur de sept ans et sont en progression.