La chercheuse Jacinthe Dion, de l'UQAC, présentait hier les résultats préliminaires de l'étude d'impact sur le projet des Couloirs de la violence amoureuse, au congrès de l'Association francophone pour le savoir.

La violence amoureuse présente au secondaire

Trente pour cent des élèves de quatrième et cinquième secondaire affirment avoir été victimes de violence amoureuse et 23 % ont eu au moins un comportement violent envers leur partenaire au cours des douze derniers mois.
La chercheuse Jacinthe Dion, de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), présentait les résultats préliminaires de l'étude d'impact sur le projet des Couloirs de la violence amoureuse, lundi après-midi, au congrès de l'Association francophone pour le savoir. 
Au total, plus de 200 élèves ont participé à l'étude. De ce nombre, 57 % étaient en couple dans les douze derniers mois.
« Les jeunes ont répondu à un questionnaire pour évaluer leurs connaissances, leurs attitudes par rapport à la violence, la victimisation et la perpétration de la violence », explique Mme Dion, qui est aussi cotitulaire de la chaire de recherche VISAJ. Après avoir traversé les Couloirs de la violence amoureuse, les étudiants devaient répondre au même questionnaire. 
« On cherche à outiller les jeunes à être moins violents et à donner les outils nécessaires aux victimes pour parler et dénoncer », affirme Mme Dion. La violence, le consentement sexuel, la cyberviolence, le harcèlement ou la jalousie sont quelques-uns des termes abordés au cours de l'expérience. Elle explique que les jeunes sont parfois témoins de situations de violence, sans même savoir qu'il s'agit bel et bien de violence. 
Ce projet, qui a l'allure d'un labyrinthe interactif, permet au public de s'immiscer dans l'intimité amoureuse d'un jeune couple, afin de mieux saisir en quoi consistent la violence amoureuse et ses différentes formes. 
L'outil de sensibilisation mis en place l'an dernier a suscité l'intérêt de plusieurs, si bien qu'il a fait le tour de la région. À l'intérieur de la structure grande de 20 pieds sur 30 pieds, les visiteurs découvrent les différents cycles de la violence amoureuse. 
Résultats
Déjà, les résultats se font sentir. La chercheuse explique que les jeunes ont augmenté leurs connaissances en matière de violence amoureuse. « La jalousie n'est pas une preuve d'amour », explique-t-elle.
Et l'impact ne s'est pas seulement fait sentir à la sortie du labyrinthe. « Depuis la mise en place, les policiers de la région ont reçu plus d'appels de dénonciation ou de questions de la part des jeunes », affirme-t-elle.
En plus d'une hausse des connaissances, les résultats préliminaires de l'étude révèlent aussi que certaines attitudes favorisant la violence sont diminuées et que les effets des Couloirs de la violence amoureuse sont plus marqués chez les adolescents ayant vécu une expérience de victimisation dans le passé. 
« La collecte des données se poursuit afin d'évaluer si les effets constatés se maintiennent six mois plus tard », confirme Jacinthe Dion.