Cynthia Bourgeois-Bégin était bien identifiée, comme toutes ses collègues, lors du camp d’entraînement à Gand, en Belgique.

La vie réserve des surprises

CHRONIQUE / Il y a des fois où la vie te réserve des surprises. De grandes surprises même.

Même si je me suis mis au vélo un peu plus intensif depuis sept ans, j’étais loin de me douter qu’un de mes enfants en viendrait un jour à faire de la véritable compétition.

Ma fille s’en va à Lanzarote, aux îles Canaries. Pas pour un voyage d’agrément, mais plutôt pour y réaliser un triathlon olympique.

Ma fille, c’est Cynthia Bourgeois-Bégin. Responsable du développement des affaires chez Adecco à Chicoutimi. Elle sera la première employée au Saguenay–Lac-Saint-Jean à représenter la compagnie au Triathlon olympique de Lanzarote, le 26 octobre.

Maintenant âgée de 39 ans et mère de deux enfants, Cynthia m’impressionne. Elle a eu beau faire du ballet classique pendant plusieurs années durant son enfance et son adolescence, jamais au grand jamais, je n’aurais cru qu’elle pourrait être intéressée à faire de la natation, de la course à pied ou du vélo, sauf pour se promener dans le quartier.

Faut dire qu’elle n’a pas eu un grand exemple à la maison. Sa mère n’est pas très sportive – en raison de son état de santé – et son père n’a commencé à bouger qu’à 50 ans, lui aussi pour des motifs de santé.

J’ai tout de même réussi à mettre les efforts et les énergies pour faire le Grand défi Pierre Lavoie en 2012 et en 2013, à 50 et à 51 ans. Sans minimiser les efforts, ma tâche a consisté à rouler à vélo. Il est vrai que j’ai fait des distances que je n’avais jamais faites auparavant, mais je n’avais pas à enchaîner la natation et la course à pied.

Le déclic pour Cynthia s’est produit en 2018, lorsque les dirigeants d’Adecco, une firme de placement de personnel, lui ont demandé si elle était intéressée à s’inscrire au triathlon.

« Non, leur a-t-elle lancé. Je ne sais pas nager. Je m’amuse dans la piscine chez mes parents et c’est suffisant », avait-elle répondu.

Mais cette invitation l’a probablement fouettée, car elle a pris la décision d’apprendre vraiment à nager. Par Internet. Et elle y est parvenue.

Cynthia s’entraîne en piscine l’hiver et au lac Clairval en été. La course, elle en faisait depuis quelques années et a accentué son vélo depuis 18 mois.

L’employée d’Adecco Cynthia Bourgeois-Bégin a peaufiné son entraînement en prévision du Triathlon olympique de Lanzarote, aux îles Canaries.

La semaine dernière, elle a peaufiné son entraînement. Après avoir participé à deux triathlons sprint à Saint-Aimé-des-Lacs et à Jonquière au cours de l’été, elle devait réaliser un triathlon olympique, afin de mesurer sa capacité à le réaliser, elle qui sera au départ du Triathlon de Lanzarote le 26 octobre.

Elle a nagé 1,5 kilomètre, roulé sur 42 km à vélo et couru un 10 km en moins de 3 h 25.

Elle est la première employée de la firme Adecco du Saguenay–Lac-Saint-Jean à obtenir sa place pour le triathlon que la compagnie organise.

Mon athlète amateure a participé à un camp d’entraînement en mai dernier à Gand, en Belgique, question de se familiariser avec l’organisation d’Adecco et de rencontrer les 74 autres participants de l’entreprise, en provenance de 38 pays, lesquels seront du départ aux îles Canaries, en Espagne.

Ces employés proviennent des quatre coins du monde. La compagnie les a amenés en Belgique et les amènera aux îles Canaries.

Je ne vous cacherai pas qu’elle a eu des périodes de doutes sur sa capacité à y arriver. Je ne sais pas à quel rang terminera Cynthia. Et à dire vrai, ça n’a aucune importance. Elle a déjà sa victoire en poche après avoir été sélectionnée pour s’y rendre, et pour avoir réalisé tout l’entraînement nécessaire pour se présenter sur la ligne de départ du triathlon.

UNE BONNE CAUSE

Et en plus, elle fait ça pour une bonne cause. En fait, Adecco amasse de l’argent afin d’aider les jeunes des pays défavorisés à se préparer pour le marché du travail.

Win4Youth essaie de changer leur vie. Le programme Plan international touche plus de 60 pays. Pour 2019, il y a un programme spécifique au Vietnam. Les organisateurs remettront un montant de 500 000 francs suisses – plus de 668 000 $ en argent canadien.

Cynthia Hansen, présidente de la Fondation Adecco, et Alex Rider, vice-président international d’Adecco, ne cachent pas que la participation des employés au triathlon de Lanzarote vise une bonne cause pour les enfants, mais il y a plus. « Nous voulons offrir un meilleur environnement de travail à nos employés. Ils doivent s’investir dans l’entraînement et nous visons à accumuler 10 millions de kilomètres d’efforts physiques de la part de nos employés et des proches », explique Mme Hansen.

« C’est bon pour ceux qui seront à Lanzarote, car ça permet aussi de créer un pont entre les employés de partout dans le monde, qui n’ont pas l’occasion de se côtoyer autrement », ajoute-t-elle.

Alex Rider précise que ces employés sont des ambassadeurs pour Adecco.

« Il y a un double bénéfice pour notre monde. Ils aident les jeunes à travers la planète et ils s’aident eux-mêmes en étant en meilleure forme physique », soutient M. Rider.

Les 74 employés de 38 pays d’Adecco ont suivi un camp d’entraînement important afin d’être prêts pour le triathlon olympique.