La vérificatrice générale de Saguenay, Sylvie Jean, a déposé au conseil municipal son rapport annuel pour l’exercice 2018, mardi.

La vérificatrice générale de Saguenay préoccupée par l'absence de relève

Avec plus de 300 employés municipaux qui prendront leur retraite d’ici cinq ans, la Vérificatrice générale (VG) de Saguenay, Sylvie Jean, affirme que la Ville doit prendre les devants en se dotant d’un plan de gestion de la relève afin d’éviter certains inconvénients aux contribuables.

La VG a déposé mardi au conseil municipal son rapport annuel pour l’exercice 2018 en se penchant sur l’état de situation des ressources humaines, la gestion des ouvrages d’art ainsi que sur la conformité de certains organismes recevant annuellement des subventions de 100 000 $ et plus.

Comme tant d’autres employeurs, la Ville sera appelée à se doter d’une main-d’oeuvre en renouvellement alors que d’ici 2023, 20 % des effectifs seront admissibles à une retraite.

Lors de son examen, Mme Jean constate que le quart des employés disposent d’une expertise spécialisée ou sont occupés par des gestionnaires ayant une connaissance approfondie des processus, équipements et des infrastructures.

Après avoir étudié le niveau de risque d’un service en fonction du nombre d’employés, du profil de la main-d’oeuvre, elle constate que certains d’entre eux sont particulièrement touchés par un grand nombre de départs et que les démarches de gestion de relève sont peu avancées. « Malgré le fait que le service des ressources humaines ait mis en place certains outils, peu de temps a été investi pour supporter les services dans leur démarche », peut-on lire dans le document d’une centaine de pages.

Une vingtaine de recommandations sont livrées dans le rapport, dont celle entre autres visant à demander au Service des ressources humaines d’évaluer les ressources pour supporter la mise en oeuvre du plan de gestion de la relève tout en se dotant d’indicateurs permettant de suivre la situation par service et d’en rendre compte.

Ouvrages d’art

Comme c’est le cas dans le reste de la province, Saguenay dispose sur son territoire de nombreux ouvrages d’art comme des ponts, viaducs, ponceaux et barrages, dont elle peut être propriétaire, gestionnaire ou dont la gestion est confiée au ministère des Transports.

Dans ce chapitre, Mme Jean constate que les ponts et passerelles, dont les travaux et réparations sont à la charge de la Ville, ne font pas l’objet d’inspections systématiques et programmées même si une tournée de ces ouvrages chaque printemps permet d’évaluer sommairement leur état, sans toutefois être documenté. « L’omission d’inspecter régulièrement certains ouvrages majeurs comporte un risque pour la sécurité du public et pour la conservation de l’ouvrage », y lit-on.

Lors de son audit, Mme Jean constate que la répartition des rôles et responsabilités de chacun des acteurs est complexe puisqu’elle implique quatre services différents. La responsabilité de chacun varie en fonction du type d’ouvrage, de sa localisation et de sa fonction. Selon son examen, il n’existe aucun document établissant de façon formelle ces responsabilités. « De ce fait, nous avons dû relancer à quelques reprises les différents services qui n’avaient pas tous la même définition de leur rôle », y lit-on.

La perte d’information, le mauvais suivi des dossiers, la dispersion de l’expertise et le manque d’uniformité dans les processus sont des conséquences d’un aussi grand nombre d’intervenants, selon elle. Il en résulte qu’avec des façons de faire qui divergent d’un service à l’autre, Saguenay se retrouve davantage dans une gestion des bris ou des urgences, un manque d’organisation peu souhaitable pour la gestion d’actifs très importants.

Parmi les 21 recommandations déposées, elle propose la mise en place d’un système de gestion commun établissant des règles de fonctionnement claires en termes d’inspection et de réalisation des travaux correctifs et préventifs.

Organismes subventionnés

Mme Jean s’est penchée sur la conformité des organismes recevant des subventions de plus de 100 000 $ à fournir des états financiers vérifiés comme l’exige la Loi sur les cités et villes.

Sur 18 organismes examinés, trois ne se sont pas conformés en fournissant des états financiers non vérifiés. Il s’agit de la Société Bélu, de l’équipe de hockey midget développement AAA (Élites) et du Festival Jazz et blues.