La venue de travailleurs étrangers, pas une mince affaire

La confirmation par le gouvernement fédéral de la possibilité pour les travailleurs étrangers temporaires de venir travailler au Canada, cet été, a été favorablement accueillie, à la mi-mars, par les acteurs du secteur agricole. Trois mois plus tard, la réalité est tout autre alors que les mesures et les restrictions visant à limiter la propagation de la COVID-19 compliquent la venue de cette main-d’oeuvre essentielle à ce domaine.

Les travailleurs font face à des démarches plus complexes qu’à l’habitude pour venir travailler quelques mois au pays alors que des entreprises ont, pour leur part, pris la décision de reporter l’arrivée de cette main-d’oeuvre étrangère.

La coopérative Nutrinor a fait le choix de repousser l’arrivée de travailleurs étrangers qui étaient, à la base, attendus il y a quelques semaines. Cette décision concerne huit Guatémaltèques qui devaient travailler à la Charcuterie Fortin et quatre autres à la Fromagerie Perron.

«Nutrinor a retardé l’arrivée prévue en mai des travailleurs étrangers temporaires face aux exigences de quarantaine liées au coronavirus. Nous évaluons les possibilités de semaine en semaine, car nos besoins sont toujours présents. Nous embauchons présentement au niveau de nos usines de transformation de viande ainsi qu’à la Fromagerie Perron, donc nous restons en évaluation constante de la situation», a mentionné au Quotidien la conseillère aux affaires corporatives et aux communications chez Nutrinor, Leyla Gilbert.

Un gestionnaire d’entreprise qui a l’habitude d’accueillir, chaque année, plusieurs dizaines d’employés étrangers se montre prudent face à la situation actuelle. L’homme d’affaires qui attend quelques dizaines de travailleurs migrants à compter de la mi-juillet a eu vent d’échos peu rassurants. Il confiait, la semaine dernière, que des retards se faisaient sentir au niveau de l’émission de visas au Mexique.

Selon les données fournies par la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME), 640 travailleurs étrangers temporaires, autant pour le secteur agricole que non agricole, sont attendus au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour l’ensemble de l’année en cours.

Un total de 7000 travailleurs étrangers temporaires sont débarqués au Québec pendant l’actuelle crise de la COVID-19, soit de la mi-mars à la mi-juin.

+
PAS DE NOUVEAUX TRAVAILLEURS MEXICAINS POUR L'INSTANT

Le maintien de la décision du gouvernement mexicain de ne plus permettre aux travailleurs saisonniers de venir travailler au Québec aura des conséquences pour des entreprises agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, lesquelles comptent sur cette main-d’oeuvre en pleine saison estivale. Parmi les 5000 travailleurs temporaires mexicains attendus au Canada, plusieurs doivent s’amener dans la région, mais ils sont retenus par Mexico jusqu’à nouvel ordre.

Le Mexique a fait part de cette décision, lundi, après que deux travailleurs saisonniers mexicains soient décédés, au cours des dernières semaines, des suites de la COVID-19. Le gouvernement désire obtenir plus de détails quant aux circonstances entourant la mort de ces personnes basées en Ontario ainsi que des mesures qui pourront être mises en place par le gouvernement fédéral avant de permettre aux travailleurs saisonniers mexicains de venir au Canada.

Contacté par le Quotidien, un des administrateurs de Bleuets sauvages du Québec, Jean-Eudes Senneville, confiait avoir été informé de la décision au cours des dernières heures.

L’entreprise a accueilli la semaine dernière 18 travailleurs mexicains qui travailleront dans les différentes bleuetières. D’autres travailleurs migrants qui devaient oeuvrer dans les usines étaient attendus un peu plus tard cet été, soit en juillet.

«On a été avertis ce matin. Ce sont des employés en provenance du Mexique et tout est arrêté de ce côté. On verra ce qui se passera dans les prochains jours», mentionnait M. Senneville.