Difficile de briser une tradition qui dure depuis 50 ans pour un groupe d’irréductibles qui ont mangé sous leurs parapluies.

La tourtière tombe à l’eau

C’est sous une pluie à boire debout que près d’un millier d’irréductibles se sont réunis pour le souper dans les rues, organisé dans le cadre de la 64e édition de la Traversée du lac Saint-Jean.

Alors que la pluie tombait abondamment sur les tables vides recouvertes d’une nappe bleue, la majorité des gens ont trouvé refuge à l’abri sous les portiques ou sous une des tentes aménagées pour le souper dans les rues. Assis à une table sous les parapluies, quelques irréductibles, comme Jean Arcand, ne veulent pas briser une tradition qui dure maintenant depuis un demi-siècle.

« On vient depuis près de 50 ans et on n’a pas raté beaucoup de soupers dans les rues, souligne Chantale, une résidante de Roberval. Cette année, c’est particulier, et c’est la première fois où l’on mange le repas avec un parapluie. »

Assise à la même table, Josée Veilleux admet qu’elle se souviendra longtemps de l’édition 2018. « On aime la Traversée et on est là pour l’événement », dit-elle.

Alors que l’on compte souvent une dizaine de milliers de participants, la pluie a ralenti plusieurs personnes, mercredi soir.

Pour se garder au sec, plusieurs groupes ont loué des tentes et des chapiteaux à la dernière minute en voyant les prévisions météorologiques, comme l’a fait Benoit Amyot, avocat et propriétaire du bureau Cain Lamarre, qui avait organisé un événement privé pour 170 personnes, avec un service de traiteur offert par le restaurant Le Draveur.

Au-delà de la traditionnelle tourtière omniprésente dans les rues de Roberval, Le Draveur avait concocté des mets originaux, comme un tartare de saumon au look de sundae, une salade d’orzo grecque, des hot-dog « pimpés » et des cupcakes à la vanille, souligne Marie-Ève Blackburn, une des propriétaires.

Selon Kim Privé, la présidente du conseil d’administration de la Traversée, une telle température n’entraîne pas une gestion beaucoup plus difficile, mis à part la gestion de parapluies supplémentaires. « Disons que ça change l’ambiance », lance-t-elle en riant, avant d’ajouter qu’elle n’a jamais vu autant de pluie lors d’un souper dans les rues.

Alors que l’on compte souvent une dizaine de milliers de participants, près de 1000 personnes occupaient les rues vers 18 heures, alors que la pluie battait son plein.

« Tous les agriculteurs et tous les gens qui travaillent dans le milieu forestier sont contents de voir que la pluie est enfin arrivée, a souligné Clifford Moar, le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, avec beaucoup de sagesse. Si on mange ce soir, c’est grâce à la terre et à la pluie… qui n’est juste pas arrivée au moment le plus opportun . »