La Fondation pour l’enfance et la jeunesse a reçu un peu plus de 500 cartes provenant des jeunes.
La Fondation pour l’enfance et la jeunesse a reçu un peu plus de 500 cartes provenant des jeunes.

La tournée du père Noël dans les centres jeunesse

« Père Noël, j’aimerais avoir une carte-cadeau de Place du Royaume pour m’acheter des vêtements, car je n’ai pas d’emploi et mes parents non plus. J’aimerais pouvoir m’acheter quelques morceaux sans rajouter un stress à ma famille et pour me sentir bien dans ma peau », signe Noémie, âgée de 16 ans.

« Je voudrais une robe blanche et brillante ou des souliers blancs à talons de grandeur 4 », demande Raphaëlle, âgée de 9 ans.

« Bonjour père Noël, j’aimerais des articles pour commencer mon trousseau de départ en appartement comme un grille-pain et de la vaisselle », écrit Benjamin, 16 ans. 

Ces demandes ne sont que quelques exemples des 500 lettres qu’a reçues le père Noël, cette année, écrites et postées par les enfants et les adolescents des centres jeunesse.

Chaque année, depuis 12 ans, le Centre jeunesse du Saguenay–Lac-Saint-Jean participe à l’Opération père Noël, lancée il y a 19 ans par la Lavalloise Thérèse Guillemette. L’Opération père Noël, à l’échelle provinciale, a permis d’offrir des cadeaux de Noël à 16 000 jeunes moins gâtés, au cours des deux dernières décennies. Seulement dans la région, un peu plus de 500 jeunes de 0 à 18 ans pourront déballer au moins un cadeau, cette année, payé par de généreux donateurs. C’est la Fondation pour l’enfance et la jeunesse qui chapeaute le tout depuis deux ans.

La Fondation pour l’enfance et la jeunesse a reçu un peu plus de 500 cartes provenant des jeunes.

À l’automne, les jeunes doivent faire leur demande. Ils s’appliquent à créer une belle lettre personnalisée. Certains découpent ce qu’ils ont vu dans les catalogues, d’autres font des dessins.

Si des suggestions sont demandées, certains débordent un petit peu de la consigne. Comme Xavier, âgé de 14 ans, qui s’est particulièrement appliqué pour que le père Noël ne l’oublie pas. S’il a envoyé huit suggestions pour lui, il a aussi pris soin de demander un cadeau pour son frère atteint de trisomie 21.

« Ça me fait beaucoup de peine de ne pas lui offrir de cadeau alors j’aimerais lui donner une bande dessinée ou un coussin de lecture. Bonne “ride” ! », écrit le jeune adolescent, souhaitant ainsi une bonne tournée de distribution au père Noël.

« Chaque année, les jeunes font des demandes qui sont souvent bien touchantes. Comme une jeune fille qui préfère que le père Noël offre un cadeau à son petit frère plutôt qu’à elle. Les enfants, même s’ils n’ont pas grand-chose à eux, sont généreux », explique la directrice générale de la fondation, Karine Brassard.

« D’autres exagèrent un peu, en demandant des ordinateurs ou des cellulaires. Ou un petit garçon de quatre ans qui veut un pick-up ! Mais généralement, les demandes sont loin d’être exagérées. On se rend compte à quel point ce ne sont pas tous les enfants qui ont des cadeaux à Noël », ajoute-t-elle. 

Les petits et les plus grands des centres jeunesse recevront leur cadeau à Noël.

Les enfants et les adolescents qui participent à l’opération résident soit dans un des deux centres jeunesse de la région, c’est-à-dire à Chicoutimi ou à Roberval, ou vivent dans leur famille, mais avec un encadrement de la Direction de la protection de la jeunesse. On ne parle pas ici des jeunes vivant en famille d’accueil.

« Nous avons aussi des jeunes à Chibougamau ou suivis dans les CLSC, de même que des jeunes hospitalisés en pédopsychiatrie. Ces jeunes passent Noël à l’hôpital et ne reçoivent pas toujours de cadeau. C’est la même chose pour ceux qui fêtent Noël dans les centres jeunesse », explique Karine Brassard.

Si la Fondation pour l’enfance et la jeunesse peut distribuer autant de présents, c’est grâce à de nombreux donateurs. « Nous n’avons pas de difficulté à trouver les sous. Il y a beaucoup d’entreprises partenaires, comme Canmec, par exemple, qui parraine 68 jeunes. Ils nous aident aussi à la distribution. Les gens veulent rendre les jeunes heureux, même s’ils ne les verront jamais et ne sauront pas qui ils sont », souligne Karine Brassard.

Chaque année, le père Noël reçoit des demandes de bébés de quelques mois à peine, puisque leurs parents n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour offrir des cadeaux.

« Se lever le matin de Noël et voir des cadeaux au pied du sapin n’est pas un droit. Trop de gens oublient encore que c’est un privilège, une chance inouïe que la vie nous donne. En lisant toutes ces lettres, on s’en rend compte », ajoute la directrice générale. 

Des jouets, des vêtements, des crayons, des cartes Pokémon, un bâton de hockey ; les petits de neuf ou dix ans demandent beaucoup de présents pour s’amuser.

Quant aux adolescents hébergés par les centres, ils se tournent déjà vers leur vie d’adulte, en demandant des articles ménagers ou des cartes-cadeaux de chez Canadian Tire, par exemple, pour s’acheter un micro-ondes ou une balayeuse. Dès 15 ou 16 ans, les ados sont prêts à prendre leur envol, mais ils ont tout de même besoin d’un petit coup de pouce du père Noël.

« Lorsqu’un jeune quitte le centre pour aller en appartement, il n’a souvent rien. Chaque année, les demandes de trousseaux sont nombreuses », souligne Mme Brassard.

Les présents sont distribués par les intervenants dans les milieux familiaux ou donnés directement aux jeunes qui résident dans les centres.

Des fêtes de Noël y sont organisées chaque année, puisque certains n’ont pas de familles chez qui réveillonner.

La fondation prend également soin que les cadeaux offerts soient de même valeur pour chacun des petits et des plus grands.