Des équipes sont à couper ce bois à maturité avant qu'une trop grande quantité ne soit affectée par la tordeuse. Selon les secteurs, il y a de très beaux arbres. Par contre, dans d'autres endroits, une sélection doit être faite et laisser les moins beaux sur place.

La tordeuse qui nuit... et qui aide

La tordeuse du bourgeon de l'épinette fait des ravages sur de grandes parcelles de forêt situées à une dizaine de kilomètres au nord de Saint-Edmond-les-Plaines, tout près du lac à Jim. Par contre, les contrats de récolte accordés dans ce secteur sont bénéfiques pour les corporations de développement.
Des centaines de milliers de sapins, mais aussi des épinettes blanches et noires, sont attaqués par cet insecte qui bouffe tout sur son passage. C'est en se rendant en forêt que l'on peut constater l'état de la dévastation.
Dans certains secteurs, les sapins peinent à tenir debout tant les ravages sont importants. L'insecte s'attaque à la tête pour manger les jeunes pousses pour ensuite descendre. «Quand, ils ont fait le tour des sapins, ils sautent sur les épinettes. Dans ce secteur c'est une très grosse infestation», mentionne Michael Bouchard, coordonnateur de l'Agence de gestion intégrée des ressources (AGIR).
Sur les sapins, on retrouve énormément de cocons vides. Ce qui signifie que le papillon est formé et qu'il est parti déposer des oeufs sur les jeunes aiguilles de la cime des arbres. Dès son éclosion, la chenille se fraye un chemin dans l'arbre pour y passer l'hiver. C'est au printemps qu'elle remonte vers le haut pour y faire son ravage.
Un contrat de PFR
La forêt que Le Progrès-Dimanche a visitée est située dans le secteur de la pointe à Crapeau. Elle est encore récupérable. C'est pour cette raison qu'AGIR et les corporations de développement de Saint-Edmond et Saint-Thomas-Didyme ont obtenu un contrat de Produits forestiers Résolu (PFR), qui a eu l'accord du ministère des Forêts, pour couper 900 hectares de forêt sur trois ans. Ce qui devrait représenter 90 000 m3 de bois.
Bien que plusieurs sapins soient dans un piteux état, il y a encore beaucoup d'arbres, dont des pins gris, qui sont en bonne santé. Par contre, il ne faut pas trop attendre avant que le nombre d'arbres morts prolifère et que le bois n'est plus de valeur commerciale. Cette forêt presque centenaire, qui a été bûchée partiellement il y a 50 ans, est très dense et a une très belle valeur.
Par contre, le responsable des opérations, Martin Simard, doit réaliser un inventaire très strict de la qualité des billes pour ne pas envoyer de bois trop dégradé à la scierie. "Ça ne semble pas trop pire jusqu'à maintenant. Il était temps d'agir», mentionne-t-il.
Payant pour les localités
«Pour nous, c'est très bon. C'est un contrat qui va nous générer des bénéfices pour des projets locaux», mentionne le maire de Saint-Edmond-les-Plaines, Rodrigue Cantin. En effet, les profits sont réinjectés dans la municipalité. C'est ainsi que la transformation du presbytère en auberge a pu se faire. Également, la corporation soutient le comité d'embellissement de la municipalité et bien d'autres projets à caractère social. "Ça dynamise nos milieux. À la municipalité, nous avons un budget très limité. Sans la corporation, il y a bien des projets qui n'auraient pas vu le jour», exprime le maire qui agit aussi à titre de président de la corporation de développement.
En plus d'être structurant pour la municipalité, ce contrat permet à des entreprises du coin de travailler. Ainsi, 15 personnes vont travailler pendant plusieurs semaines pour couper les arbres. Ils répéteront l'opération pendant deux autres années.
Un autre avantage pour les corporations, c'est que le bois se trouve à proximité des scieries, ce qui réduit les coûts de transports.