Le Service canadien des forêts surveille les dommages causés par la tordeuse depuis plusieurs années.

La tordeuse de bourgeon gagne du terrain

La tordeuse du bourgeon de l'épinette n'a pas fini de faire des ravages. Avec les changements climatiques, l'insecte gagne du terrain au nord. Une inquiétude pour les scientifiques.
Le Service canadien des forêts surveille les dommages causés par la tordeuse depuis plusieurs années. Comme l'insecte s'attaque désormais à l'épinette noire, les chercheurs analysent la situation et tente de voir comment vont réagir les forêts boréales nordiques. Aussi, ils veulent mesurer les conséquences sur l'industrie forestière.
«Les épinettes et principalement la noire sont moins vulnérables à la défoliation causée par la tordeuse. Elle prend plus de temps à mourir que le sapin. Par contre, à long terme, quelles seront les conséquences sur la régénération des forêts composées principalement d'épinettes noires? Ce sont les questions que l'on se pose», mentionne le chercheur en entomologie du Service canadien des forêts, Jacques Régnière. Impossible de mesurer pour l'instant les impacts directs sur la rentabilité commerciale de la forêt.
Celui qui surveille l'évolution de l'insecte depuis des décennies mentionne que l'infestation va se poursuivre au cours des prochaines années. «Nous ne devrions pas atteindre des superficies aussi grandes que dans les années 80, mais la progression pour les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et du Bas-Saint-Laurent devrait être de 25% par année. En 2014, j'estime que le nombre d'hectares infesté sera de quatre millions et au total, nous devrions atteindre de 10 à 12 millions», avance le chercheur. L'épidémie devrait durer encore dix ans.
Rien de rassurant pour l'industrie si des forêts à haut rendement sont attaquées. Jacques Régnière est catégorique, il n'y a rien à faire pour enrayer la tordeuse. Seuls l'arrosage et la coupe de forêt mature peuvent ralentir la progression. Par contre, des recherches récentes sont prometteuses. Des avions pulvérisent l'odeur de la femelle de la tordeuse dans les forêts infestées. Ce qui cause une confusion sexuelle chez le mâle qui ne trouve pas se reproduire. Ce qui permet de diminuer considérablement le taux de fécondité. «Les résultats préliminaires sont encourageants. Nous l'avons expérimenté au Nouveau-Brunswick et nous avons mesuré un ralentissement de l'épidémie. Il faut s'attaquer aux papillons, car ils volent sur de grandes distances pour pondre des oeufs dans les arbres,» mentionne le scientifique.
D'ailleurs, des papillons auraient traversé le fleuve Saint-Laurent de la Côte-Nord à la Gaspésie.
Cependant, cette nouvelle méthode pour combattre la tordeuse est inutile pour les forêts déjà infestées, il faut donc laisser les prédateurs faire leur travail et espérer la pulvérisation d'insecticide efficace.