Le Service canadien des forêts surveille les dommages causés par la tordeuse depuis plusieurs années.

La tordeuse continue de progresser

La tordeuse du bourgeon de l'épinette continue son ravage au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord. L'épidémie a augmenté de 35% dans la région pour atteindre 643 000 hectares. L'industrie forestière commence à s'inquiéter.
Les derniers survols aériens réalisés à la fin de l'été ont permis de constater la croissance de l'épidémie. Le nombre d'hectares au Québec touché par la tordeuse du bourgeon de l'épinette a augmenté d'un million, passant de 3,2 M à 4,2 M d'hectares.
La région de la Côte-Nord est la plus touchée avec 2,9 M d'hectares, suivi du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 643 000 hectares, et le Bas-Saint-Laurent, 316 000 hectares, lit-on dans un document préparé par la Direction de la protection des forêts du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Selon le directeur général de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM), Jean-Yves Arsenault, la progression va se poursuivre à un rythme d'environ un million d'hectares par année. En revanche, il serait surprenant qu'elle atteigne les 32 millions d'hectares de la dernière épidémie.
Malgré la relative efficacité de l'arrosage d'insecticide, la progression ne sera pas freinée.
«Nous pulvérisons sur environ 4 à 5% du territoire infesté. Nous ciblons les peuplements en croissance de 30 ans et plus qui auront une bonne valeur économique dans le futur. Malgré nos efforts, on ne peut pas l'enrayer», a indiqué Arsenault.
Même son de cloche du fédéral, lors d'un entretien avec le chercheur en entomologie du Service canadien des forêts, Jacques Régnière. Le scientifique prétendait que l'infestation pourrait atteindre de 10 à 12 M d'hectare et la progression devait être de 25% par année dans la région.
Ce qui inquiète encore davantage, c'est qu'avec le réchauffement climatique, la tordeuse commence à faire des ravages sur l'épinette noire et monte plus au nord que lors de la dernière épidémie. Les répercussions économiques pourraient être plus importantes, car cette essence est priorisée par les entreprises forestières.
Pour la région, les superficies arrosées augmenteront à 23 000 hectares en 2015 au nord de Dolbeau et à 6000 pour la région de Saguenay. Il existe trois gros foyers d'infestation dans la région. Ils se trouvent au nord de Normandin, de Dolbeau-Mistassini et de l'Ascension.