Le maire Deny Tremblay est à l'origine d'une demande introductive d'instance en action en déclaration d'inhabilité visant le conseiller Nicholas Tremblay.
Le maire Deny Tremblay est à l'origine d'une demande introductive d'instance en action en déclaration d'inhabilité visant le conseiller Nicholas Tremblay.

La tension atteint un niveau jamais vu à Saint-Ambroise

Le climat rempli de tension qui engourdit le conseil municipal de Saint-Ambroise, depuis un bon moment, a certainement atteint un sommet inégalé, lundi soir, alors que plusieurs échanges acrimonieux se sont déroulés entre les conseillers et les citoyens, notamment lors de la période de questions, qui a été plus que houleuse.

Plus de 80 Ambroisiens ont assisté à la séance extraordinaire du conseil municipal. La salle était remplie au maximum de sa capacité et certains citoyens ont dû se résigner à demeurer à l’extérieur de la salle.

Le ton de la soirée a rapidement été donné alors que le conseiller municipal Nicholas Tremblay, qui est visé par une procédure judiciaire initiée par le maire Deny Tremblay, a demandé l’ajout d’un élément relatif à ses droits de défense aux affaires nouvelles. La demande fut vivement refusée par le conseiller municipal Gabriel Brassard.

Le conseiller Nicholas Tremblay a été la cible de plusieurs questions et attaques lors de la séance extraordinaire du conseil municipal de Saint-Ambroise.

L’élu a, de nouveau, tenté de prendre la parole à la suite du bref ordre du jour. Cette fois, c’est le maire qui a refusé de donner la parole à celui qui désirait lire un court message.

Quelques citoyens se sont ensuite levés, réclamant la lecture dudit message. « J’ai pas accepté que ce soit lu parce qu’un moment donné, il y a des conflits d’intérêts. Ça doit être évité. Pour moi, c’est fini, la justice suit son cours », a répondu le représentant du conseil municipal aux citoyens.

À deux reprises, le maire Deny Tremblay a rappelé qu’il ne pouvait commenter davantage.

La séance extraordinaire du conseil municipal de Saint-Ambroise s’est déroulée en présence de plus de 80 citoyens.

« Là-dessus, je vous arrête. C’est un dossier qui est juridique. Je ne dirai pas un mot là-dessus. La justice suit son cours. C’est pour ça que je ne répondrai à rien », a-t-il expliqué à une citoyenne.

L’une des interventions du citoyen Yvon Brassard quant au fait que Nicholas Tremblay ait déclaré qu’une personne a menti au conseil municipal a été à l’origine d’une virulente prise de bec entre les deux hommes. « Arrêtez de me faire passer pour un imbécile. Vous me haïssez viscéralement et je vous haïs viscéralement », a répliqué, visiblement excédé, Nicholas Tremblay.

+

LE CONSEILLER TREMBLAY AU COEUR D'UNE TEMPÊTE

Le conseiller municipal de Saint-Ambroise Nicholas Tremblay pourrait être déclaré inhabile à exercer cette fonction pour une période de cinq ans. La location d’une pelle mécanique à un entrepreneur qui a réalisé des travaux de 1100 $ pour le compte de la municipalité est en cause. 

Le maire de la municipalité Deny Tremblay, défendu par Me Pierre Mazurette, est à l’origine de la demande introductive d’instance en action en déclaration d’inhabilité. 

Celui qui a obtenu le document des mains d’un huissier vendredi dernier ne s’en cache pas. Il a loué une pelle mécanique à l’Entreprise Rémy Ouellet. L’entrepreneur a, en juillet dernier, utilisé la machinerie pour réaliser des travaux d’excavation de 1109,51 $ au terrain de balle de la municipalité.

« Tel qu’il sera démontré lors de l’enquête, le défendeur savait que l’excavatrice qu’il louait à titre onéreux serait utilisée pour l’exécution d’un mandat confié par la municipalité de Saint-Ambroise », peut-on lire dans le document dont a obtenu copie Le Quotidien. 

Le conseiller du district 2 se défend d’une telle affirmation. « C’est la première fois que je faisais ça. J’ai loué la pelle à l’entrepreneur pour lui donner un coup de main. Dans le contrat, je n’ai pas stipulé à M. Ouellet que s’il avait un appel de la municipalité, d’appeler des fois qu’il y aurait apparence de conflit d’intérêts », a-t-il confié. 

C’est la directrice générale de la municipalité qui l’a informé de la situation. Il affirme avoir ensuite avisé les autres conseillers et les a assurés qu’il n’était pas, avant ce moment, au fait de la problématique. 

Il ajoute qu’il n’a pas tiré les ficelles afin d’obtenir quelconque somme. « Je n’ai pas pris le téléphone pour dire à M. Ouellet d’aller creuser et facturer la municipalité pour me faire de l’argent [...] Il n’y avait pas un contrat municipal super attrayant que j’ai vu et puis j’ai pris le téléphone pour dire à Rémi Ouellet : applique sur le contrat et prend ma pelle », image-t-il. 

Rester en poste

Le conseiller municipal reste fort réaliste quant à son implication en politique municipale. « Ça fait juste deux ans que je suis élu et ça risque de ne pas faire ben ben plus encore », affirme-t-il. 

Celui qui s’est lancé en politique afin d’offrir une représentativité du domaine agricole compte compléter son mandat par respect pour les citoyens.

Face au tumulte, il ne s’en cache pas, abdiquer serait une avenue facile. « C’est certain que ça serait plaisant de s’en aller. Ce serait facile. J’ai trois enfants et je peux vous faire l’énumération des affaires que j’ai à faire à la maison. Je n’ai pas besoin de ça pour occuper ma vie », conclut-il.