La multinationale avait convié pas moins de 200 personnes pour procéder à l'inauguration de l'Usine Arvida Centre technologique AP60. L'usine pilote construite au coût de 1,3 milliard $ qui doit servir à l'application industrielle de cette nouvelle technologie d'électrolyse développée dans les laboratoires de Saint-Jean-de-Maurienne par les scientifiques de Péchiney, opère maintenant à plein régime.

La technologie dépasse les attentes

Les grands concurrents de RTA doivent prendre note que la nouvelle technologie AP60 fonctionne très bien. La chef de la direction de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, ajoute qu'elle dépasse largement les attentes et qu'en ce moment, personne ne peut prédire les performances qu'elle atteindra au terme de son développement.
La multinationale avait convié pas moins de 200 personnes pour procéder à l'inauguration de l'Usine Arvida Centre technologique AP60. L'usine pilote construite au coût de 1,3 milliard $ qui doit servir à l'application industrielle de cette nouvelle technologie d'électrolyse développée dans les laboratoires de Saint-Jean-de-Maurienne par les scientifiques de Péchiney, opère maintenant à plein régime.
Cette inauguration particulièrement bien orchestrée devait servir à souligner l'étroite collaboration entre les différentes équipes qui ont collaboré à partir de la France, des Pays-Bas et du Québec, pour passer de l'étape du laboratoire à celle de la production. L'occasion était trop belle pour la chef de la direction pour confirmer à l'industrie mondiale de l'aluminium que Rio Tinto Alcan détenait maintenant une longueur d'avance dans la technologie de l'électrolyse.
« Avec les autres technologies, on pouvait toujours faire des gains en procédant à une augmentation d'ampérage et d'autres améliorations. La grande différence avec la technologie AP60 est la stabilité de la cuve, comparativement aux autres technologies. On sait que l'on pourra pousser encore plus. Pour le moment, on travaille à bien contrôler tous les systèmes », a insisté Jacynthe Côté au cours d'un bref entretien avec Le Quotidien.
En point de presse, elle a simplifié les explications de ce qui est le secret industriel le mieux gardé de l'industrie de l'aluminium: « Normalement, une cuve a un levier par lequel on peut augmenter sa production. La technologie AP60 possède ce même levier et en a un deuxième qui permet de bonifier cette augmentation. » Il était facile de déceler dans l'expression de la patronne de RTA que ce pari technologique très risqué était maintenant remporté. Elle a même utilisé le terme « bond technologique » pour illustrer le travail accompli par les chercheurs.
Journée historique
Le complexe Jonquière n'était donc pas le théâtre d'une simple inauguration d'usine. La journée d'hier passera à l'histoire comme étant un tournant pour ce secteur d'activité avec l'application industrielle d'une nouvelle plate-forme. Jacynthe Côté a d'une certaine façon confirmé de façon officielle les commentaires recueillis au cours des dernières semaines auprès de travailleurs affectés aux opérations de démarrage, à l'effet que la mise en service et l'exploitation des 38 cuves se déroulaient rondement et que les résultats dépassaient déjà les espérances.
Le second élément sur lequel Jacynthe Côté a mis l'accent au cours de l'entretien avec Le Quotidien est le contexte mondial dans lequel cet investissement de 1,3 G$ a été réalisé, en plus d'un investissement de 25 M$ dans le 13e groupe turbine-alternateur de la centrale de Shipshaw. Le projet, annoncé en 2006, s'est concrétisé six ans plus tard.
« La seule raison qui explique que nous ayons été en mesure d'être le seul producteur d'aluminium à réaliser ces investissements pendant cette période est que nous sommes autoproducteurs d'électricité », a répété à quelques reprises la chef de la direction.
Le fait que la technologie AP60 permet d'augmenter la production des cuves de 46 % et de diminuer la consommation d'énergie pour la même quantité d'aluminium par rapport aux technologies de génération précédente, ne signifie pas pour autant le début prochain des travaux des phases II et III: « Nous sommes un producteur majeur d'aluminium. Nous sommes aussi un producteur responsable et on ne se tirera pas dans le pied en ajoutant sur le marché des surplus à ceux qui existent déjà », a insisté Jacynthe Côté, en faisant référence au stock mondial de l'aluminium disponible qui représente trois mois de livraison. Une situation qui hypothèque les prix puisque le métal gris se transige en ce moment à 1700 $ US la tonne.
La baisse du dollar canadien à elle seule n'est pas suffisante pour lancer les travaux des deux dernières phases. Cette baisse va aider les opérations canadiennes de Rio Tinto Alcan, mais doit aussi être accompagnée d'une réduction des inventaires. Les cuves AP60 produisent 4,3 tonnes d'aluminium par jour en ce moment. On parle ici d'un rendement conservateur.