L’Usine Dubuc était spécialisée dans la production d’alliages d’aluminium pour des marchés spécialisés (aviation, nucléaire).

La SVA planche sur un incubateur accélérateur

La Société de la Vallée de l’aluminium (SVA) travaille à la création d’un « incubateur accélérateur » pour aider des entreprises existantes ou créer de nouvelles entreprises. L’Usine Dubuc, dont la fermeture indéterminée a été annoncée, pourrait très bien accueillir cette initiative.

La directrice générale de la SVA, Malika Cherry, a confirmé au Quotidien mardi que ce projet était dans les cartons avant l’annonce de la fermeture indéterminée de l’usine. Elle est toutefois prudente en ce qui concerne l’avenir de cette usine et rappelle que Rio Tinto est le propriétaire des équipements et peut faire ses propres choix.

« C’est certain qu’il s’agit d’une usine qui était un joyau dans l’industrie en raison des produits spécialisés. Le travail que nous menons pour réaliser le projet d’incubateur accélérateur n’avait pas de lien avec l’Usine Dubuc, mais pourrait très bien être réalisé sur ce site », insiste la directrice générale de la SVA.

L’Usine Dubuc était spécialisée dans la production d’alliages d’aluminium pour des marchés spécialisés (aviation, nucléaire). Il s’agissait d’une usine unique au monde et dont Rio Tinto a transféré à Constellium les droits de production de l’aluminium-lithium, un produit destiné à la fabrication d’avions.

Malika Cherry n’entre pas dans ces détails et se concentre sur la réalisation de « l’incubateur-accélérateur ». Elle indique que les équipements de production disponibles dans l’Usine Dubuc comprennent des appareils pour la coulée de métal. Il s’agit d’équipements qui pourraient très rapidement aider des entreprises de la région qui ont des projets. Elle note au passage que des entreprises ont déjà fait connaître leur intérêt pour l’Usine Dubuc.

Il n’y a en ce moment aucune démarche officielle entreprise par la SVA pour supporter l’idée lancée par le conseiller municipal Jean-Marc Crevier de récupérer l’Usine Dubuc pour conserver l’expertise des opérateurs et supporter de nouveaux projets. Malika Cherry rappelle que l’annonce de la multinationale fait état d’une fermeture indéterminée et non définitive.

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier est revenu à la charge, mardi, en se disant consterné du silence qui entoure l’annonce de la multinationale. Jean-Marc Crevier tente de mobiliser les différents intervenants et est convaincu que Rio Tinto n’a aucun projet d’avenir pour Dubuc, du moins depuis que la production d’aluminium-lithium a été transférée en France.

Selon d’autres informations recueillies par Le Quotidien, une proposition sérieuse a été présentée à Rio Tinto il y a plus ou moins deux ans. La proposition visait à utiliser les équipements et l’Usine Dubuc pour aider les entreprises de la région qui souhaitent développer des alliages et autres produits à base d’aluminium. Il s’agissait d’un projet semblable à celui supporté par la Vallée de l’aluminium.

Les personnes bien informées consultées par Le Quotidien ont confirmé que Rio Tinto a fait savoir au gouvernement du Québec qu’elle n’avait pas d’intérêt pour un tel projet et qu’il y avait autre chose pour Dubuc. Depuis, l’usine ne cesse de péricliter et aucun nouveau produit n’a été développé.

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RIO TINTO FERME LA PORTE

La porte-parole de Rio Tinto, Véronick Lalancette, a fermé la porte à toute vente de l’Usine Dubuc pour des projets réalisés par d’autres promoteurs. « La production de métal à valeur ajoutée fait partie de la stratégie de Rio Tinto », a rappelé Mme Lalancette. Il n’est donc pas question pour l’entreprise de se départir de l’usine.

Au contraire, a poursuivi la porte-parole, l’entreprise travaille pour trouver des solutions qui permettraient de rentabiliser les opérations de l’Usine Dubuc. 

Quant à une proposition émanant d’organismes ou du gouvernement pour l’usine il y a environ deux ans, Rio Tinto n’écarte pas complètement cette hypothèse, mais assure ne pas avoir retracé de discussions ou de documents de cette nature.