Marc Pettersen a défendu le budget de la Société de transport du Saguenay.

La STS déchire le conseil

« On nous a tous pris pour des imbéciles. Si c’est ça, la Commission des finances, je suis bien content de ne pas être dedans. »

Le conseiller municipal Michel Tremblay et ses collègues Marc Pettersen et Jean-Marc Crevier n’ont pas apprécié être rabroués sur la place publique par leur collègue Michel Potvin quant à la situation de la Société de transport du Saguenay (STS). Rappelons que le 23 novembre dernier, le conseiller Potvin a qualifié de « questionnable » la situation de la STS dans les pages du Progrès. Selon lui, des questions avaient été posées lors d’une rencontre tenue le 18 novembre, entre la STS et la Commission des finances, sans aucune réponse. Cette sortie provenait de la demande de 600 000 $ pour combler le budget de la STS, à laquelle s’ajoutait un montant de 125 000 $, toujours selon M. Potvin.

« On pose des questions et on a juste des “Je sais pas”. Quand on pose des questions, on ne demande pas des miracles, on demande des réponses », a réitéré M. Potvin, qui a voté contre le plan quinquennal des immobilisations 2020-2024 et le budget 2020 de la STS, tout comme cinq autres conseillers, soit Julie Dufour, Kevin Armstrong, Michel Thiffault, Marc Bouchard et Éric Simard. Les huit conseillers Marc Pettersen, Michel Tremblay, Brigitte Bergeron, Raynald Simard, Martin Harvey, Jean-Marc Crevier, Carl Dufour et Simon-Olivier Côté ont quant à eux voté en faveur du plan et du budget. Donc, huit conseillers pour et six contre.

Les conseillers ont voté à huit contre six en faveur du budget de la STS.

Plus concrètement, le budget présenté pour l’année 2020 est de l’ordre de 27 433 100 $, avec une quote-part de 12 481 100 $ de la Ville de Saguenay, soit une augmentation 739 000 $, représentant 6,3 %.

Marc Pettersen nie que la STS a demandé 125 000 $ de plus pour boucler le budget. « Ce n’est pas vrai. C’est une prévision de dépassement de coûts qu’on va avoir en 2020. Et le 600 000 $ qu’on a demandé comme quote-part, l’année prochaine, il va être encore là. On va encore avoir des problèmes avec les pièces d’autobus, la convention collective va être encore là, le transport adapté augmente », a énuméré Marc Pettersen en marge du conseil, lors d’un entretien avec Le Quotidien avant la séance, ajoutant que « pendant 20 ans, la quote-part n’a jamais été augmentée. Le maire [Jean Tremblay] ne voulait rien savoir. C’est pour ça que notre service de transport en commun est en mauvais état. On n’a pas suivi le tempo. Il disait que c’était le citoyen qui paie. C’est le citoyen qui prend le transport en commun aussi. »

Le président de la STS n’a pas du tout apprécié être accusé pour la deuxième fois en quelques mois par son collègue de la table du conseil.

Michel Potvin a réitéré ne pas avoir eu les réponses attendues lors de la rencontre entre la STS et la Commission des finances.

« La première fois qu’il a planté la STS, on était en plein référendum avec le Cégep de Chicoutimi et on a perdu des revenus de 200 000 $ par année. La première fois, je l’ai laissé passer, mais là, me refaire planter encore une fois pour la STS, je ne le prends pas », a ajouté M. Pettersen, accusant Michel Potvin de ne pas avoir respecté la règle d’éthique qui existe entre les collègues.

La conseillère de Shipshaw et présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, a quant à elle questionné le fait que la Ville doive assumer 100 % des dépassements de coûts de la STS, ce qui est pourtant une loi du gouvernement provincial.

Chiffres

Le conseiller Jean-Marc Crevier, qui siège à la table de la STS, comme Marc Pettersen, Michel Tremblay, Martin Harvey et Brigitte Bergeron, a quant à lui présenté de nombreux chiffres pour appuyer le budget déposé, soit les statistiques du transport en commun de Lévis et de Sherbrooke, des villes où le budget est sensiblement le même.

« Quand on regarde ailleurs, c’est pareil. Le chiffre qui frappe le plus, c’est le suivant. À Lévis, il y a 498 km, à Sherbrooke, 366 km, et à Saguenay, 1290 km à couvrir. C’est quatre à cinq fois plus », a mentionné M. Crevier.

Il a ajouté qu’entre 2016 et 2020, les coûts par citoyen sont passés de 76 $ à 85 $ à Saguenay, de 89 $ à 96 $ à Sherbrooke, et de 69 $ à 86 $ à Lévis.

« On ne peut pas faire de miracles. Oui, il y a des choses à améliorer, mais de quelle façon ? Si on voulait faire comme le privé, on n’offrirait le service qu’à Chicoutimi. C’est juste là que c’est rentable. C’est plus concentré et les gens embarquent », a précisé M. Crevier.

Transport adapté

En ce qui concerne le transport adapté, il en coûte 3 $ à l’utilisateur et 15 $ à la STS, a chiffré M. Crevier. « On ne peut pas dire qu’on va se comporter comme dans le privé. Sinon, il faudrait charger 16 $ par personne pour faire un profit », a-t-il expliqué.

Quant aux gens qui disent que les autobus sont vides, M. Pettersen leur répond ceci : « C’est normal à 10 h du matin ! C’est la même chose dans les restos. Mais ils sont pleins le matin, le midi et le soir. À 10 h, les gens sont au travail ! »