D’ici 2022, le ministre Pierre Dufour sera à l’écoute sur le caribou.

La stratégie caribou mise en place pour 2023

Le gouvernement du Québec devrait déposer en 2022 sa stratégie de rétablissement de l’habitat du caribou forestier et montagnard en vue de sa mise en place en 2023 au moment où le Forestier en chef du Québec déposera les nouveaux calculs de possibilité forestière dans le cadre du renouvellement des garanties d’approvisionnement des usines.

C’est ce qui ressort des questions soumises par Le Quotidien au cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, dans le cadre du suivi de la tournée caribou. Lors de son passage dans la région, le ministre Dufour a constaté que les entreprises et les dirigeants élus des communautés forestières avaient de sérieuses réserves face au gouvernement du Québec et à la stratégie caribou.

Les industriels forestiers ont dans un premier temps annoncé qu’ils devaient déjà intégrer dans leurs opérations forestières des mesures transitoires qui constituaient un sérieux problème à court et moyen termes. « Des ajustements ont été apportés à la planification pour s’assurer d’atténuer les impacts à la satisfaction des industriels concernés pour la saison 2019-2020, et ce, tout en respectant les communautés et la majorité des acteurs impliqués dans le dossier. Tous les efforts sont déployés pour afin de minimiser les impacts jusqu’à la mise en oeuvre de la stratégie caribou en 2023 », précise le long courriel transmis au Quotidien.

Le plan de rétablissement de l’habitat du caribou forestier, qui devait être mis en place pour couvrir les années 2013 à 2023, risque de subir de nouvelles modifications d’ici son adoption par le gouvernement du Québec. Les réponses du cabinet du ministre Dufour confirment une ouverture pour la contre-expertise de la part des différents acteurs concernés par cette problématique.

Les ajustements dont fait état le cabinet du ministre seront dans les faits temporaires. Ils seront levés lors de la mise en place de la stratégie par des modalités permanentes.

« D’ici 2022, la mission du ministre et de son cabinet sera d’être à l’écoute de tous les intervenants concernés, notamment l’industrie forestière, le secteur récréotouristique, les scientifiques, les spécialistes et tous les autres acteurs impliqués dans ce dossier auxquels s’ajoutent les différentes communautés. Tous pourront formuler des recommandations, mais aussi, et surtout, procéder à des contre-expertises qui vont permettre de couvrir toutes les sphères entourant l’impact sur le caribou et les pistes de solutions devant être proposées, ces dernières devant aussi tenir compte de facteurs externes à ceux liés à l’habitat comme tel », indique le cabinet du ministre.

Le ministère doit publier d’ici peu des cartes faisant état des aires d’application de la stratégie caribou. Ces cartes seront toutefois temporaires et constituent des documents de travail. Selon les informations du cabinet, il s’agit de cartes faisant l’objet de l’ensemble de la réflexion.

« Tous ces territoires sont en réflexion et, comme nous en faisions état plus haut, s’inscrivent dans notre stratégie globale où nous allons explorer toutes les pistes, car au risque de nous répéter, on veut s’assurer de bien comprendre l’animal et son habitat avant de présenter notre stratégie en 2022. »

D’autre part, l’organisme Alliance boréale, qui regroupe les élus des communautés forestières, devrait obtenir des réponses du bureau de la sous-ministre sur un ensemble de sujets soumis lors de la consultation. L’une des principales demandes était la mise en place d’un moratoire sur les mesures transitoires imposées par l’appareil administratif dans la planification des opérations forestières.