Le directeur général de la SNAP, Alain Branchaud

La SNAP propose deux aires protégées

La Société pour la nature et les parcs (SNAP) donne son appui à la mise en place d’une aire protégée sur le territoire du réservoir Pipmuacan ainsi qu’au nord du réservoir Manouane, pour aider le Québec à atteindre la protection de 17 % de son territoire en 2020, en fonction des engagements internationaux du gouvernement canadien.

Il s’agit d’éléments contenus dans le rapport annuel de l’organisme qui travaille à la création de parcs ou autres territoires permettant de protéger la nature. Les positions spécifiques pour les deux aires protégées supportées par la SNAP visent la protection de territoires qui ont une importance culturelle pour la nation de Pessamit et un intérêt pour la protection de l’aire de répartition du caribou forestier.

Une première zone est proposée par la SNAP au nord du réservoir Manouane. Il s’agit d’un territoire de 2000 kilomètres carrés.

Le directeur général de l’organisme, Alain Branchaud, croit qu’il serait opportun pour le gouvernement de réaliser une étude socioéconomique afin de déterminer s’il ne serait pas bénéfique d’abandonner les opérations forestières pour ce secteur. Il est situé à proximité de l’aire protégée des Montagnes Blanches.

Lors de l’annonce de la création de cette aire protégée, la SNAP avait mentionné l’intérêt d’intégrer ce territoire. Il s’agit du principe de connectivité entre les zones de protection de l’habitat du caribou forestier.

La seconde aire protégée est située à l’est et au nord du grand réservoir Pipmuacan. Elle émane des Innus de Pessamit, mais n’est toujours pas délimitée. Le Quotidien a tenté d’obtenir des cartes afin de connaître la superficie de l’aire protégée, qui s’ajouterait à la Réserve de biodiversité des îles de l’est du réservoir Pipmuacan.

« Partout à travers le Québec, on voit émerger des initiatives de conservation autochtones inspirantes comme celle de Pessamit pour le secteur du Pipmuacan. Le gouvernement du Québec a tout intérêt à supporter et à collaborer à la mise en place d’aires protégées autochtones et de programmes de gardiens du territoire en vue d’atteindre les cibles de 2020 », affirme Alice de Swarte, coordonnatrice en conservation et analyse politique à la SNAP Québec, dans le communiqué émis avec le rapport annuel.

Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs n’a pas attendu la création de cette aire protégée. Dans les cartes transmises aux entreprises forestières, il confirme la fin de la récolte au nord du Pipmuacan. Cette décision du ministère a été prise sans étude d’impact sur les emplois.

La région avait rejeté la création de cette aire protégée à l’époque de la CRÉ. Les études économiques n’ont pas été réalisées, mais la fin des opérations forestières dans cette zone aurait eu un impact sur la possibilité forestière des unités d’aménagement.

Alain Branchaud rappelle que dans le dernier budget du gouvernement fédéral, une enveloppe de 1,3 G $ a été annoncée pour des investissements dans la protection. La SNAP considère qu’il est primordial de se diriger vers les objectifs de protection de l’ordre de 17 % pour 2020.

Selon Alain Branchaud, le Québec est en ce moment au 8e rang au Canada pour les superficies protégées avec 10,2 % du territoire à l’abri des développements industriels. Il serait toutefois possible selon la SNAP de renverser la vapeur pour l’échéance de 2020.

« Le Québec pourrait se hisser dans le peloton de tête avec 18,8 % à l’échéancier de 2020 s’il donne suite aux 130 000 km2 en projets d’aires protégées qui sont sur la table. »

La SNAP compte sur le Québec pour permettre au Canada de respecter les engagements internationaux. Selon l’organisme, c’est au Québec que le potentiel d’aire protégée est le plus élevé au Canada et sans l’effort du Québec, le Canada pourra difficilement respecter ses engagements.