La situation se détériore à l’UQAC entre la direction et les professeurs

La lune de miel entre l’administration de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et le Syndicat des professeures et professeurs est définitivement terminée. Les membres dénoncent la décision de l’administration de bloquer systématiquement les courriels transmis aux médias et qui dénoncent les façons de faire de l’équipe de la rectrice Nicole Bouchard.

« Nous devons constater malheureusement que le climat de travail se détériore graduellement à l’UQAC depuis la venue de la nouvelle administration. Des signes avant-coureurs se profilaient dès l’hiver 2019 lorsque la rectrice annonçait des changements organisationnels qui ont été vivement dénoncés par les professeurs et le syndicat », a expliqué le syndicat au lendemain d’une assemblée générale où les membres ont mandaté leur exécutif de faire connaître cette insatisfaction.

Le syndicat explique que la direction de l’UQAC a finalement bloqué sur ses serveurs l’envoi des courriels qui dénonçaient cette situation. « Étrange comportement lorsqu’on se targue d’être transparent et à l’écoute de son milieu », poursuit le communiqué.

Le syndicat dénonce par la même occasion les décisions de l’administration qui a procédé à l’embauche de plusieurs cadres au cours des derniers mois. Ces embauches surviennent alors que l’UQAC compose avec une augmentation de ses budgets de fonctionnement par le gouvernement du Québec pour les cinq prochaines années. Le syndicat questionne la pertinence de procéder à ces embauches alors que le gouvernement augmente les budgets.

« Récemment, des professeurs ont alerté la communauté régionale face à des pratiques de gestion qui mettent en péril la qualité des programmes d’enseignement (grands groupes), par le biais d’une lettre publiée dans l’édition du 3 septembre du Quotidien. Pendant ce temps, la rectrice de l’UQAC tient un discours plutôt optimiste qui laisse croire à des jours heureux et à un ciel sans nuage », dénonce le communiqué.

À ces récriminations, le syndicat attire l’attention sur la décision de l’UQAC de modifier unilatéralement les paramètres de gestion des activités académiques. Selon le syndicat et son président, Gilles Imbeau, cette décision met fin à des années de collaboration entre les départements et les directions de programme.

Pour le syndicat, la direction de l’université va à l’encontre de la convention collective en modifiant de cette façon tout le processus de la gestion des activités d’enseignements. Les professeurs constatent qu’il s’agit d’une décision unilatérale, basée uniquement sur la rationalisation des groupes.

Le syndicat estime que les façons de faire déployées par la direction de l’université ne permettent pas de créer un climat favorable alors que les négociations de la convention collective sont sur le point de commencer. Le président s’interroge sur les ressources disponibles dans le coffre de l’établissement pour améliorer la qualité de l’enseignement après « le dédale d’embauches » de nouveaux cadres.

Différent du passé

La porte-parole de l’UQAC, Marie-Karlynn Laflamme, assure que ce nouveau bras de fer entre le syndicat et la haute direction n’a rien de comparable aux campagnes menées par le passé contre l’ex-recteur Martin Gauthier et son administration. Elle estime que cette sortie du syndicat s’inscrit dans le contexte des négociations.

En réponse au blocage des courriels, la porte-parole réitère la position de la rectrice qui avait réclamé que les gens qui se plaignent publiquement de l’université le fassent à visage découvert. C’est ce qui explique que les courriels ont été bloqués par les services informatiques de l’UQAC.

L’université a d’autre part prévu un système d’appel pour arbitrer les situations conflictuelles dans la gestion des activités d’encadrement. La direction de l’UQAC rejette les accusations d’agir unilatéralement dans ce processus au cœur de la fonction de l’UQAC.

Quant à l’embauche des cadres, Mme Laflamme assure que toute cette opération a été réalisée à coût nul. Certains cadres ont changé de fonction alors que d’autres ont eu des modifications de tâche. Ces embauches n’auront pas d’effet sur le budget de fonctionnement de l’UQAC, mentionne-t-elle.