La signature des registres religieux abolie

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Depuis le 1er janvier, l’Église catholique du Québec met fin à une vieille coutume bien ancrée parmi les pratiquants en abolissant la lecture des actes ainsi que la signature des parents, parrains et marraines, époux et témoins lors des célébrations de baptême, mariage, funérailles et sépulture.

En entrevue, la chancelière du diocèse de Chicoutimi, Isabelle Dallaire, explique que ces changements visent à simplifier la gestion et la tenue des registres diocésains.

Elle ajoute que traditionnellement, les registres étaient reliés à la présence d’une seule église, une paroisse ou une fabrique. Avec la baisse de la pratique religieuse, plusieurs paroisses ont fusionné et des églises ont fermé, de sorte que les responsables des paroisses devaient transporter les registres d’une cérémonie à l’autre.

Un autre aspect du dossier a trait au lien de filiation qui a évolué, selon Mme Dallaire, puisque des enfants voient l’inscription de deux papas et deux mamans aux actes par convenance. « Selon le droit canon romain, il est spécifié que seul le curé signe les registres. Il n’est pas indiqué que toutes les personnes doivent signer les registres », précise Mme Dallaire, qui ajoute que la signature des registres par des témoins est une pratique spécifique au Québec qui n’existe pas dans les paroisses anglophones.

Avant 1994, les paroisses du Québec géraient également les registres de l’état civil en plus des registres religieux, une pratique qui a cessé avec la réforme décidée à l’époque.

Les pratiquants qui désirent recevoir un certificat d’un acte religieux peuvent toujours s’adresser à la paroisse où la célébration a eu lieu.

Depuis la fin de la signature des registres le 1er janvier, quelques commentaires ont été émis lors des funérailles, selon Mme Dallaire. Certaines personnes endeuillées ont mentionné que la signature des registres pouvait symboliquement représenter une façon de tourner la page. Elle a mentionné que les chanceliers des différents diocèses pourraient tenter de trouver une alternative advenant que les commentaires soient plus nombreux.

La signature des registres de mariage, entre autres, a longtemps constitué une source d’informations précieuses pour les historiens et étudiants en histoire depuis la fondation de la colonie française puisqu’elle permettait d’apprécier l’importance sociale des personnes impliquées, y trouvant souvent la signature de tous les participants aux cérémonies.