La Scierie Girard passe du propane à l’électricité

« J’ai jamais été aussi fier de payer mon compte d’électricité. C’est fini, d’envoyer 2 M $ par année aux compagnies de pétrole de l’Ouest. Quand on paye notre facture, c’est à nous que nous payons des services dans les hôpitaux et les écoles. »

Le copropriétaire de la Scierie Girard de Shipshaw, Benoît Girard, a résumé à sa façon le projet d’électrification des six séchoirs géants au propane de l’entreprise. « Nous allons enverdir notre bois », a ajouté le responsable de l’usine de transformation au moment d’expliquer l’investissement de l’ordre de 3,1 M $ qui permettra à la Scierie Girard de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 5000 tonnes par année, ce qui équivaut aux émissions de 1500 voitures.

Éric Girard, député de Lac-Saint-Jean, André Laforest, députée de Chicoutimi et ministre des Affaires municipales, Benoît Girard, copropriétaire de la Scierie Girard, Jonathan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jean-Pierre Girard, copropriétaire de la Scierie Girard, et le député de Dubuc, François Tremblay, ont procédé à l’annonce de l’électrification des séchoirs à bois.

L’entreprise familiale a bénéficié du programme ÉcoPerformance du gouvernement du Québec dans ce projet de transformation. Québec a ainsi alloué une aide financière de 2 M $ pour la construction des systèmes de séchage. Le projet est un peu plus complexe que l’installation de cellules de chauffage alimentées à l’électricité dans les séchoirs.

C’est la première fois qu’un système de cette taille est installé dans une usine, selon Benoît Girard. Le système a été conçu en collaboration avec IDÉA contrôle de La Baie et le fabricant français de séchoirs industriels Cathild. La firme baieriveraine a ainsi été associée à la conception de ce premier système qui fonctionne depuis trois mois sans problème.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien a souligné devant les médias vendredi l’importance de ce projet qui permet d’éliminer des gaz à effets de serre à un coût particulièrement bas. Il est rare, selon le ministre, que l’on réussisse à éliminer des gaz à effets de serre pour 23 $ la tonne sur une période de 20 ans.

La ministre Andrée Laforest a de son côté salué la réussite d’une entreprise familiale qui compte pas moins de 250 emplois. Selon la ministre, ce sont ces entreprises que le gouvernement caquiste souhaite supporter.

« Le projet de la Scierie Girard est précurseur dans le secteur de l’industrie forestière. En effet, peu de scieries au Québec peuvent se vanter de posséder des installations entièrement électriques pour le séchage de leur bois », a déclaré la ministre qui a effectué la visite des installations.

En plus de l’aide gouvernementale, l’entreprise a obtenu une seconde subvention de 300 000 $ du programme de Démonstration technologique et commerciale.

Hydro-Québec a de son côté accordé à l’entreprise le tarif de relance industrielle mis en place par le gouvernement caquiste. Ce programme permet aux entreprises de bénéficier d’un prix réduit pour l’électricité, et ce, tant et aussi longtemps qu’Hydro-Québec aura des surplus d’énergie.

« Nous utilisons un mégawatt d’électricité pour l’usine. Hydro-Québec doit chaque année déverser de l’eau. En ce moment, ça nous coûte 10 $ du 1000 pmp pour le séchage. Lorsque le programme sera aboli, on va devoir s’approvisionner avec le tarif L. Le prix du séchage va passer à 15 $ le 1000 PMP, mais ça ne nous dérange pas. C’est un choix que nous faisons », ajoute le directeur des opérations industrielles.

Benoît Girard mise surtout sur la stabilité des prix de l’électricité au Québec. En ce moment, il bénéficie d’un tarif spécial, mais doit tout de même collaborer avec Hydro-Québec. Le système de séchage doit être arrêté quand Hydro-Québec fait face à des pointes, comme c’est le cas aujourd’hui.

« Ce ne sont pas des contraintes majeures. Avec le propane, il y a souvent des fluctuations dans les prix. Le prix de l’électricité est toujours stable. On a beaucoup de prévisibilité. Nous réalisons des économies à partir du moment où le propane se vend à 40 cents le litre », poursuit Benoît Girard.

La conférence de presse organisée vendredi à la Scierie Girard marquait en même temps la fin d’un programme d’investissement de l’ordre de 12,5 M $ débuté en 2016. Le coeur de ce programme a été la construction d’une nouvelle ligne de sciage avec la technologie finlandaise HewSaw, qui a permis à l’entreprise de rendre beaucoup plus efficiente l’utilisation du bois en diminuant la production de copeaux.