Des élus de Saguenay avaient hâte de rencontrer la Santé publique pour faire part de leurs questions et même de propositions pour réduire la pression sur le système de santé. Une rencontre qui n’a finalement pas donné des résultats escomptés, selon certains élus.
Des élus de Saguenay avaient hâte de rencontrer la Santé publique pour faire part de leurs questions et même de propositions pour réduire la pression sur le système de santé. Une rencontre qui n’a finalement pas donné des résultats escomptés, selon certains élus.

La Santé publique a laissé les élus de Saguenay sur leur faim

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
La rencontre entre les élus de Saguenay et la direction de la Santé publique, tenue vendredi dernier à la demande de Josée Néron, a laissé des élus sur leur faim. Ce n’est pas le Dr Donald Aubin qui s’est entretenu avec les échevins, mais le Dr Jean-François Betala Belinga, médecin-conseil au sein de l’organisation. Ce dernier a tenté de répondre aux questions de tous les élus, mais en vain.

Québec tient les rênes unilatéralement et la direction régionale suit les consignes, ont retenu des élus.

Rappelons que le ministre de la Santé, Christian Dubé, et sa collègue Andrée Laforest étaient de passage récemment pour inviter la région à se prendre en main afin de réduire le nombre de cas de COVID-19. Un appel que les élus ont entendu, mais dont l’offre d’aide ne semble finalement pas bienvenue.


« Le gouvernement nous demande de l’aide. Nous, on tend la main, la population, tout le monde veut aider localement, et c’est une fin de non-recevoir. Dans la rencontre, il nous a vite fait comprendre que localement, il n’y a aucun pouvoir, tout se décide à Québec »
Julie Dufour

« La maladie, ça appartient à la Santé publique, mais pour toute la gestion de crise civile qui s’ensuit, ça prend tous les partenaires et les villes sont des acteurs majeurs. Cette pandémie est un marathon ; demander de l’aide, c’est fort », ajoute la conseillère de Shipshaw.

Le SPS

L’exemple du Service de police de Saguenay (SPS) illustre bien le propos de Mme Dufour, à savoir qu’une municipalité ou une organisation paramunicipale peut contribuer à améliorer les mesures de la Santé publique. Lors de la récente éclosion au sein du corps policier, la direction du service est allée au-delà des recommandations de la Santé publique, notamment sur les gens à retirer du travail, ce qui a permis d’éviter le pire. Le protocole sanitaire créé et mis en place par le SPS a d’ailleurs été repris par d’autres corps policiers au Québec.

Conseiller à La Baie et ancien professionnel de la santé, Martin Harvey n’était pas surpris du résultat de la rencontre. « Je ne m’attendais pas à autre chose. On a bien vu qu’ils (la Santé publique) ne veulent pas traiter avec le politique dans la région. Ils ont bien assez de Québec », exprime M. Harvey, qui a demandé l’aménagement d’une clinique de dépistage à La Baie.

Kevin Armstrong avait quant à lui des questions bien précises en lien avec le personnel de première ligne de la ville, dont les pompiers, les déneigeurs et les policiers. Le conseiller de Jonquière n’a cependant pas eu de réponse à ses questions.

« On n’avait pas le bon interlocuteur. La Santé publique, elle fait son gros possible. Quelques questions ont trouvé des réponses, mais on a rapidement atteint une limite dans la rencontre. Mon objectif à la rencontre portait davantage sur le protocole de retour au travail en cas d’éclosion, comment travailler ensemble pour que les employés municipaux de première ligne reviennent le plus rapidement possible. Cet objectif n’a pas été atteint, mais je ne jette pas de blâme », commente pour sa part Kevin Armstrong.

Quant à la mairesse, elle qualifie cette rencontre de « positive ». « Ce fut l’occasion pour les élus de poser toutes les questions au docteur Betala Belinga et ça a permis de mieux comprendre la situation. Le docteur a tracé le portrait de la situation dans la région. Les élus avaient demandé cette rencontre en raison de la situation préoccupante qui sévit au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis quelques semaines et j’ai réussi à obtenir un rendez-vous assez rapidement. Ce fut une rencontre positive d’une heure. À la fin de la réunion, j’ai dû quitter pour d’autres obligations, mais j’ai mentionné aux élus que s’ils avaient d’autres questions ou préoccupations, que je pouvais les faire parvenir à la Santé publique avec qui je suis en contact régulièrement », commente Josée Néron, invitée à se prononcer sur le résultat de cette rencontre.