Des membres du SPSSLSJ se sont fait voir et entendre au siège social du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, jeudi.

La Saint-Valentin au CIUSSS

Les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, section Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont profité de la journée de la Saint-Valentin pour se payer un tête-à-tête avec leur employeur, jeudi après-midi. Une quarantaine de membres ont pris d’assaut le siège social du CIUSSS situé dans l’édifice Jacques-Cartier, dans le but de dénoncer le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Une quarantaine de membres ont débarqué en grande pompe, fanions aux couleurs de la FIQ et affiches à la main. Ils ont apposé des cœurs noirs sur les murs, avec des qualificatifs illustrant la situation des infirmières, tels que « crevée », « vidée », « à bout », « exténuée », « surmenée », « stressée », « claquée », « abusée » ou « démotivée ».

La manifestation a surpris la direction du CIUSSS, qui n’était pas au courant qu’elle se tramait.

« Pour la direction du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Saint-Valentin va se passer ici, a martelé la présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean (SPSSLSJ), Julie Bouchard. Les dirigeants sont emprisonnés, au même titre que nos professionnels le sont lorsqu’on leur apprend qu’ils doivent faire du temps supplémentaire obligatoire, et ce, chaque jour. »

Les membres sont restés sur les lieux jusqu’à environ 17 h 30, soit deux heures et demie après le début de la manifestation, avant que les dirigeants soient escortés à l’extérieur par sept policiers du Service de police de Saguenay. C’est le gardien de sécurité de l’édifice qui a jugé bon de communiquer avec les autorités policières.

« C’est pas mal mission accomplie, a convenu Julie Bouchard en début de soirée. Toute la direction et la haute direction étaient présentes, on ne s’attendait pas à en voir autant sur les lieux. Si on a pu leur faire vivre pendant un court temps ce que nous on vit pendant des quarts de travail de huit heures, c’est tant mieux. »

Des membres du SPSSLSJ se sont fait voir et entendre au siège social du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, jeudi.

Le SPSSLSJ a déploré que le temps supplémentaire obligatoire soit devenu un mode de gestion du CIUSSS.

« L’élastique est cassé, des décisions doivent être prises et c’est à l’employeur de les prendre, a mentionné Julie Bouchard devant des membres survoltés. Il faut s’assurer que le TSO soit chose du passé. »

Comme pistes de solution, Mme Bouchard a expliqué que tous les outils se trouvent dans la convention collective. Le rehaussement des postes et la stabilité des équipes font partie des options, notamment. Les mauvaises conditions de travail ont pour effet de surmener les effectifs, en plus de décourager la relève à s’installer dans la région.

Julie Bouchard a aussi sommé la nouvelle ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, de tenir ses promesses. La présidente a rappelé que lorsque la ministre caquiste est entrée en poste, elle s’est engagée à abolir le temps supplémentaire obligatoire.

« Les membres sont essoufflées, elles sont à bout et elles sont écœurées d’être prisonnières au travail, au détriment de leur vie personnelle », a laissé tomber Mme Bouchard.

Un total de 3146 lettres, identifiées au nom de chacune des membres du Syndicat, ont été remises à la direction du CIUSSS, pour illustrer le désarroi généralisé.

Au nom de ses membres, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Bouchard, a remis 3146 lettres à la direction du CIUSSS.

La porte-parole du CIUSSS, Joëlle Savard, a fait savoir que son organisation était bien au fait du problème du TSO. Des discussions ont eu lieu et vont continuer d’avoir lieu entre les deux partis.

« Il y a des actions qui sont en cours afin de traiter la problématique, a-t-elle affirmé. Depuis que les négociations locales sont terminées, des mécanismes sont en cours pour stabiliser nos équipes. »