La saga se poursuit

Les citoyens de Shipshaw veulent conserver leur festival forestier. Mais ils en veulent un rassembleur et davantage à l'image de la population. Ils veulent un retour à la base.
Au cours de l'assemblée générale annuelle, dûment convoquée, les quelque 80 personnes réunies au Centre multiservice du secteur ont proposé à l'unanimité de démettre de leur fonction les sept membres du conseil d'administration absents. Ils ont profité de l'occasion pour élire un nouveau conseil d'administration de huit personnes, ramenant le président sortant Yvon Barrette.
Reste maintenant à savoir si tout ce processus est légal. Car d'un côté comme de l'autre, on demande des démissions. Récemment, les «anciens» membres du C.A. avaient demandé la démission d'Yvon Barrette. Mais rien n'a été fait du côté de M. Barrette. Hier soir, c'était à leur tour de se faire mettre à la porte.
De plus, les sept membres démissionnés ont déposé les livres et les documents à un syndic (voir autre texte) afin de placer le Festival forestier de Shipshaw sous la loi de la faillite. 
Durant la soirée, plusieurs personnes ont voulu savoir si la réunion était légale et valide. 
«Nous pensons que oui. Étant donné que les autres membres du C.A. ne se sont pas présentés (convoqués officiellement), nous étions en droit de les démettre de leur fonction. Il y avait donc quorum, car j'étais le seul membre en règle du C.A. en place», explique Yvon Barrette.
«Je retiens aussi que les citoyens veulent conserver le festival. Ils veulent revenir à la base, le veulent plus près de la population», ajoute le président.
Les citoyens ne comprennent pas que les anciens administrateurs aient décidé de se placer sous la loi de la faillite. Selon les chiffres obtenus par l'organisation, le déficit serait d'environ 60 000$, en tenant compte des actifs en place. 
«Nous allons tout faire pour bloquer le processus de la faillite. J'ai discuté avec Diffusion Saguenay et ils ne veulent pas de faillite. Ils sont prêts à signer une entente pour que nous remboursions les 68 000$ sur quelques années. Il y a moyen de trouver des solutions avec les autres créanciers», reprend le président sortant.
Les dirigeants devront déterminer si le festival pourra se tenir en 2014. 
La conseillère municipale, Julie Dufour, croit que c'est possible. Des commanditaires sont toujours intéressés à poursuivre l'aventure.
«Ce que les gens veulent, c'est la vérité sur ce qui s'est passé lors de la dernière année et la continuité du festival», dit-elle.
Où est l'argent?
Le président Yvon Barrette s'est aussi interrogé sur les ventes des passeports de 2013. Selon les chiffres, la vente a rapporté 42 888,17$.
«À notre avis, il manque plus de 100 000$, car le festival avait à vendre 1985 billets à 75$, soit des revenus de 148 875$. Où est passé l'argent qui manque? Les organisateurs ne peuvent avoir donné 1600 billets gratuitement. Ça n'a aucun sens. Sans ce manque à gagner, on parle plutôt d'un surplus et non pas d'un déficit», a exprimé M. Barrette. 
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, ne veut pas commenter le dossier pour l'instant, estimant que ce n'est pas à la ville de prendre les décisions.
Le nouveau C.A. est formé d'Yvon Barrette, Élie-Marie Tremblay, Marc Larouche, Bruno Gauthier, Yvan Bédard, Paul Olivier, André Lessard et Christine Girard. Gaston Dupérré, lui, a refusé l'offre de revenir au festival. Mais il est prêt à agir à titre de conseiller.