La Robervaloise Valérie Langlois reçoit le prix de Relève scientifique de l’année

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Valérie Langlois, une native de Roberval, a reçu le Prix du Québec Relève scientifique 2020, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec en culture et en science. La professeure et chercheuse de l’Institut national de recherche scientifique (INRS) a reçu ce prix, notamment pour ses recherches sur l’impact des contaminants sur les vertébrés.

Les activités humaines créent une foule de contaminants qui se retrouvent dans notre environnement. Que ce soit les hormones, les résidus de chimiothérapie, les biopesticides, les colorants utilisés dans les vêtements ou encore les déversements de bitume dilué, ces contaminants ont des impacts sur les écosystèmes, sur les espèces qu’ils abritent et ultimement chez l’humain.

Avec son équipe de recherche, Valérie Langlois tente de mieux comprendre quels sont les effets de ces contaminants et comment on peut améliorer nos pratiques pour minimiser les impacts néfastes. Et c’est pour tout le travail accompli qu’elle a reçu le prix Relève scientifique de l’année, octroyée à un(e) scientifique de 40 ans ou moins qui s’est démarqué. Il était minuit moins une pour Valérie, qui vient tout juste d’avoir 40 ans.

« C’est une super belle reconnaissance et ce que j’aime le plus, c’est que ça peut inspirer mes étudiants en leur donnant confiance de poursuivre leurs projets de recherche au sein d’une équipe gagnante », soutient la chercheuse d’une voie passionnée.

Les jurés responsables des Prix du Québec ont souligné que la chercheuse a réussi a récolter 23 millions de dollars de financement en subventions, encadrant au passage 95 étudiants, tout en publiant 60 articles scientifiques au cours de la dernière décennie.

Valérie Langlois est aujourd’hui Titulaire pour la seconde fois de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicogénomique et perturbation endocrinienne. Au printemps dernier, elle a obtenu du financement pour lancer le Centre intersectoriel d’analyse des perturbateurs endocriniens.

Avec son équipe, elle a notamment étudié l’impact des hormones relâchées dans l’environnement sur les amphibiens. Alors que la majorité des recherches portent sur l’impact de l’oestrogène sur les femelles, elle a plutôt étudié l’impact de l’androgène chez les mâles. 


« On a découvert que les hormones ne travaillent pas en silo et qu’un contaminant qui affecte la thyroïde, par exemple, peut aussi avoir un effet sur le système reproducteur »
Valérie Langlois

Son équipe a également découvert que les déversements de bitume dilué ont des effets persistants dans l’environnement.

Elle a aussi travaillé sur un projet de recherche sur le pesticide biologique Bti, une bactérie utilisée pour lutter contre les insectes, dont les maringouins. Les résultats de cette étude seront connus prochainement.

En ce moment, Valérie Langlois travaille sur un projet de recherches sur les résidus de chimiothérapie dans l’eau. « On veut savoir si les molécules utilisées en chimiothérapie, qui sont faites pour tuer des cellules, ont des effets sur les poissons ou les bactéries », explique-t-elle.

Un autre projet de recherche vise à mieux connaître les effets des colorants utilisés dans les vêtements.

Science environnementale

Valérie Langlois a quitté Roberval en 2002 pour aller étudier en science environnementale à l’université d’Ottawa, un programme qui lui convenait à merveille. Elle y est restée jusqu’au doctorat, avant de se diriger vers l’université Queens pour faire un postdoc.

Recrutée pour enseigner au Collège militaire royale du Canada, elle n’a pas complété cette formation, misant plutôt sur l’enseignement. Depuis trois ans, elle travaille comme professeure chercheuse à l’Institut national de la recherche scientifique, où elle est devenue un modèle pour les jeunes chercheurs.