Pas question de changer de solution pour la collecte des matières organiques, plaide Stéphanie Fortin de la RMR.

La RMR défend son choix

La Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean défend son choix du bac brun pour la collecte des déchets organiques, qui deviendra obligatoire pour toutes les municipalités du Québec en 2022. Il s’agit de la solution la moins risquée et la plus efficace pour les contribuables jeannois, plaide l’organisation, qui réagit à la sortie publique de Waste Robotics.

Les dirigeants de cette entreprise, rappelons-le, ont qualifié les bacs bruns de dépassés, dans une entrevue accordée un peu plus tôt cette semaine au Quotidien.

Waste Robotics, qui a développé un système de récupération robotisée des matières organiques mises en sac, tente de convaincre Saguenay d’utiliser cette technologie au détriment des traditionnels bacs bruns. L’entreprise a aussi approché la RMR, mais elle n’a pas été en mesure de convaincre l’organisation jeannoise.

« En 2010, lorsqu’on a commencé à se pencher sur les matières organiques, on a analysé 10 options, 10 technologies différentes. Il y en a qui n’existent plus aujourd’hui, d’autres ont été nouvellement créées. Mais la solution la plus économique et la mieux adaptée à notre réalité territoriale, c’est définitivement les bacs bruns », répond la porte-parole de la Régie, Stéphanie Fortin.

La technologie de Waste Robotics a été regardée par la RMR. Mais cette solution coûterait plus cher aux contribuables, selon les calculs de l’organisation. La RMR vient ainsi contredire les dirigeants de l’entreprise qui clament que leur solution permet des « économies récurrentes de 15 % ».

« On parle beaucoup de collecte, mais on oublie le traitement. Ce n’est pas juste une question de sac ou de bac », insiste Mme Fortin.

« Notre solution prévoit la création de platesformes ouvertes où on met les déchets organiques. C’est très simple. Et trois mois plus tard, tu as déjà du compost que tu peux redistribuer aux citoyens. Dans le cas des sacs et du robot, on ne peut pas mettre les matières à l’extérieur. Il faut une usine fermée, car le sac renferme des gaz carboniques. La loi oblige que ça soit traité dans un espace fermé. Il faudrait donc investir dans une usine. Il faut ensuite trouver une autre technologie pour ouvrir les sacs. Ce sont des étapes supplémentaires qui engendrent des coûts. »

Par ailleurs, la collecte avec les bacs bruns vient régler la question des résidus verts. En effet, en ce moment, aucune collecte n’existe pour les feuilles mortes ou déchets de jardins. Les gens pourront donc mettre ces résidus verts dans le bac brun. 

« Avec une collecte de sacs, il faudrait créer une autre collecte juste pour les résidus verts. Et ces résidus représentent 60 % du gisement », pointe Mme Fortin.

« Il faudrait aussi penser à ajouter une collecte parallèle pour le secteur institutionnel et commercial. Ça leur prend des bacs, pas des sacs », ajoute Mme Fortin, estimant qu’il est préférable d’utiliser la même solution pour tous les clients. 

La nouvelle collecte des matières organiques commencera à l’automne 2019 dans toutes les communautés jeannoises. Les platesformes de compost seront aménagées à deux endroits différents pour réduire le transport des camions. La RMR devra d’ailleurs aller en appel d’offres pour trouver l’entreprise responsable de la collecte. Avec l’ajout de ce nouveau service, le prix à la porte passera de 180 $ à 215 $.