Le maire Jean Tremblay estime qu'il revient à Québec de payer les dommages causés par l'ennoiement possible de la centrale de la Jonquière.

La responsabilité de Québec, assure le maire

La capacité d'évacuation du barrage d'Hydro-Jonquière, propriété de Saguenay, est limitée à 550 mètres cubes/seconde, seuil à partir duquel des dommages pourraient être constatés à l'infrastructure aménagée sur la rivière aux Sables. Cette capacité est moindre que les 650 m.c./seconde prévus dans le Plan de gestion du lac Kénogami.
L'information a été confirmée par le maire Jean Tremblay, hier midi, lors de la période de questions suivant la séance régulière du conseil municipal. À plus de 550 m3/s, précise le maire, la centrale et les turbines seraient endommagées. Pour briser le barrage, il faudrait dépasser les 1000 m3/s.
À la suite des informations publiées par Le Quotidien, vendredi et samedi dernier, le citoyen Claude Collard, ingénieur à la retraite et ex-président de l'Association pour la Protection du lac Kénogami (APLK), a interrogé le maire sur la capacité d'évacuation du barrage, tout en cherchant à savoir qui a pris la décision de ne pas réaliser les travaux visant à hausser cette capacité d'évacuation et d'assumer le risque qui y est lié.
M. Tremblay a indiqué dans un premier temps que le sujet relevait avant tout de la juridiction du gouvernement du Québec et que ce serait à lui d'assumer les frais liés à d'éventuels dommages. « Avec ce qui s'est passé depuis 1996, le gouvernement devait faire mieux. La ville non plus n'est pas contente. Le problème qu'on aurait est que s'il arrive de gros débits, il pourrait y avoir des dommages à la centrale que le gouvernement assumera. »
Effectuant un retour sur les pluies importantes survenues à la fin mai dernier, M. Collard prétend que Saguenay aurait fait pression sur le Centre d'expertise hydrique du Québec, gestionnaire des barrages, pour éviter que trop d'eau ne soit déversée dans la rivière aux Sables, laquelle a alors atteint un débit de 330 m.c./seconde. Certains citoyens riverains du lac Kénogami auraient alors subi des dommages. M. Tremblay a mentionné que les réparations au barrage de la Jonquière ont été effectuées avant que la Commission Nicolet ne dépose ses recommandations en fonction des règles de l'époque. Il rappelle que l'une des recommandations importantes de la commission était d'aménager un réservoir tampon sur la rivière Pikauba, une idée mise de côté par le gouvernement en raison des coûts importants entraînés. M. Tremblay insiste pour dire que le barrage peut assurer un débit de 450 mètres cubes, mais qu'il subirait des dommages qui devraient être payés par Québec.
Qui va assumer?
En entrevue, M. Collard plaide que la question visant à déterminer qui a pris la décision de ne pas rehausser le barrage et d'assumer le risque est importante. Selon lui, si le conseil municipal a pris cette décision, il devra en assumer les conséquences tant au plan civil qu'au niveau financier tandis que si c'est le directeur d'Hydro-Jonquière, Claude Bouchard, un ingénieur, qui a conseillé les élus, il pourrait y avoir des conséquences au plan professionnel et juridique.
La nouvelle conseillère de Lac-Kénogami, Chantale Boivin, s'est dite préoccupée par le sujet d'autant plus qu'au début de juin 2013, des concitoyens ont subi des dommages avec des quais qui ont été emportés et des parties de terrains qui ont été érodées. « Nous allons nous asseoir avec Paul Ruel qui a travaillé très fort dans ce dossier avec M. Collard pour vérifier si Hydro-Jonquière fait son travail ».