Sylvie Fréchette a offert deux conférences, dimanche, dans le cadre du brunch annuel du Centre de prévention du suicide 02.

La résilience d’une olympienne

Le Centre de prévention du suicide 02 a frappé dans le mille en choisissant son invitée, dimanche, dans le cadre de son brunch annuel. Double médaillée olympique et conférencière, Sylvie Fréchette a partagé un parcours parsemé de moments d’extase et d’épreuves douloureuses, démontrant une résilience plus grande que nature.

Quelques jours avant son départ pour Barcelone, en Espagne, pour vivre ses premiers Jeux olympiques, à l’âge de 25 ans, l’athlète en nage synchronisée rentre à la maison après une journée d’entraînement. Elle découvre son fiancé mort, qui vient de s’enlever la vie.

« Ça se vit du mieux qu’on le peut », a raconté Sylvie Fréchette, quelques minutes avant sa conférence présentée devant une quarantaine de personnes.

« Ça démolit. Il n’y a pas eu de pire journée dans ma vie, et je ne peux pas m’imaginer pire, a-t-elle poursuivi. La beauté, c’est qu’il existe un mécanisme qui fait qu’on entre dans un état de choc. Ce qui est plate, mais extraordinaire à la fois, c’est que j’ai vécu cette période de ma vie engourdie. Une chance, parce que je ne suis pas certaine si j’aurais réussi à passer au travers. »

Quatre jours plus tard, elle embarquait dans l’avion pour vivre l’aventure olympique, malgré sa douleur intérieure. Parce que « quand je nage, je me sens vivante, a-t-elle partagé. J’avais l’impression que c’est tout ce qui me restait. »

« C’est extraordinaire de voir que l’être humain est extrêmement fort, mais tellement fragile en même temps, a fait remarquer Mme Fréchette. Au cours de notre vie, on va tous avoir une méchante claque qui va nous secouer. On panique un peu dans ce genre de situation, mais il faut faire confiance que notre corps est équipé pour ça et qu’on est plus fort qu’on le pense. »

Saguenay (JonquiËre) 
 PrÈvention suicide, confÈrence de Sylvie FrÈchette 
 Photo: Michel Tremblay

La bourde brésilienne

Le 5 août 1992, une autre tuile lui tombe sur la tête. Après une performance presque parfaite, une juge brésilienne commet une bourde en se trompant de bouton. Sylvie Fréchette perd alors sa médaille d’or. L’injustice est corrigée environ un an et demi plus tard, et la nageuse reçoit enfin sa médaille. Celle qu’elle méritait.

Quatre ans plus tard, à Atlanta, elle aide le Canada à récolter l’argent à l’épreuve par équipe.

La femme, aujourd’hui âgée de 51 ans, donne environ 80 conférences par année. Son but n’est pas de raconter tous ses bons coups, mais plutôt de parler des moments marquants de sa carrière, positifs et négatifs, et de la façon dont elle les a vécus.

Avant de présenter sa conférence en après-midi, Sylvie Fréchette a livré un témoignage en matinée aux endeuillés du suicide. Un moment riche en émotion qui s’inscrivait dans le thème de la 29e Semaine nationale de prévention du suicide : « Parler du suicide sauve des vies ».

L’olympienne a voulu démontrer que malgré les apparences de femme imperturbable, chaque personne qui vit un moment difficile traverse un cheminement similaire.

« Très souvent, quand on voit des athlètes olympiques à la télévision ou des personnalités publiques, on a l’impression que ce n’est pas du monde comme nous, a soulevé la conférencière. En fait, je suis une fille bien ordinaire, mais j’ai une tête de cochon. J’avais un objectif et j’ai travaillé fort pour y arriver. Ça ne veut pas dire que c’est facile ; on a des claques sur la gueule, des hauts et des bas, mais ce qui fait la différence, c’est la façon dont on réagit. »

Saguenay (JonquiËre) 
 PrÈvention suicide, confÈrence de Sylvie FrÈchette 
 Photo: Michel Tremblay

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