L'usine de Chambord de Norbord, anciennement propriété de Louisiana Pacific.

La relance de Norbord en bonne position

Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a sur son bureau les recommandations de la direction des approvisionnements forestiers pour l'octroi des volumes de feuillus disponibles sur les terres publiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Selon les informations obtenues par Le Quotidien, tout indique que le projet de relance de l'usine Norbord de Chambord aurait une bonne longueur d'avance.
L'attachée de presse du ministre Blanchette, Gabrielle Fallu, a indiqué que les recommandations du ministre seraient connues en temps et lieu. Elle n'a donné aucune indication quant aux projets que le gouvernement entendait appuyer en accordant des volumes de bois provenant de la garantie d'approvisionnement retirée à Louisiana Pacific qui avait fermé pour une période indéterminée l'usine de Chambord. Elle a depuis été acquise par Nordbord, le plus important fabricant de panneaux gaufrés d'Amérique du Nord.
Le gouvernement du Québec marche sur des oeufs avec les volumes de feuillus disponibles dans la région. Pendant longtemps, personne ne s'intéressait à cette essence dont les principaux marchés, celui de la palette en particulier, sont très volatils. L'arrivée dans le décor du projet Biomoss Carbone, qui consiste à transformer le tremble en charbon ou sous-produits du charbon, a changé la dynamique. L'entreprise a demandé entre 200 000 et 250 000 mètres cubes de feuillus.
Le gouvernement du Québec a donné jusqu'au 31 décembre dernier aux promoteurs pour présenter au bureau des projets de Saint-Félicien des propositions pour la transformation du feuillu. Dans une entrevue qu'il accordait au Quotidien en fin d'année, le premier ministre Philippe Couillard a eu de la difficulté à dissimuler son agacement face à ce projet qui a changé à plusieurs reprises au cours de la dernière année.
Tout indique que l'acquisition par Norbord de l'usine de Chambord a amené une sérieuse réflexion au gouvernement du Québec. Norbord a besoin de la totalité des 400 000 mètres cubes de feuillus disponibles sur les terres publiques. L'entreprise a déjà plusieurs usines de panneaux en Amérique du Nord et possède un marché de distribution aux États-Unis et en Europe. Elle pourrait relancer la production à Chambord avec un investissement beaucoup moins important que le projet Biomoss Carbone, et ce, plus rapidement.
Selon les informations recueillies, le gouvernement du Québec attendrait d'obtenir un message clair de Norbord avant de confirmer son choix pour accorder la garantie d'approvisionnement de 400 000 mètres cubes. L'entreprise entend utiliser au maximum les capacités de l'usine qui sont de plus ou moins 700 000 mètres cubes par année. Elle a déjà rencontré la direction du Syndicat de producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui est en mesure de livrer 200 000 mètres cubes par année.
En accordant à Biomoss Carbone un approvisionnement de 200 000 mètres cubes par année, Québec plomberait définitivement le projet de Norbord. Le promoteur de l'usine de panneaux serait dans l'obligation d'importer un trop grand volume de bois de la Mauricie et de Québec. Le projet deviendrait beaucoup moins rentable.
La relance de l'usine de Chambord se traduirait par 400 emplois directs et indirects avec la récolte forestière. Elle permettrait par la même occasion aux autres détenteurs de garanties d'approvisionnement dans la forêt mixte de réaliser des économies, car ils doivent de toute façon ériger des infrastructures (routes, ponts, camps) pour récolter le résineux.