La région réagit à la taxe sur l'aluminium

« Présentement, on ne peut pas mesurer tous les impacts parce qu’on ne sait pas exactement ce qui sera annoncé, et quand ce sera annoncé. On va continuer nos représentations auprès du gouvernement des États-Unis pour démontrer toute l’importance de la chaîne d’approvisionnement entre le Canada et les États-Unis. Ça fait plusieurs dizaines d’années que le Canada leur fournit de l’aluminium. On est un intrant qui est extrêmement fiable pour les fabricants américains, ce qui comprend le secteur très important de la défense. [...] On est un des principaux fournisseurs pour les produits laminés, utilisés dans la fabrication du Ford F-150. Le principal fournisseur d’aluminium pour le F-150 est Rio Tinto Canada, donc inévitablement celle produite au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Environ un million de tonnes d’aluminium primaire par année quittent vers les États-Unis, sont transformées et reviennent dans des produits d’utilité, dont l’automobile en fait partie. C’est le tiers de l’aluminium du marché nord-américain. »

- Claudine Gagnon, directrice relations médias et communications, Rio Tinto Canada

« Si les États-Unis frappent leur allié stratégique, ils se trompent de cible et exposent leur économie à de graves effets pervers, plus grands que les gains espérés. Le problème de la surcapacité chinoise en est un auquel nous faisons tous face. Le Canada fait depuis toujours partie de la solution et devrait être traité comme tel. [...] L’imposition d’un tarif global sans distinction concernant les alliés historiques des États-Unis, le Canada et l’Europe, est une véritable invitation à un conflit commercial d’envergure qui ne servira personne. On peut s’attendre à des mesures de représailles ailleurs dans le monde qui viendront déstabiliser l’équilibre des marchés. Malheureusement, le vrai problème, la surcapacité chinoise, demeurera en suspens. »

- Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada

« Le fait qu’il n’y a pas de député dans Chicoutimi-Le Fjord nous désavantage dans une région où la production d’aluminium est au coeur de l’activité économique. Personne ne peut aller cogner à la porte du premier ministre pour le sensibiliser aux effets dévastateurs que cette annonce pourrait avoir sur les travailleurs et sur toute l’activité économique. Le dossier du bois n’est toujours pas réglé et c’est maintenant au tour de l’aluminium de se voir imposer des tarifs par les Américains. Ce sera quoi par la suite ? »

- Richard Martel, candidat pour le Parti conservateur du Canada dans Chicoutimi—Le Fjord

« Ce n’est pas une bonne nouvelle en soi, mais on va attendre avant de connaître les impacts. Je pense qu’il (Donald Trump) fait fausse route encore une fois. Il tire sur la mauvaise cible, les pays alliés devraient être exclus de cette mesure. Les pays émergents comme la Chine et l’Inde devraient être visés, qui n’ont aucune norme à respecter. On ne lutte pas à armes égales contre eux. En même temps, les États-Unis vont se faire mal aussi parce que notre économie est intégrée et 80 pour cent de notre production d’aluminium s’en va au sud de la frontière. Ça va toucher des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs aux États-Unis, qui vont payer leurs produits plus cher. [...] C’est inquiétant de voir qu’on s’enligne vers une crise qui s’apparente à ce que vit l’industrie du bois d’oeuvre. Il faut que le gouvernement fédéral mette son pied à terre et suive ça de près. Le premier ministre du Québec est très sensible au dossier, mais le fédéral doit faire sa part. »

- Alain Gagnon, président du Syndicat de l’aluminium d’Arvida (UNIFOR)

« Donald Trump a parlé de la possibilité, mais il n’y a pas eu d’annonce officielle. D’ici à la semaine prochaine, ça donne le temps aux intervenants de faire des représentations. Je sais que mon syndicat travaille très fort à l’heure actuelle pour faire valoir les intérêts du Canada auprès du gouvernement américain et je ne doute pas que mon employeur doit faire la même chose de son côté. On espère que les pressions de tout le monde auront les effets escomptés et que ce sera la Chine qui sera ciblée par d’éventuelles mesures, et non le Canada. »

- Alexandre Fréchette, président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma