La directeur de la Santé publique de la région, le docteur Donald Aubin.
La directeur de la Santé publique de la région, le docteur Donald Aubin.

La région n’est pas à l’abri d’un possible manque d’équipements de protection

Le personnel soignant du réseau de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas plus à l’abri de la fragilité des inventaires d’équipements de protection personnelle que celui des régions qui font en ce moment face à la croissance des cas d’hospitalisation dus au Covid-19 puisque la réserve provinciale est de l’ordre de 3 à 7 jours, selon l’estimation fournie par le premier ministre François Legault.

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a tenu un point de presse afin de dresser le bilan de la situation au 31 mars. La région compte maintenant 31 cas confirmés de personnes infectées par le coronavirus alors qu’il n’y a toujours pas de transmission dans la communauté et aucune hospitalisation pour le moment. Le nombre de cas confirmés de coronavirus est passé de 24 à 31 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mardi. Pour une deuxième journée consécutive, il s’agit de la plus forte augmentation sur le territoire régional depuis le début de la crise.

Il y a maintenant 31 cas confirmés au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Le problème de la disponibilité des équipements de protection personnelle pour les travailleurs exposés aux patients souffrant de la maladie a évidemment été soulevée. La directrice des services professionnels du CIUSSS, la docteur Martine Landry, a confirmé qu’il s’agissait d’une réserve provinciale et que le matériel était appelé à être dirigé vers d’autres régions si les besoins l’exigent.

«La gestion se fait vraiment au niveau provincial. On est pas plus ou moins en sécurité qu’une autre région. C’est vraiment une gestion provinciale. On travaille très fort pour que l’utilisation des équipements soit optimale. C’est un travail quotidien. Même si on disait que dans nos magasins on en a plus ou moins, ça n’a pas d’importance parce que n’importe quand le matériel peut se promener d’une région à L’autre», a précisé la médecin.

La Fédération interprofessionnelle de la santé de la région avait demandé à la DSP du CIUSSS de rappeler à ses membres (médecins) qu’il était primordial d’utiliser l’équipement avec plus de retenu. La directrice a admis qu’ait pu y avoir une mauvaise utilisation de l’équipement, ou une perception de mauvaise utilisation, mais soutient tout de même que son service émet les directives nécessaires quant à cet enjeu qui commence à soulever de l’inquiétude au sein du personnel soignant.

Toujours au chapitre des équipements problématiques dans le contexte de la pandémie, le CIUSSS peut compter sur 70 respirateurs. Il y avait 38 appareils répartis dans la région et, selon la DSP, les respirateurs qui ne sont pas utilisés dans les blocs opératoires peuvent maintenant servir au traitement des patients atteints du coronavirus en plus des autres patients qui séjournent aux soins intensifs.

La médecin considère que la région, avec ces équipements, peut pratiquement doubler le nombre de ses lits de soins intensifs. Elle n’a toutefois pas été en mesure de fournir des précisions sur l’état de la commande des 42 autres respirateurs que le CIUSSS a réclamé du ministère pour faire face à la pandémie.

Pour le moment, le réseau régional est loin de manquer d’équipement puisque pas un seul cas confirmé ne séjourne dans un hôpital. Selon le docteur Donald Aubin, cette situation s’explique en bonne partie par le fait que les cas confirmés sont essentiellement des voyageurs ou des personnes ayant été en contact avec ces voyageurs. Ce sont donc des personnes qui ne sont pas dans les groupes d’âge qui sont le plus à risque.

Les équipes de la santé publique sont toujours en mesure d’établir avec précision l’historique de chacun des cas confirmés par les tests. Les personnes ayant été en contact avec celles atteintes du coronavirus ont été informées de la situation.

Le directeur de la santé publique a d’autre part indiqué qu’en fonction de l’information dont il dispose, il n’y a pas en ce moment dans la région d’historique de personne contaminée, ou à risque, qui peut être associé à une résidence privée pour personnes âgées ou à un CHSLD.

Le virus se répand comme une traînée de poudre dans ces endroits dès l’instant où il y est introduit. Les statistiques confirment la grande fragilité de ces milieux de vie devant la pandémie.

Comme c’est toujours le cas lors de ces points de presse, le directeur de la Santé publique a demandé à la population de respecter fidèlement les différentes mesures sur le confinement avec les principes de la distanciation et de l’hygiène. Il a d’autre part rappelé qu’il fallait voir la pandémie comme un tout, en ce sens que ce n’est pas parce que le problème est plus important à Montréal et dans l’Estrie que la région est à l’abri. Il y a tout de même une certaine circulation des individus entre les régions du Québec.

La directrice des services professionnels a débuté le point de presse par la lecture d’un communiqué sur les reports des chirurgies ou de certains examens qui ont été dénoncés au cours des derniers jours. Marlène Landry explique que ces décisions sont prises par un comité d’experts et qu’elles sont justifiées à la base par la nécessité de protéger les patients qui ont à subir ces examens et chirurgies des risques de contamination.

La direction du CIUSSS est consciente que ces décisions ou réorganisations de trajectoires de soins suscitent des inquiétudes.