Jean-François Lisée poursuit sa tournée du Saguenay-Lac-Saint-Jean lundi. Il s’est rendu à Alma après son passage à La Baie.

La région devrait mieux se porter

(Louis Tremblay) – Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, comprend difficilement comment la région qui possède la plus importante concentration de production d’aluminium d’Amérique du Nord et la plus grande superficie de forêt boréale sous aménagement affiche une diminution de la valeur de production de biens dans ses usines, comme en fait foi l’Institut de la statistique pour 2016.

« N’eût été des 2000 à 3000 personnes et jeunes qui ont quitté la région depuis, elle afficherait sans doute le plus haut taux de chômage au Québec », a repris le leader péquiste lors d’un arrêt à La Baie dans le cadre de la campagne électorale. Il critique la performance économique du gouvernement libéral de Philippe Couillard pour cette situation et considère que la région mérite un meilleur sort.

« Le premier ministre a fait en sorte de faire fabriquer le REM en Inde. Il a donné Bombardier à Airbus. Aujourd’hui, Embraer va vendre une participation dans son capital à Boeing, des milliards de dollars », insiste Jean-François Lisée, pour illustrer les lacunes du gouvernement Couillard en matière de développement économique.

L’un des éléments importants de la stratégie péquiste pour relancer l’économie des régions est de créer de nouvelles structures de concertation. Il s’agit d’un engagement qui permettra de mettre en place des moyens permettant aux décideurs locaux d’avoir une influence sur le développement économique.

Dans les mesures économiques concrètes, Jean-François Lisée affirme qu’un gouvernement péquiste accentuerait les efforts pour supporter la construction d’immeubles autres que résidentiels en bois. II s’agit d’une politique qui permettrait de supporter l’économie régionale tout en luttant contre les changements climatiques, un objectif que le Parti québécois a identifié comme l’une de ses grandes priorités pour les quatre prochaines années.

L’immigration devrait également permettre à la région de faire des progrès en matière de développement économique. « Nous allons nous assurer que 25 % des immigrants choisissent d’aller vivre dans les régions. Ils auront la possibilité de le faire puisqu’ils auront un emploi », affirme le chef péquiste, qui estime que la croissance démographique est essentielle pour assurer le développement des régions du Québec.

Un gouvernement péquiste maintiendrait des politiques d’investissements dans des projets industriels. 

Selon Jean-François Lisée, le gouvernement peut faire des choix politiques et permettre à son bras financier Investissement Québec de devenir partenaire dans des projets, même dans un secteur où les risques sont grands, comme celui des mines.

« Investissement Québec peut intervenir comme déclencheur d’un projet », précise-t-il. Certes, il convient que c’est parfois risqué, mais il considère qu’il y a toujours un prix politique à payer pour un gouvernement qui choisit d’intervenir dans l’économie par des investissements dans les projets.

Le Parti québécois a vu d’un bon œil les investissements dans des anodes non polluantes. Le chef ne cache pas que Québec aurait pu faire preuve d’une plus grande fermeté dans les négociations avec la multinationale Rio Tinto, qui a repoussé à 2026 ses investissements majeurs dans les alumineries de Jonquière et d’Alma.

Le Parti québécois met beaucoup l’emphase sur son objectif de réduction des gaz à effet de serre. Cette politique a aussi un impact sur le développement économique et Jean-François Lisée a identifié un problème important de ce côté en lien avec le projet minier BlackRock. « Le gouvernement du Québec a beaucoup négocié avec Rio Tinto. On doit se demander pourquoi Québec n’a pas été en mesure de s’assurer que la voie ferrée de Rio Tinto soit disponible pour d’autres projets. Évidemment, les gens devront payer, mais au moins qu’ils y aient accès. »

Le chef souverainiste propose la création d’un système qui permettra au gouvernement et aux décideurs régionaux de suivre facilement la concrétisation des engagements des multinationales qui bénéficient de privilèges ou d’ententes particulières avec l’État. Il faisait ici référence aux engagements de création d’emplois de Rio Tinto au fil des ans qu’il est pratiquement impossible de vérifier.

Jean-François Lisée a échangé quelques minutes avec Gino Lebel à sa sortie de son autobus de campagne, lundi, dans le stationnement du Collège d’Alma.

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LE CHEF DU PQ INTERPELLÉ PAR UN RÉSIDANT

(Jonathan Hudon) – Gino Lebel a profité du passage de Jean-François Lisée pour interpeller le chef du Parti québécois (PQ) sur la nécessité d’offrir des conditions optimales pour les préposés aux bénéficiaires, qu’on retrouve notamment à la Maison Jean-Eudes Bergeron.

Gino Lebel est l’un des bénéficiaires de la résidence privée qui regroupe 20 personnes handicapées ou en perte d’autonomie. Il s’est fait un honneur de lutter pour la survie de l’endroit, menacé de fermeture pendant plus d’un an, tout en étant épaulé par Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean. La situation a finalement été réglée en avril dernier.

L’Office municipal d’habitation a alors fait l’acquisition de la Maison Jean-Eudes Bergeron. Même si sa mission a été redéfinie, la Coopérative de service à domicile de Lac-Saint-Jean-Est continue à desservir la clientèle grâce à un budget du gouvernement.

M. Lebel attendait Jean-François Lisée à sa sortie de l’autocar péquiste, lundi midi, au Collège d’Alma. Le chef du PQ s’y rendait pour rencontrer les étudiants et casser la croûte, mais Gino Lebel a pris la balle au bond.

« Les préposés ne font pas des gros salaires, mais pourtant, ils font toute la différence, a-t-il souligné. Il faut compter sur leur présence pour obtenir des soins adéquats. Je trouve qu’ils sont parfois oubliés. »

Rassembleur, Gino Lebel entend poursuivre le combat afin de mettre en valeur des préposés aux bénéficiaires, même si la Maison Jean-Eudes Bergeron est sauvée. La résidence compte 27 employés pour les 20 bénéficiaires. Ils sont quatre par quart de travail à s’occuper des résidants.

« J’ai un projet de faire une campagne de sensibilisation pour rappeler l’importance d’avoir des soins de qualité dans une résidence comme la nôtre, a partagé Gino Lebel. Sans nos employés, on n’est pas là, mais sans nous, ils ne sont pas là non plus. On nous a souvent fait des promesses que le gouvernement allait mettre de l’argent dans les soins, mais je n’ai jamais vraiment vu d’investissements réels. Pour moi, c’est important de sensibiliser aux soins. »

Interpellé, Jean-François Lisée s’est montré réceptif, rappelant que le Parti québécois s’était engagé à augmenter les heures en soins. Gino Lebel y croira lorsqu’il le verra.

« C’est une réponse, mais est-ce que ça va se faire ? C’est sûr que je vais me battre et c’était très important pour moi d’être ici », a-t-il conclu.

Candidat dans Lac-Saint-Jean, William Fradette a salué la présence de Gino Lebel, rappelant que la survie de la Maison Jean-Eudes-Bergeron était un des plus grands legs d’Alexandre Cloutier.

Jean-François Lisée a passé l’heure du dîner au Collège d’Alma, lundi, à la rencontre des jeunes électeurs.

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À L'ÉCOUTE DE LA JEUNESSE

(Jonathan Hudon) – Flanqué de son candidat dans Lac-Saint-Jean William Fradette, Jean-François Lisée a passé l’heure du dîner au Collège d’Alma, lundi, à la rencontre des jeunes électeurs.

Le chef du Parti québécois s’est présenté à quelques étudiants et a échangé avec eux, avant de s’asseoir en compagnie de son équipe pour manger. D’autres étudiants ont personnellement pris l’initiative d’aller lui serrer la pince.

Il est resté sur place environ une heure, avant de reprendre la route à bord de son autocar en direction de Québec. 

William Fradette, qui tente de succéder à Alexandre Cloutier comme député de Lac-Saint-Jean pour le PQ, a affiché une grande fierté d’accueillir son chef. 

« C’est ici (au Collège d’Alma) que j’ai construit beaucoup de mon cheminement politique, s’est souvenu le jeune homme. Il y a à peine cinq ans, c’est Alexandre Cloutier qui venait me voir pour discuter. Peu de temps après, je prenais ma carte de membre du PQ. Il y a beaucoup d’histoire et ça m’émeut de me retrouver ici en compagnie de plus jeunes que moi et de leur donner le goût à la politique. »

À la suite de ses échanges avec les étudiants du Collège d’Alma, William Fradette a fait remarquer que l’indépendance, l’environnement et la crise de la main-d’oeuvre ont été les principaux sujets abordés.

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LE PQ PRÉSENTE SA STRATÉGIE DE LUTTE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

(Louis Tremblay) – Le Parti québécois propose une stratégie de lutte contre les changements climatiques qui se traduira par des économies de l’ordre de 22 G$ pour les citoyens de toutes les régions du Québec avec une panoplie de mesures financées à même le Fonds vert.

« C’est comme si le Québec investissait 22 G$ dans son économie », insiste le chef du Parti québécois. Ces projections sont le résultat des 20 milliards de litres d’essence que les Québécois vont consommer en moins avec le développement des autres filières de transport, incluant les voitures électriques et camions légers électriques pour la livraison dans les grands centres.

Le Parti québécois créerait un nouveau ministère qui coiffera l’énergie et l’environnement. Le premier ministre aurait la responsabilité de superviser ce nouveau ministère qui fera l’objet d’une vérification indépendante afin de déterminer si les cibles de réduction de gaz à effets de serre sont atteintes.

La politique présentée lundi, qui compte 27 pages, est ambitieuse et couvre à peu près tous les volets de l’activité humaine. Elle vise tout autant le transport que le travail et l’habitation. L’idée de base était de diminuer la consommation d’énergie sous toutes ses formes.

Des projets régionaux pourront se greffer à cette stratégie. Jean-François Lisée donne son aval à la plantation des landes forestières qui permettront de créer de vastes puits de carbone dans la forêt boréale sous aménagement.

Le PQ assure pouvoir atteindre cet objectif ambitieux en multipliant les mesures auprès des individus et entreprises ainsi que les familles.

Un gouvernement du Parti québécois n’hésiterait pas à relancer les débats de juridiction avec Ottawa. 

Le gouvernement péquiste assumerait en totalité la responsabilité de la protection de l’environnement, nonobstant les prétentions du gouvernement canadien. 

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TRÈS CRITIQUE DU SONDAGE

« Je prends les résultats des sondages de ce matin (lundi) avec un kilo de sel », a insisté Jean-François Lisée lors d’un point de presse à La Baie. Le chef souverainiste a affirmé ne pas avoir senti un plus faible appui pendant le rassemblement de Jonquière, où il a vu 300 militants gonflés à bloc qui n’ont pas abandonné la course.