La région dans la rue pour le climat

(Laura Lévesque) - Des milliers de personnes au Saguenay-Lac-Saint-Jean ont participé à la marche mondiale pour le climat, vendredi. Des manifestations pacifiques se sont tenues aux quatre coins de la région, de Saint-Félicien à Alma, en passant par Jonquière et Chicoutimi.

Les cégeps et l’université étaient fermés pour l’occasion. Les élèves de plusieurs écoles secondaires sont également descendus dans les rues. Les deux plus grandes foules ont été enregistrées à Alma et à Chicoutimi. Les différentes organisations évaluent à 3000 personnes par ville le nombre de participants. Il s’agit d’une des manifestations les plus populaires de la dernière décennie dans la région. La guerre en Irak, rappelons-le, avait fait sortir près de 2000 personnes dans les rues de Chicoutimi, et ce, en plein mois de février.

GNL dans la mire des étudiants

Si l’événement avait pour but de souligner l’urgence climatique, il s’est transformé en vindicte populaire contre GNL Québec dans la manifestation organisée à Chicoutimi. À tour de rôle, les organisateurs ont condamné le projet industriel et ont annoncé un nouveau front commun contre la compagnie et les élus.

«Nous avons un mouvement panquébécois contre GNL Québec qui se met en place dès octobre, et ce, à travers les universités», a confirmé un des co-porte-paroles de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez, promettant du même souffle des actions concrètes pour démontrer leur opposition.

Près de 3000 personnes ont déambulé dans les rues de Chicoutimi, vendredi.

«On est dans une situation de David contre Goliath. Mais on est maintenant des centaines de David», a-t-il exprimé, en parlant des manifestants qui prenaient le départ à l’UQAC.

«On n’arrêtera pas d’en parler, de frapper sur des casseroles, de marcher. C’est de même que nous allons venir à bout des projets et des élus qui ne veulent pas nous entendre», a ajouté Étienne Mailloux, président de l’Association des étudiants et étudiantes du Cégep de Chicoutimi.

Ce dernier admet que GNL est devenu la cible de la marche. Une cible incontournable pour les étudiants qui ne voient rien de durable dans ce projet industriel.

«Ils veulent s’en prendre à notre fjord et notre beau fleuve. Ils sont sur la voie d’être violés.»

«On veut sensibiliser les citoyens sur les enjeux climatiques. Mais on veut aussi que ça passe par des enjeux concrets, dont GNL. On veut leur démontrer qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale. Et aujourd’hui, toute la région a démontré qu’on n’en voulait pas de ce projet. On ne veut pas des projets qui datent du siècle dernier. On ne veut pas des emplois qui vont durer juste 25 ans. Je ne vais pas prendre ma retraite dans 25 ans, moi, mais dans 42 peut être», laisse tomber le président, qui a guidé la foule avec le slogan «GNL à la poubelle».

Les candidats du Parti vert appuient les étudiants dans leurs revendications et promettent de se battre contre le projet de gaz naturel liquéfié s’ils sont élus le 21 octobre prochain.

«Quand les politiciens ne nous écoutent plus, il reste la rue» image Linda Youde, candidate dans Chicoutimi-Le Fjord.

Ne voulant pas être associés aux opposants de GNL, plusieurs candidats et élus sur place ont tenu à faire la distinction entre GNL et l’urgence climatique. Les bloquistes préfèrent attendre les conclusions du BAPE avant de prendre position.

Les gens ont marché et joué de la musique entre l’UQAC et le bureau de Richard Martel, près de la rue Racine.

«Si on dit non au projet par dogmatisme ou qu’on dit oui pour des considérations seulement économiques, ça ne marche pas. Au Québec, le BAPE a toutes les capacités pour prendre une décision juste et équitable pour la planète», a mentionné Valérie Tremblay, candidate bloquiste dans Chicoutimi-Le Fjord.

Député sortant, Richard Martel brillait par son absence. La marche a d’ailleurs pris fin devant ses bureaux de circonscription. Les manifestants ne sont pas gênés pour changer leur slogan, «Richard Martel à la poubelle».

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ALMA LANCE LE BAL

(Annie-Claude Brisson) - Les Almatois, dont plusieurs élèves et étudiants, ont participé à la première marche pour le climat du Saguenay-Lac-Saint-Jean, vendredi matin, à Alma. Une foule estimée à plus 3000 personnes a été observée dans les rues. 

Les jeunes et les moins jeunes, dont plusieurs familles, se sont donné rendez-vous au départ qui avait lieu aux Plaines vertes, près du Centre Mario-Tremblay. Le mouvement syndical régional et les membres d’organismes communautaires étaient également représentés lors de ce mouvement citoyen. Par ailleurs, certains candidats de l’actuelle campagne électorale fédérale ont également été aperçus. 

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«IL FAUT SE TENIR DEBOUT»

(Guillaume Roy) - Inspirées par Greta Thunberg, quatre jeunes filles de secondaire 4, Leyla Bouchard, Marianne Roy, Alexia Tremblay et Farah Paré, ont mobilisé près de 500 étudiants et membres du personnel de la polyvalente des Quatre-Vents pour aller manifester pour le climat, vendredi à Saint-Félicien. « C’est nous l’avenir de notre planète et il faut se tenir debout », a lancé Alexia aux étudiants. « La crise climatique n’est pas une question d’opinion et nous avons le pouvoir de changer les choses », a renchéri Marianne. Leyla a pour sa part mentionné que l’école s’engageait à en faire davantage pour l’environnement, en améliorant notamment le compostage, en encourageant le covoiturage et l’utilisation de vaisselle réutilisable. 

« Des solutions concrètes existent et aujourd’hui nous décidons de nous mettre en action et nous réclamons plus d’action de la part de nos décideuses et décideurs », a conclu Farah, avant d’entamer la marche sur le boulevard Hamel. Pour l’occasion, la direction avait permis aux élèves de manifester lors de la dernière période de la journée. « Pour être bien franc, j’aurais été déçu si les étudiants n’avaient rien organisé », a mentionné le directeur de l’école Carl Bouchard, qui a pris part à la marche sur le boulevard Hamel avec plusieurs enseignants. 

À Roberval, les élèves de 1re et de 2e secondaire sont sortis pendant une période de cours pour ramasser des déchets autour de la Cité étudiante afin de nettoyer le terrain. Dans la MRC de Maria-Chapdelaine, la Polyvalente Jean-Dolbeau et l’école Le Tournant avaient décrété une journée pédagogique.

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PLANTATION SYMBOLIQUE

(Annie-Claude Brisson) - Le Collège d’Alma s’est également mobilisé à sa façon malgré la levée des cours, vendredi. Une plantation symbolique a été réalisée près de la serre, lors de cette même journée, en compagnie du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège d’Alma dans le cadre de la Semaine pour notre environnement futur. Un chêne, reconnu pour sa solidité et sa longévité, a été planté afin de représenter le Collège d’Alma au coeur d’un aménagement de plantes vivaces. Les différentes variétés de plantes représentent les départements et les services de l’établissement collégial. Des végétaux comestibles ont été sélectionnés pour la réalisation de cet aménagement qui pourra être bonifié dans les années futures.

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À HÉBERTVILLE AUSSI

(Annie-Claude Brisson) - Les élèves fréquentant l’École secondaire Curé-Hébert d’Hébertville ont également joint leur voix au mouvement d’envergure planétaire. Les marcheurs, dont certains brandissaient des affiches aux slogans engagés, ont parcouru les rues de la municipalité. Des adultes et de petites familles ont aussi participé à l’activité.

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120 PERSONNES À SAINT-FÉLICIEN

(Guillaume Roy) - Plus de 120 personnes, dont une vingtaine de citoyens et autant de professeurs, ont manifesté pour le climat dans les rues de Saint-Félicien. Au départ du cégep sur le coup de 11 h, ils ont marché sur le boulevard Hamel pour rejoindre le boulevard Sacré-Cœur, avant de s’arrêter à l’hôtel de ville. Une fois sur place, les manifestants sont entrés au rez-de-chaussée pour faire une minute de silence, « un silence pour se faire entendre ». « Ce mouvement est organisé pour que le gouvernement se mobilise, a souligné Hugo Barrette, le responsable aux affaires externes de l’Association des étudiants du Cégep de Saint-Félicien. Autant à Montréal, qu’à Saint-Félicien ou à Chibougamau, on veut que ça bouge et on est prêts à voter pour quelqu’un qui offre des solutions environnementales. » Tout au long du parcours, les participants à la marche en ont profité pour ramasser les déchets qui traînaient au sol. La police a escorté le groupe tout au long de la marche, qui s’est déroulée dans le calme et qui a duré une heure