Le professeur Marc-Urbain Proulx croit que la région a besoin de réfléchir sur les enjeux du futur.

La région condamnée à innover

En raison des changements technologiques et numériques qui surgissent de toutes parts, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et les autres régions périphériques sont condamnées à innover dans des champs de compétence utiles au développement régional.

Ce constat a été dressé par le professeur Marc-Urbain Proulx du département des sciences économiques et administratives (DSEA) et responsable du Centre de recherche sur le développement territorial lors du Forum anniversaire du Groupe de recherche et d’interventions régional (GRIR) de l’UQAC qui soulignait ses 35 ans.

Le forum a réuni des professeurs et des étudiants dans le but de réfléchir sur les enjeux actuels sur lesquels devraient porter les futures recherches en matière de développement régional et d’occupation du territoire. Cette réflexion s’impose alors que s’amorce ce que certains qualifient de quatrième révolution industrielle qui abolit plusieurs frontières physiques, sociales et biologiques.

En marge du forum, M. Proulx a expliqué que depuis la fondation du réseau des universités et des collèges, dans les années 60, un chemin énorme a été parcouru en matière de diffusion et de transfert de connaissances au Saguenay–Lac-Saint-Jean avec la création de centres de recherche, de transfert, de formation professionnelle et l’établissement d’entreprises axées sur le développement de toutes sortes de technologies. Il cite en exemple le Centre québécois de recherche sur le développement de l’aluminium (CQRDA), le CEE-UQAC, etc.

Parallèlement, les régions vivent une transition qu’il a résumée en dix points et qui se traduit, entre autres, par une intensification technologique et moins de travail peu qualifié, une hausse du niveau général d’éducation, une mobilité croissante des travailleurs et l’érosion de plusieurs lieux. « Auparavant, lorsqu’on ouvrait une mine, on ouvrait un village à côté. Maintenant que les mines emploient de moins en moins de travailleurs en raison de la mécanisation et bientôt de la robotisation qui permet d’opérer une mine à distance, il n’est plus question d’ouvrir de villages dans le nord du Québec puisqu’on utilise le ‘‘fly in, fly out’’. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est bien positionné pour recevoir ce type de travailleurs puisqu’il offre une qualité de vie exceptionnelle, avec des hôpitaux, des maisons d’enseignement et un cadre de vie de qualité. »

Parmi les initiatives, M. Proulx croit que la région pourrait, à titre d’exemple, entreprendre des démarches pour attirer des transporteurs aériens nordiques et ainsi se positionner dans la nouvelle économie.

Parallèlement, le professeur croit que les institutions comme l’UQAC doivent s’engager encore plus à fond dans les enjeux de développement régional en cette période de transition bien engagée en mettant l’accent sur l’innovation et la transition des régions.

Il rappelle que le réseau des universités du Québec cible très bien les besoins régionaux alors que les travaux de recherche sont largement orientés vers ces besoins. Par exemple, à l’UQAC, 63 % des travaux de recherche ont un lien avec ces besoins.

Malgré tout, M. Proulx croit que la région a besoin de réfléchir encore davantage sur les enjeux du futur. Une occasion est donnée avec le débat entourant le projet Énergie Saguenay. « Ce projet nous oblige collectivement à réfléchir sur les enjeux environnementaux, à développer notre conscience face à l’environnement et le climat. On a fait la même chose dans le passé avec les Autochtones avec qui on a appris à collaborer, à développer des partenariats au point où l’UQAC compte sur son campus un pavillon autochtone. »