La récolte forestière peut redémarrer au sud du lac Kénogami

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La récolte forestière reprendra au cours des prochaines semaines dans le secteur sud du lac Kénogami, comme l’autorise la Cour supérieure. Le ministère et les détenteurs de garanties d’approvisionnement finaliseront bientôt le plan spécial de récolte d’environ 400 000 mètres cubes de bois dans les essences de feuillus et résineux.

La décision de la juge Manon Lavoie dans la requête en révision judiciaire intentée par les villégiateurs contre le gouvernement stipulait que la récolte pouvait reprendre nonobstant l’appel. Elle considérait que tout retard allait causer des pertes importantes en raison de l’état d’avancement de l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

«La procédure devant les tribunaux a permis de vérifier si nos processus étaient adéquats. Elle a aussi permis d’établir que la consultation qui a été menée pour la réalisation du plan spécial était valable», indique la porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des parcs, Catherine Thibeault. Le même processus de consultation a été fait pour la réalisation d’un second plan de récolte dans le secteur de la station de ski du Valinouët.

Les travaux de récolte forestière près du lac Kénogami se réaliseront donc sur trois années au lieu de deux, comme l’échéancier de départ avait été établi. Les opérations amorcées en août 2019 ont permis de récolter 145 000 mètres cubes de résineux et 30 000 mètres cubes de feuillus. Le plan initial prévoyait une récolte de l’ordre de 300 000 mètres cubes.

Les opérations estivales, selon les estimations du ministère, devraient permettre de récolter un autre volume de 150 000 mètres cubes de bois. Certains secteurs dont les travaux avaient été reportés feront l’objet de récolte forestière pendant cette période, comme la zone du lac McDonald.

Les travaux au sud du lac Kénogami prendront fin en 2021. Au total, le ministère aura permis aux détenteurs de garanties d’approvisionnement de récolter plus ou moins 400 000 mètres cubes de bois dans ce secteur. Il faut rappeler que des opérations de récolte avaient également eu lieu dans les années 1970 sur certaines parcelles de terrain pendant l’épidémie de tordeuse qui avait ravagé les forêts de la région.

Saint-David-de-Falardeau

Le ministère travaille en ce moment à la mise en place d’un plan spécial pour tout le secteur de la station de ski le Valinouët où la tordeuse des bourgeons de l’épinette a déjà hypothéqué les peuplements de résineux. Les travaux devraient permettre de récolter 225 000 mètres cubes de bois sur une superficie de 20 kilomètres carrés.

Selon Catherine Thibeault, des discussions ont eu lieu avec la municipalité et les propriétaires de résidences du Valinouët au cours des derniers mois. Des aménagements ont été acceptés par le ministère afin de limiter les impacts des travaux sur l’aspect visuel.

Dans ce secteur, précise Catherine Thibeault, le ministère procédera à des travaux d’aménagement afin de reboiser avec des essences de feuillus, de façon à ce que la zone soit moins propice à la tordeuse du bourgeon de l’épinette dans les prochaines années. Le ministère a de plus eu recours à de nouvelles techniques de visualisation numériques. Ces techniques donnent une bonne idée du paysage après les coupes et permettent d’apporter des correctifs dès le départ.

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, aurait préféré que le secteur du Valinouët, qui deviendra un pôle de développement touristique important, soit épargné par la récolte forestière. Elle est toutefois consciente que la situation nécessite un plan de récolte et considère que les travaux d’harmonisation ont permis d’améliorer la façon de récolter les peuplements affectés.