Jacques Bolduc et Solange Gaudreault ont la rage au coeur et la tristesse dans l'âme. Ils blâment les autorités de la MMA et les paliers de gouvernement supérieurs, qu'ils tiennent responsables de la mort de leur fils Guy.

La rage au coeur

Un an jour pour jour après le décès de leur fils Guy à Lac-Mégantic, Jacques Bolduc et Solange Gaudreault sont loin d'avoir fait leur deuil. C'est avec le coeur lourd de tristesse que le couple visitera pour la première fois, aujourd'hui, le lieu précis où Guy a péri tragiquement à la suite du déraillement d'un train de la Montreal Maine and Atlantic.
Chaque jour de la dernière année s'est avéré un véritable calvaire pour les parents de Guy, originaire de Chicoutimi. Le chansonnier de 43 ans à la bonhomie légendaire était sur la scène du Musi-Café ce soir fatidique du 5 juillet 2013.
Le vieux routier du circuit des bars et passionné de musique depuis l'adolescence jouait dans l'un de ses endroits de prédilection au Québec. Il adorait se produire à Lac-Mégantic et c'était pour lui, chaque fois, un plaisir renouvelé. Ironie du sort, c'est dans la pittoresque localité de l'Estrie que le fils de la rue Garneau a vécu les derniers moments de sa vie. Le train rempli d'essence a explosé, soufflant le petit bar et entraînant la mort de 47 personnes.
Jacques Bolduc et Solange Gaudreault ont appris la nouvelle le matin du 6 juillet. C'est la conjointe de Guy, Caroline, qui les a informés du fait que leur garçon manquait à l'appel. Dès lors, le père du chansonnier a su qu'il n'y avait aucun espoir pour Guy. Sa mère s'est pour sa part accrochée au rêve de le retrouver vivant et a ressassé des dizaines de scénarios, certains carrément invraisemblables, pendant tout le trajet qui les a menés à Lac-Mégantic.
«Contrairement à son ami Yvon Ricard, qui était allé fumer une cigarette dehors, j'étais certain que Guy était resté dans le bar. Il était proche de son public et prenait toujours le temps de jaser avec les gens. En montant à Lac-Mégantic, je conduisais avec les larmes aux yeux. J'étais enragé», raconte Jacques Bolduc, à qui la mort de Guy a infligé une profonde blessure.
Arrivé sur les lieux, le couple n'a constaté que totale désolation.
«J'ai dit aux policiers que je voulais voir le trou. Tout était noir et clôturé. Il y avait de la fumée partout. On n'a pas pu aller plus loin que la polyvalente», explique Jacques Bolduc.
Peine et colère
Le père de deux garçons en a gros sur le coeur. Il en veut aux autorités de la MMA et aux entreprises ferroviaires. Il en a contre les clients de ces compagnies et la société en général, qu'il considère de plus en plus consommatrice. Jacques Bolduc est en colère contre les gouvernements, selon lui laxistes, et les accuse d'avoir fait trop peu, trop tard.
«Ce n'est pas le train qui a tué mon fils, c'est la négligence de gens qui n'ont pas fait leur job. Les hauts dirigeants ont fermé les yeux et ils doivent payer. Nous faisons partie d'un recours collectif enclenché du côté américain. Aucun montant d'argent ne pourra jamais remplacer Guy. Mais si on obtient quelque chose, peut-être que ses enfants pourront en bénéficier», pointe Jacques Bolduc.