La propagation de la COVID-19, à l'image d'un feu de forêt

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La COVID-19 se comporte comme un feu de forêt, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et se propage maintenant vers les MRC du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine avec une bonne intensité. Depuis mercredi, l’hôpital de Roberval est le théâtre d’une éclosion comme 59 autres milieux de la région.

Pendant ce temps au Saguenay, le CHSLD Jacques-Cartier passe dans la catégorie «situation critique» dans l’état de situation des cas actifs et des décès» alors que 35 % des résidents sont maintenant infectés par la COVID-19. L’école Marguerite-Belley de Jonquière doit fermer ses portes en raison de la propagation du virus alors que l’École secondaire Charles-Gravel a maintenant cinq groupes à la maison.

Dans son rapport quotidien des cas remontant à 16h la veille, la Santé publique a confirmé 86 cas pour remonter à un niveau préoccupant pour les autorités sanitaires. Le directeur de la Santé publique régionale, le docteur Donald Aubin, a repris une série d’indicateurs sur l’intensité de la pandémie en ce moment qui confirment qu’il y a dans la région depuis une dizaine de jours une activité virale très intense.

«Comme un feu de forêt, a repris le directeur de la Santé publique, le meilleur moyen de le stopper est de le restreindre à des zones», faisant ici référence au rôle des citoyens qui consiste à tout mettre en oeuvre pour maintenir les mesures de distanciation sociale.

Le coeur de l’incendie est situé dans la MRC de Lac-Saint-Jean Est avec 215 cas actifs, incluant les 35 nouveaux de la journée de mercredi. Jonquière et Chicoutimi suivent respectivement avec 194 et 132 cas actifs. Dans de telles circonstances, Donald Aubin juge que toutes les mesures prescrites par la zone rouge doivent être appliquées et que ce n’est pas le temps de jouer avec le feu.

L’éclosion à l’hôpital de Roberval ne compte jusqu’à maintenant que deux cas. Mais il est assuré que la direction du CIUSSS doit suivre cette situation avec beaucoup de préoccupation. La zone de Roberval constitue l’un des maillons faibles du réseau régional en raison des problèmes récurrents de main-d’œuvre en santé.

Cas quotidiens du 4 novembre, région par région.

À moins de 48 heures de l’ouverture illégale de restaurants en guise de protestation, le directeur de la Santé publique a dit comprendre la situation des propriétaires. Il est toutefois persuadé que la fermeture des restaurants fait partie de mesures qu’il faut appliquer pour réussir à freiner la propagation du virus.

Les effets globaux de la pandémie sont impressionnants. Jusqu’à maintenant, 188 travailleurs du réseau de la santé ont été retirés. Dans la région, 2443 personnes sont en isolement par mesure préventive ou parce qu’elles ont obtenu des tests positifs et constituent un risque pour leur entourage.

La première vague de la pandémie avait coûté la vie à 26 personnes, principalement au CHSLD de la Colline de Chicoutimi-Nord. Il y a jusqu’à maintenant 21 décès dans la région provenant en partie du CHSLD Isidore-Gauthier et de la communauté. Ce nombre risque d’augmenter avec la propagation au CHSLD Jacques-Cartier, où l’on compte déjà un décès.

La situation dans ce CHSLD a connu une forte détérioration en moins de 24 heures. Dans le rapport de mardi, la Santé publique faisait état de 32 cas positifs (10 employés et 22 résidents). Le lendemain, le même bilan quotidien confirmait 15 cas supplémentaires avec 13 employés contaminés et 34 résidents.

Le docteur Donald Aubin a assuré que le CIUSSS était toujours en contrôle de la situation dans ce CHSLD. Il explique l’intensité de cette éclosion par la capacité du virus à se frayer un chemin dans un milieu où des mesures de protection exceptionnelles sont mises en place et soutenues.

Nombre de cas actifs, région par région

L’éclosion au CHSLD Jacques-Cartier diffère cependant ce qui est survenu à Isidore-Gauthier et de la Colline. Dans ces deux CHSLD, la contamination a plafonné chez les résidents pour se poursuivre au sein du personnel après un certain temps. Au CHSLD Jacques-Cartier, la contamination est jusqu’à maintenant plus lente au sein du personnel que chez les résidents.

Le CIUSSS suivait aussi l’éclosion à la Villa des Sables de Jonquière. Tout indique que le personnel de cette résidence privée pour aînés est parvenu à freiner la propagation du virus. Le rapport quotidien de mercredi faisait toujours état de 47 cas positifs, dont 7 employés.

Au chapitre des mesures spéciales, le CIUSSS a l’intention d’ouvrir une zone chaude à l’hôpital d’Alma afin de traiter au Lac-Saint-Jean les personnes atteintes de la COVID-19. Le directeur de la Santé publique a expliqué mercredi que la création de cette zone nécessitait de libérer des lits et que l’opération n’était pas simple. Il n’est donc pas assuré que le CIUSSS puisse ouvrir cette zone chaude pour la fin de semaine.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est toujours la région au Québec qui affiche le plus important taux de prévalence de la COVID-19 par 100 000 d’habitants. Donald Aubin espère que les citoyens vont respecter les mesures et éviter les rassemblements à l’intérieur, à moins évidemment qu’une situation dépasse l’entendement.