Les employés de la Villa Saguenay (photo), la Villa Chicoutimi et la Villa Jonquière sont en grève depuis le 10 juillet.
Les employés de la Villa Saguenay (photo), la Villa Chicoutimi et la Villa Jonquière sont en grève depuis le 10 juillet.

La pression monte dans les trois résidences Chartwell en grève

La pression exercée par la grève dans les trois résidences Chartwell de Saguenay, la Villa Chicoutimi, la Villa Saguenay et la Villa Jonquière, commence à se faire sentir. Les résidents déplorent une diminution de services, notamment dans la distribution des repas et le nettoyage des aires communes.

Une résidente de la Villa Saguenay a fait parvenir une lettre au Quotidien afin de rapporter certains éléments irritants. Même si les soins de santé ne sont pas affectés, puisqu’ils sont essentiels, il n’en demeure pas moins que les conditions ne sont plus les mêmes depuis le 10 juillet, date du début de la grève d’une durée indéterminée. Le Syndicat québécois des employées et employés de service affilié à la FTQ (SQEES-FTQ) doit dispenser les services essentiels, mais les cuisiniers et les serveurs aux tables ont droit, en vertu d’une décision du Tribunal administratif du travail, à un temps de grève de 20 pour cent du total de leur quart de travail.

La résidente de la Villa Saguenay indique d’entrée de jeu que les désagréments engendrés par la grève nuisent à la quiétude et au bien-être des bénéficiaires. Précisant que les revendications des syndiqués sont louables, elle déplore que les résidents en subissent les conséquences.

Par exemple, les repas sont actuellement servis dans des assiettes en carton, y compris les contenants pour les breuvages, et les ustensiles utilisés sont en plastique. Un temps d’attente supplémentaire avant de se faire servir a également été observé.

«Pour des personnes âgées qui ont moins de dextérité, ce n’est pas idéal de devoir boire dans des verres en carton ou encore d’utiliser des ustensiles en plastique, a reconnu la présidente locale de la SQEES-FTQ à la Villa Saguenay, Hélène Lajoie. Couper un steak avec un couteau en plastique, c’est un peu difficile.»


« «On a fait parvenir une lettre aux résidents pour leur expliquer la raison de la grève, en leur suggérant de demander [au groupe Chartwell] de faire baisser leur prix de loyer puisqu’ils ne reçoivent plus les services pour lesquels ils payent. [...] Ce n’est pas agréable pour les résidents et ce ne sont pas eux qu’on veut toucher, mais malheureusement, ils écopent un peu.» »
Francine Varennes

En raison du temps de grève, les plongeurs lavent uniquement la vaisselle qui sert à cuisiner. C’est donc dire que la vaisselle dite traditionnelle est actuellement remisée.

Mme Lajoie, qui était accompagnée de la conseillère syndicale Francine Varennes lors de l’entretien avec Le Quotidien, convient que les résidents subissent les contrecoups de la grève, et que ces effets commencent à affecter la patience de tout le monde.

«On a fait parvenir une lettre aux résidents pour leur expliquer la raison de la grève, en leur suggérant de demander [au groupe Chartwell] de faire baisser leur prix de loyer puisqu’ils ne reçoivent plus les services pour lesquels ils payent, a révélé Francine Varennes. Ce n’est pas agréable pour les résidents et ce ne sont pas eux qu’on veut toucher, mais malheureusement, ils écopent un peu.»

La qualité de l’entretien est également affectée par la grève. La résidente qui nous a écrit souligne que les aires partagées, les salles de lavage communes et les planchers des salles à manger manquent d’entretien. Hélène Lajoie a confirmé que le ménage n’était plus effectué dans les appartements, à l’exception de l’unité de soins.

La situation qui perdure a d’ailleurs provoqué certaines montées de lait, autant chez les résidents que chez les employés syndiqués. De passage dans la région pour la semaine, Francine Varennes a été témoin d’une chicane de résidents à la Villa Chicoutimi. «Ça criait fort parce qu’ils sont tannés de tout ça, a-t-elle avoué. Avec la grève et tout le contexte de la pandémie, il y a une accumulation et ils déballent leur mécontentement.»

Qui plus est, la directrice de la Villa de Jonquière serait «une terreur», selon Mme Varennes, ce qui fait en sorte que les résidents ont peur de se plaindre du manque de services. «Entendre des choses comme ça, ce n’est pas drôle et ça ne devrait même pas exister», a déploré la conseillère syndicale à la FTQ.

Pas de négociations
Le syndicat et l’employeur ne se sont toujours pas rassis à la table de négociations depuis le déclenchement de la grève. Francine Varennes a toutefois obtenu certaines informations qui lui laissent croire que les choses pourraient bouger prochainement.

«Il parait que les gestionnaires commencent à avoir beaucoup de pressions, a-t-elle signalé. Il semblerait qu’on pourrait avoir des dates de négociations cette semaine, mais il n’y a rien de confirmé.»

En plus des trois Villas Chartwell de Saguenay, quatre résidences pour personnes âgées sont touchées par la grève dans la région de Québec.