Aline Beaudoin croit que les professeurs ont voulu lancer un cri du coeur, mardi soir, lorsqu’ils ont offert leur soutien à la présidente Liz Gagné.

La présidente du Syndicat de l'enseignement réagit aux appuis à Liz Gagné

« Il ne faut pas régler le harcèlement par le harcèlement. »

La présidente du Syndicat de l’enseignement du Saguenay (SES), Aline Beaudoin, s’est exprimée, jeudi, par rapport à la lettre de soutien appuyée par 80 employés de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) lors du conseil des commissaires, mardi soir. Revenant sur les événements, Mme Beaudoin indique : « Je crois que ç’a été mal interprété. Ils n’ont pas fait ça pour dire que c’est correct, le harcèlement. Je ne pense pas que c’est ce qu’ils voulaient faire. Ils ont plutôt lancé un cri du cœur. »

Lors de la rencontre, Nancy Auclair, une enseignante de l’école secondaire des Grandes-Marées de La Baie, s’est adressée à la présidente Liz Gagné en ces termes. « Mme Gagné, pour le temps qu’il nous reste, gardez la tête haute. Vous êtes notre modèle de détermination, de bravoure et de dévouement. » La lecture de la lettre avait été suivie d’une salve d’applaudissements parmi les employés de la CSRS présents, un comportement qui a choqué plusieurs citoyens, qui y voient un support à l’intimidation, alors que celle-ci devrait plutôt être condamnée par les représentants du milieu scolaire.

En entrevue téléphonique, Mme Beaudoin a déclaré que le geste des enseignants était « maladroit », et que le SES ne cautionnait pas le harcèlement. La présidente du SES a toutefois laissé sous-entendre que le syndicat n’était pas en accord avec la décision rendue par le juge Roy. « Il y a eu un jugement, et nous le respectons, mais le juridique, c’est un monde aussi. Depuis des centaines d’années, il y a des jugements, et plusieurs personnes ont passé des années en prison alors qu’elles n’étaient pas coupables. »

Une direction qui impose le changement

Mme Beaudoin réitère qu’il y a toujours deux côtés à une médaille. « Les enseignants ont vécu des choses, plusieurs ont trouvé le règne de Mme Cyr très difficile et il y a eu des départs en congé maladie. »

Questionnée à savoir si des plaintes avaient été faites à l’endroit de Chantale Cyr concernant ses méthodes, Aline Beaudoin indique qu’il est toujours difficile de se plaindre de son patron. « Je ne crois pas que des plaintes aient été faites. »

La lettre d’appui lue par une enseignante de l’école secondaire des Grandes-Marées, mardi soir, a reçu un appui mitigé de la part du public, qui y voit l’apologie de l’intimidation dont a été victime Chantale Cyr.

Elle ajoute que le style de direction de Chantale Cyr n’a pas fait l’unanimité parmi le personnel enseignant, affirmant que la direction a « imposé un rythme de changement » qui n’a pas fait l’affaire de tous. « Ce que nous voulons, c’est de la flexibilité. On ne fermera pas les écoles du Bas-Saguenay parce que la convention collective nous demande de le faire », invoque Aline Beaudoin.

Le mandat de Chantale Cyr était pourtant clair : veiller à l’uniformisation de la convention collective dans les différents établissements de la CSRS. Si les établissements demandaient plus de flexibilité, est-ce que le mandat aurait pu être différent ? « Peut-être », concède Aline Beaudoin.

De plus, la convention collective n’aurait pas toujours été respectée par Chantale Cyr, menant à des griefs, encore en cours aujourd’hui.

Il n’a pas été possible pour Le Quotidien de savoir le nombre de plaintes déposées à l’endroit de Mme Cyr.

Réaffirmant la neutralité du syndicat dans cette histoire, Mme Beaudoin indique cependant qu’il est important pour les enseignants de « ne pas revivre les années dans ce modèle de gestion plus fermé, qui les a rendus inconfortables. »

« Il faut passer à autre chose »

Pour Aline Beaudoin, il est maintenant temps de voir plus loin. « J’ai hâte qu’on passe à autre chose. Je pense que c’est un dossier qui polarise beaucoup de gens, et la polarisation, ce n’est pas bon pour le climat de travail. »

Mme Beaudoin est également d’avis que la facture a assez monté. « Il faut arrêter de mettre de l’argent qui aurait pu être investi dans des services pour les élèves. »